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Archiv2016 18.11.2016 16:26

L’observation nationale des sols: la qualité en point de mire

En Suisse, la qualité des sols fait l’objet d’un suivi systématique par l’Observatoire national des sols NABO. Lors d’une journée d’étude, les offices fédéraux de l’environnement et de l’agriculture, en collaboration avec Agroscope, ont dressé le bilan de ces trente ans du NABO et attiré l’attention sur les nouveaux défis auxquels sont confrontés les sols suisses.
  • Die NABO misst die Bodenbelastung
als Basis für den Bodenschutz.
(Bild:
Peter Schwab
, Agroscope)

Le sol est la ressource naturelle non renouvelable la plus limitée en Suisse. Il est essentiel à notre subsistance, puisqu’il fournit 90 % de nos denrées alimentaires. Seuls des sols intacts peuvent nous garantir des aliments sains. Lorsqu’ils sont pollués, les sols ne peuvent plus remplir leurs multiples fonctions écologiques, telles la régulation du régime hydrique ou le stockage de gaz à effet de serre. Les atteintes aux sols sont souvent irréversibles ou, lorsqu’il est possible d’y remédier, les coûts sont alors très importants. «C’est  pour cette raison qu’une protection préventive des sols est cruciale», expliquait Reto Giulio Meuli, responsable du NABO à Agroscope, lors de la journée «Trois décennies de l’observatoire national des sols suisses» qui s’est tenue sur le site Agroscope de Zurich-Reckenholz.

Déceler les changements à temps
Depuis 1985, le NABO relève les modifications de l’état chimique de plus de cent sites, représentatifs des types d’utilisation des sols en Suisse; depuis quelques années, les modifications de l’état physique et biologique sont également suivies. Par exemple, on examine dans quelle mesure une exploitation inadéquate peut entraîner le compactage des sols. Les dégradations de la qualité du sol se manifestent souvent de manière insidieuse et sur le long terme. De surcroît, les substances qui s’y accumulent sont décelables pendant très longtemps. Un des objectifs de l’observation est donc de détecter au plus tôt les évolutions négatives et de mettre en évidence les succès et les échecs des mesures légales, politiques et environnementales en matière de protection des sols.

Les mesures techniques environnementales entreprises ces dernières années montrent, à retardement, un effet positif sur les sols. L’air contenant aujourd’hui moins de polluants grâce aux filtres et catalyseurs, la concentration des métaux lourds dans la couche supérieure du sol a légèrement diminué ou s’est stabilisée. Le cuivre et le zinc constituent l’exception et sont en augmentation sur quelques sites où l’élevage est intensif et les apports en engrais de ferme trop conséquents. On commence à observer les effets de la diminution des dépôts atmosphériques d’hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) ou de polychlorobiphényles (PCB): les concentrations dans le sol ont cessé d’augmenter et sont restées stables.

Les indications fournies par les agriculteurs complètent les analyses de sols
Sur près de la moitié des sites NABO, les agriculteurs fournissent chaque années des données d’exploitation qui permettent de calculer les bilans des flux de matières pour les nutriments et polluants, ainsi que pour les produits phytosanitaires. Cela permet d’identifier l’origine de la perte de qualité des sols et d’établir des recommandations à l’attention des exploitants. Des indicateurs, comme par exemple le respect de maxima tolérables pour l’environnement, en termes d’apports de fertilisants et de polluants, montrent où les apports de l’agriculture maintiennent durablement la qualité du sol.

De nouveaux défis
Le réseau de mesures NABO doit aujourd’hui s’adapter à de nouvelles exigences et prendre en compte des thèmes comme celui du changement climatique ou de la perte de biodiversité du sol. Les premiers résultats de l’évaluation des paramètres biologiques des sols, comme la biomasse microbienne, confirment que l’activité biologique dans les grandes cultures est plus faible que dans les herbages ou les forêts. Très rapidement, ces résultats ont permis  d’identifier les liens entre l’activité biologique et le type d’exploitation et de formuler des recommandations en vue d’une utilisation durable du sol.

Les polluants organiques, comme les antibiotiques vétérinaires ou les résidus de produits phytosanitaires, ne sont actuellement pas pris en compte dans le programme de monitoring du NABO. Les premières analyses de résidus des phytosanitaires persistants, ou des produits de leur dégradation, montrent que ceux-ci sont encore décelables dans le sol des années après leur utilisation. Alors que ces substances indésirables dans le sol font désormais l’objet de recherches de routine en ce qui concerne la qualité de l’eau, il reste beaucoup à faire dans le domaine des sols. Ces prochaines années, en conjuguant mesures répétées des sols et relevés de l’exploitation, le réseau de mesures NABO devra analyser l’influence des produits phytosanitaires sur la qualité des sols.

L’observatoire national des sols NABO
L’observatoire national des sols NABO est régi depuis 1984 par les Offices fédéraux de l’environnement (OFEV) et de l’agriculture (OFAG), Agroscope est chargé de la mise en œuvre. Depuis 1985, des échantillons de sol sont prélevés périodiquement sur plus de cent sites répartis en Suisse. Ceux-ci sont analysés sur la base de paramètres chimiques, physiques et biologiques. Sur près de cinquante sites agricoles, des paramètres d’exploitation sont relevés chaque année dans le but de déceler l’origine des changements mesurés dans le sol et d’émettre des recommandations pour une utilisation durable. Le réseau de mesures national est un instrument important de dépistage précoce et de suivi pour la protection qualitative du sol.

source: Agroscope
  • auteur
  •  Rédaction [RED]

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