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Archiv2015 27.10.2016 14:00

Agroscope et fenaco société coopérative signent un contrat-cadre de coopération dans la recherche

Offrir des produits novateurs et compétitifs issus de l’agriculture et de l’agroalimentaire suisses, tel est le but de la nouvelle coopération de recherche entre Agroscope et fenaco. C’est donc pour développer et intensifier leur collaboration que les deux institutions se sont réunies dans le centre d’activités de fenaco à Bätterkinden et ont signé un contrat-cadre. De premiers projets communs démarrent dans les domaines de la production fruitière, maraîchère et dans les semences de céréales.
  • Agroscope et fenaco prévoient de détecter les micro-organismes utiles qui gardent les fruits et légumes sains. De premiers projets communs démarrent dans les domaines de la production fruitière, maraîchère et dans les semences de céréales. Photo: Stephan Rüegg, fenaco

La collaboration entre Agroscope et fenaco société coopérative, qui a pour devise «La plus-value des produits agricoles suisses», a pour but de conduire à des résultats de recherche communs et d’amener des innovations dans la pratique. Les recherches se font dans le cadre de projets spécifiques sur des produits agricoles définis. Il s’agit d’améliorer les processus de production afin que les consommateurs et les consommatrices continuent à faire confiance aux produits agricoles suisses à l’avenir. En outre, il s’agit d’identifier des potentiels dans la production ou la transformation afin de donner de nouveaux atouts concurrentiels aux denrées alimentaires suisses ou de renforcer les atouts existants.

Développement de la protection phytosanitaire dans les cultures fruitières
Un premier projet porte sur l’optimisation de la protection phytosanitaire dans les cultures fruitières. Après la récolte de pommes, une partie des fruits est par exemple perdue chaque année durant le stockage à la suite de maladies. Les causes en sont les champignons et les bactéries qui ont déjà attaqué les fruits sur l’arbre. Les dommages ne se manifestent cependant que durant le stockage. D’innombrables micro-organismes vivent sur les fruits et constituent un microbiome. Seule une partie de ces organismes entraîne des dégâts lors du stockage. Certains ont un rôle d’antagonistes: ils concurrencent les agents pathogènes sur le plan de l’habitat et de la nourriture et les contrent, sans pour autant abimer les fruits. Des méthodes de biologie moléculaire permettent d’identifier les micro-organismes qui agissent comme des antagonistes afin de lutter contre les agents pathogènes de manière biologique.

Acclimater les micro-organismes naturels sur les carottes et les favoriser
Un deuxième projet poursuit le même objectif et concerne la culture des carottes. Les légumes de garde jouissent déjà d’un niveau de qualité élevée en Suisse. Dans ce cas aussi, il s’agit d’étudier dans des conditions proches de la pratique s’il est possible d’ensemencer de façon ciblée et/ou de favoriser des micro-organismes naturels qui peuvent servir d’antagonistes aux maladies transmises par le sol, contribuant ainsi à accroître la qualité des carottes et à réduire les pertes de stockage. Avec de telles approches, Agroscope et fenaco souhaitent contribuer à développer la protection phytosanitaire et à résoudre des problèmes concrets dans la pratique.

Des expériences positives ont déjà été faites dans les cultures de salades avec Bacillus subtilis, une bactérie naturellement présente dans le sol. Son utilisation dans des essais culturaux d’Agroscope a permis de réduire les infections causées par des champignons lignivores et également d’améliorer la durée de conservation des salades arrivées à maturité.

Des études en cours à Agroscope sur différentes espèces de choux montrent que l’antagoniste fongique Trichoderma harzianum permet de promouvoir le développement de la plante tout en enrayant la principale maladie transmise par le sol dans les cultures de choux, à savoir la hernie du chou. La plantation des choux sur des buttes de dix à vingt centimètres et l’emploi d’engrais organiques peuvent renforcer ces effets positifs. D’autres études sont toutefois nécessaires avant de pouvoir appliquer ces résultats scientifiques à la pratique.

Substances naturelles et chaleur contre les maladies issues des semences dans les céréales
Un troisième projet teste des méthodes alternatives de traitement des semences de céréales. Ces dernières sont souvent attaquées par des champignons provenant du sol. Ce problème est particulièrement important dans les cultures biologiques qui renoncent aux produits phytosanitaires chimiques. Ces champignons causent des maladies comme la carie ordinaire et la carie naine du blé ou le charbon nu de l’orge et la pourriture des neiges sur le blé, maladie qui conduit à un peuplement lacunaire après le semis. Dans le cadre de la certification annuelle des semences, Agroscope contrôle l’état sanitaire des semences de céréales. Contrairement à d’autres maladies des céréales, il est difficile d’éviter la déclaration des maladies issues des semences à l’aide de méthodes culturales. Il est donc nécessaire de pouvoir disposer de mesures de lutte qui agissent déjà sur les semences.

Agroscope étudie l’effet de différentes substances naturelles sur les maladies issues des semences. L’emploi de la galle chinoise, une substance naturelle provenant de la médecine humaine, a donné de bons résultats en traitement alternatif des semences contre l’agent pathogène de la pourriture des neiges. Dans le cadre de plusieurs années d’essais sur le terrain, cette méthode a permis d’augmenter les rendements de près de vingt pourcent en moyenne par rapport aux parcelles témoins non traitées.

Actuellement, Agroscope analyse l’effet de différents procédés thermiques comme l’eau chaude, la vapeur d’eau et la chaleur sèche pour réguler par exemple le charbon nu de l’orge. L’enjeu consiste à déterminer la température et la durée optimales du traitement afin de maximiser l’effet sur l’agent pathogène sans réduire la faculté germinative. Dans le cadre d’un projet commun avec fenaco, il est prévu d’améliorer encore ces procédés pour pouvoir les utiliser dans la pratique.

De la recherche à la pratique
«Par cette coopération de recherche, fenaco société coopérative et Agroscope s’engagent pour une agriculture et un secteur agro-alimentaire suisses, novateurs et compétitifs», déclare Martin Keller, directeur du comité de direction de fenaco société coopérative, à l’occasion de la signature du contrat-cadre à Bätterkinden. Et Michael Gysi, Chef Agroscope, d’ajouter: «L’échange des connaissances est un facteur essentiel au succès de la mise en pratique des résultats de recherche – et cet échange est renforcé par la collaboration entre les deux institutions, avant tout axée sur la pratique».

source: fenaco, Agroscope
  • auteur
  •  Rédaction [RED]

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