UFA REVUERevue UFA: La périodique spécialisé pour l'agriculture SuisseDetailseitenMaster

Gestion 09.01.2019 13:36

Passer à la vitesse supérieure

Les deux experts en réseaux sociaux que sont Jutta Zeisset et Thomas Fabry encouragent les paysannes et les paysans à s’engager plus activement sur Facebook et autres pour y raconter leur travail quotidien à la ferme. Pour eux, c’est un moyen de gagner la confiance des consommateurs.

Tout a commencé par une histoire de mauvaises odeurs, lorsque les clients d’un salon de beauté se sont plaints du purin qui venait d’être épandu. Souhaitant éviter toute dispute inutile, l’agriculteur concerné, Michael Bittner, a alors promis à la propriétaire du salon de l’informer à chaque fois qu’il épandrait du purin. L’information s’est propagée rapidement et les voisins ont demandé à être informés eux aussi. Ainsi est né le premier « groupe de purinage WhatsApp » d’Allemagne. Michael Bittner est producteur de lait et fait partie des pionniers des réseaux sociaux au sein du monde agricole. Il est l’un des agriculteurs présenté par Jutta Zeisset et Thomas Fabry dans leur livre publié récemment: Social Media für Landwirte – Facebook, Snapchat & Co. Les auteurs y décrivent comment les agriculteurs peuvent utiliser les médias sociaux à des fins de relations publiques, en étant proches de la pratique et clairs. Explications dans l’interview qui suit.

Est-ce que les médias sociaux sont une chance pour l’agriculture ? 
Juttas Zeisset : Sur les médias sociaux, les agricultrices et les agriculteurs peuvent présenter leur vision des choses sans que leurs propos soient filtrés. Les médias relayent en revanche souvent le point de vue des journalistes, et ces derniers s’informent plutôt auprès des représentants de la défense professionnelle. 
Thomas Fabry : Les paysans peuvent faire participer les gens à leur quotidien, décrire en direct ce qui se passe à l’étable ou au champ et expliquer ce qu’ils font. En agissant ainsi, les agriculteurs favorisent la transparence et la confiance. 

Dans votre livre, vous expliquez que les médias sociaux permettent aux agriculteurs de garder la maîtrise de l’agriculture. Pouvez-vous nous en dire davantage à ce sujet ? 
T. Fabry : Quand les gens s’informent à propos de l’agriculture sur Internet, ils recherchent des mots-clés. Il est par conséquent essentiel qu’ils trouvent des contenus publiés par les agriculteurs eux-mêmes et que ces derniers conservent ainsi une certaine maîtrise du sujet. 

Que conseillez-vous aux paysannes et aux paysans suisses qui hésitent à être actifs sur les réseaux sociaux ?
J. Zeisset : Les agricultrices et les agriculteurs doivent mettre le paquet. Ils ne peuvent plus se permettre de repousser le travail de relations publiques. Idéalement, ils  devraient raconter eux-mêmes leur histoire et ne pas laisser uniquement aux organismes agricoles le soin de le faire. Ces derniers ne peuvent le faire que dans une certaine mesure. Les premiers ambassadeurs, ce sont les agriculteurs. Ils font du bon travail mais restent souvent trop discrets.  

Quelles sont les plateformes les plus adaptées pour les nouveaux utilisateurs ?
J. Zeisset : Il est déconseillé de se mettre à communiquer à tout va sur toutes les platesformes de communication existantes. Il s’agit plutôt de se concentrer sur sa plateforme préférée. Instagram est par exemple simple à utiliser, notamment car l’accent est mis sur les photos.  

Qu’est ce qui fait qu’une publication sur Facebook ou autres est réussie ?
T. Fabry : Une publication ne doit pas être absolument parfaite, les photos n’ont pas besoin d’être retouchées à l’aide de Photoshop. Il importe surtout que les contenus soient authentiques. Il s’agit d’immortaliser un moment en photo et de le partager avec les gens sans que la photo ait été modifiée au préalable. Ce qui compte aussi, c’est d’aborder ouvertement des thèmes plus délicats. 

Quels sont les thèmes qui se prêtent le mieux aux médias sociaux ?
J. Fabry : Ce qui est bien avec l’agriculture, c’est qu’elle est une source d’inspiration inépuisable. Il faut privilégier les séquences brèves et éviter de tout raconter en une fois. Tout ne doit pas être parfait. Les histoires deviennent souvent intéressantes lorsque que les choses ne se déroulent pas comme prévu. 

source: Revue UFA 01/2019
  • auteur
  •  Rédaction [RED]

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