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Production animale 16.05.2019 16:06

Le stress dû à la chaleur chez les vaches laitières

Plus de 250 agriculteurs-trices ont participé à l’enquête 2018. Voici les premiers résultats.
  • (Photo: Fredy Schori, Agroscope)

Agroscope, le Centre de détention convenable des animaux de l’Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OSAV), le FiBL, l’Université de Göttingen (D) et l’Université de Berne ont lancé un projet commun en 2018 portant sur la détection précoce du stress dû à la chaleur chez les vaches laitières au pâturage, qui est soutenu financièrement par l’Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OSAV) et l’Office fédéral de l’agriculture (OFAG) ainsi que par la Fondation Sur-la-Croix. Lors d’une première étape, les chercheuses et les chercheurs ont réalisé une enquête auprès de 258 agriculteurs-trices. L’objectif était de définir la présence au niveau pratique de la thématique du stress dû à la chaleur chez les vaches laitières au pâturage et la manière dont elle est abordée. Voici les premiers résultats de l’enquête.  

Races détenues les plus fréquentes

Au cours de la première partie de l’enquête, les participant-e-s ont répondu à des questions touchant à l’emplacement et à la structure de leurs exploitations laitières. De l’analyse des données, il est ressorti ce qui suit: la plupart des exploitations participantes se trouvaient dans le canton de Berne (21 %), puis dans les cantons de Lucerne, de Saint-Gall et d’Argovie (tous avec 11 %). La part des autres cantons était comprise entre 0,4 et 8 %, Bâle-Ville, Nidwald et le Tessin n’étant pas représentés. Globalement, 63 % des personnes interrogées géraient leur exploitation selon un mode de production intégré, 23 % selon un mode production biologique et 14 % selon un mode de production conventionnel. Avec une taille de troupeau moyenne de 38 vaches laitières (de 4 à 150), la taille des exploitations laitières participantes dépassait la moyenne suisse de 25,8 vaches par exploitation (source: OFAG, données production laitière 2017). La production laitière des troupeaux a été chiffrée, par 46 % des personnes interrogées, à 7000–9000 kg par vache et par an; 40 % ont mentionné une production laitière de 5000–7000 kg pour leurs vaches. Les races détenues le plus fréquemment sur les exploitations étaient les suivantes: Swiss Fleckvieh, race Brune et Holstein Friesian.
Presque toutes les exploitations laitières qui ont participé à l’enquête (92 %) disposaient d’un accès au pâturage pour les vaches. 32 % des vaches des exploitations pâturaient la journée entière et 20 % environ 6–8 heures par jour. 39 % des personnes interrogées ont indiqué déplacer la mise en pâture vers la période nocturne pendant les mois d’été. 

Stress dû à la chaleur: un thème important pour les exploitations laitières

La partie suivante de l’enquête, qui portait sur les évaluations et les expériences enregistrées dans la pratique par rapport aux impacts climatiques, a clairement mis en évidence dès le début l’importance de la thématique pour les exploitations laitières: la majeure partie des personnes interrogées a qualifié le stress dû à la chaleur chez les vaches laitières en Suisse de problème plutôt important (39 %) voire très important (36 %). En outre, la plupart ont indiqué qu’en Suisse les vaches laitières sont très souvent exposées au stress dû à la chaleur (17 %), souvent (42 %) ou parfois (34 %). Seules 6 % des personnes interrogées ont classé la fréquence du stress dû à la chaleur comme «rare» et 0,4 % «inexistante». D’après les estimations des participant-e-s, l’impact du stress dû à la chaleur est le plus grand sur le bien-être des vaches, l’ingestion, l’activité et la performance laitière des animaux. Les effets du stress dû à la chaleur sur la santé animale et le système immunitaire ont été jugés légèrement moins importants. Les paramètres climatique température et humidité de l’air ont été cités comme étant les principaux déclencheurs de stress dû à la chaleur. Cependant, une performance laitière élevée et la mise à la pâture ont également été mentionnées comme raisons de l’apparition du stress dû à la chaleur.

Des mesures de refroidissement sont utilisées  

Près de trois quarts des participant-e-s ont déclaré qu’il est plutôt facile (53 %) ou très facile (20 %) de reconnaître le stress dû à la chaleur chez les vaches laitières; 78 % des personnes interrogées ont indiqué avoir constaté au moins une fois des signes de stress dû à la chaleur chez leurs propres vaches l’été dernier. Avec 53 %, la plupart des personnes interrogées a évalué à 25°C la température environnementale en tant que seuil pour le début du stress dû à la chaleur.  18 % des participant-e-s ont cité 20°C ou 30°C en tant que seuil, et les autres, les moins nombreux, 18°C et 16°C. Pour reconnaître la présence de stress dû à la chaleur chez les vaches, c’est l’apparition du halètement qui a été le plus souvent citée, plusieurs personnes interrogées ont aussi mentionné la recherche d’ombre, une ingestion moindre et une performance laitière moins élevée comme critères d’identification.
Afin de réduire de stress dû à la chaleur chez les vaches, on utilise diverses mesures de refroidissement au niveau pratique. Près d’un tiers des participant-e-s utilise des mesures à partir d’une certaine température ambiante, un autre tiers à lui indiqué utiliser les refroidissements quand, à son avis, «il semble qu’il fasse trop chaud». Les mesures les plus utilisées sont les suivantes selon les résultats de l’enquête (plusieurs réponses possibles): ventilateurs (61 %), garde des vaches à l’étable pendant la période la plus chaude de la journée (54 %) ou toute la journée (52 %), une augmentation du nombre d’endroits ombragés (27 %) et l’utilisation de pulvérisateurs (26 %). Seules 5 % des personnes interrogées n’utilisent aucune mesure de refroidissement. Pour enregistrer les conditions climatiques régnant dans les exploitations laitières, 37 % des personnes interrogées utilisent un thermomètre ou une station météo, la majeure partie des participant-e-s (56 %) a toutefois indiqué mesurer les conditions climatiques en fonction du «ressenti personnel». 

source: Agroscope
  • auteur
  •  Rédaction [RED]

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