fenaco-LANDI

Quatre yeux valent mieux que deux

L’agriculture de précision doit permettre de répartir au mieux les quantités d’intrants, parfois limités, aux plantes selon leurs besoins spécifiques. Le Crop Sensor mesure ces besoins sur toute la parcelle et devient une aide pour l’agriculteur dans la recherche d’optimisation.

Crop Sensor

Le Crop Sensor permet une modulation intra-parcellaire des intrants. 

(Claas)

Publié le

Directeur d'edition / rédacteur en chef

Aujourd’hui encore, dans la plupart des régions, l’exploitation des parcelles agricoles s’effectue sans prendre en compte leur hétérogénéité. Les doses d’engrais et de produits phytosanitaires ne sont pas modulées en fonction de la variabilité intra-parcellaire. En raison des différences de sol et de croissance des plantes au sein d’une même parcelle, celle-ci peut se diviser en plusieurs zones.

Cela présente des inconvénients écologiques et économiques qui se traduisent par des bilans azotés déséquilibrés et de fortes variations de rendement et de qualité des récoltes. Egalement appelée « agriculture de précision », la modulation intraparcellaire permet de remédier à ces problèmes.

L’agriculture de précision classique a pour fonction de compenser la variabilité intra-parcellaire d’une même parcelle (croissance des plantes, apports azotés, nature du sol) par une modulation de dose intra-parcellaire. Il s’agit pour cela de mieux répartir les intrants à l’intérieur d’une parcelle en modulant la dose appliquée en fonction de chaque zone. La plante reçoit ainsi exactement ce dont elle a besoin là où elle se trouve. Cela permet non seulement d’améliorer le rendement et d’économiser de l’engrais et des produits phytosanitaires, mais aussi de préserver l’environnement en évitant de sur-fertiliser. Plus la parcelle est hétérogène, plus la modulation de dose intra-parcellaire est nécessaire, par le biais par exemple du Crop Sensor.

Technologie du Crop Sensor

Le capteur Crop Sensor de Claas bénéficie d’un système de mesure actif à 4 LED hautes performances. Elles lui permettent de travailler 24 heures sur 24, de jour comme de nuit, quelle que soit la lumière ambiante. Le recalibrage du capteur n’est donc jamais nécessaire. Avec une fréquence de 10 à 800 mesures par seconde selon les conditions ambiantes, le système couvre une grande plage de mesure sans saturation. La fréquence de mesure élevée permet plusieurs mesures par plante pour une représentation précise de l’état des plantes comme valeur de mesure.

Deux indices de mesure

L’indice de biomasse permet de mesurer la densité de la récolte. Grâce à la valeur seuil de biomasse fixée, le système peut réagir de manière optimale dans des situations extrêmes comme les dommages causés par la sécheresse ou le froid.

L’indice d’azote est un indice de végétation qui mesure la couleur verte (chlorophylle) de la plante. Il permet d’estimer les besoins en azote des végétaux, quel que soit le type de récolte, à toute heure de la journée et indépendamment de l’intensité lumineuse.

Dose d’engrais optimale

Dans le contexte actuel de sensibilité écologique et de coûts de production croissants, l’optimisation des apports joue un rôle décisif. La dose appliquée doit être précise et optimale. Elle dépend dans une large mesure du potentiel de rendement de la parcelle, qui varie énormément d’un point à un autre. L’apport optimal d’azote influence considérablement le rendement et la qualité. En outre, seule la dose d’engrais nécessaire à la plante est épandue, ce qui préserve les ressources.

Le Crop Sensor peut équiper les différentes marques de tracteurs.

Cartographie

Elle permet de découper la parcelle en plusieurs zones de rendement escompté. La zone 100 % correspond à la valeur du rendement escompté créée par l’opérateur dans le système de fertilisation. Dans les zones à potentiel de rendement variable, le rendement escompté est automatiquement adapté par le système selon les besoins. Cela permet de moduler la dose d’engrais en l’économisant dans les zones moins importantes de la parcelle et en l’augmentant dans les zones de plus grande valeur. C’est la seule façon d’obtenir une fertilisation privilégiant le rendement pour un bilan de fertilisation optimal.

Pour créer une carte, plusieurs données (voir les illustrations)peuvent servir de base et être ensuite recoupées entre elles. Cette approche optimale en termes de résultats n’est possible qu’avec le système de fertilisation Isaria.

5544807_snip_1563857072521.png

La cartographie permet de découper la parcelle en plusieurs zones de rendement escompté

Test réel en Suisse et en France

En Suisse, Serco a présenté officiellement le Crop Sensor lors de l’Agrama 2018, où il a suscité beaucoup d’intérêt et de curiosité. Les agriculteurs se sont sentis concernés par l’apport d’engrais précis et efficient. Sur une parcelle test, la modulation a permis de réguler totalement la parcelle. La fertilisation s’est déroulée avec succès le 29 mars dernier et une présentation du matériel a été faite le 14 juin lors de l’inauguration de la nouvelle trémie du centre collecteur de LANDI Nord vaudois-Venoge SA. Lors de cet essai, on a pu constater une utilisation d’engrais réduite d’environ 200 kg sur sept hectares. Soit avec l’engrais utilisé, une économie de huit unités d’azote par hectare, ce qui est non négligeable ( voir encadré Résumé de l’essai ). Une valeur supplémentaire sera encore relevée lors de la récolte grâce au système de cartographie de rendement qui équipe la moissonneuse-batteuse. Dans ce cas précis, la qualité ou plutôt le taux de protéine du blé ne sera pas pris en compte car il s’agit de blé « biscuit ».

Julien Boisseau

Julien Boisseau, Technicien et Conseiller Nouvelles Technologies TCNT chez Dousset Matelin : « Après avoir fait un stage agronomique chez fenaco Production végétale, je me sentais en mesure de conseiller des clients français très exigeants dans le domaine des nouvelles technologies, ici avec le Crop Sensor. »

(Claas)

En France, le Crop Sensor suscite un intérêt important au vu du nombre de démonstrations dynamiques réalisées avec les outils des clients par Dousset Matelin, la filiale française de Serco. Le Crop Sensor est un outil simple et ludique dans son utilisation. Il fonctionne parfaitement avec différents types de machines équipées en Isobus. En moyenne, les épandages utilisent environ 2 % de produit en moins sur les parcelles. La meilleure répartition dans le champ permet d’obtenir des rendements supérieurs grâce à des cultures homogènes. Les premiers résultats (protéines) seront définis lors de la récolte 2019.

En premier lieu, le Crop Sensor apporte une économie d’engrais, une optimisation de l’hétérogénéité des parcelles et la régularisation des protéines de la culture. Ensuite, il apporte une autonomie considérable par rapport à des cartes établies par satellite où le passage ne se fait que tous les quelques jours et dépend de la couverture nuageuse. Les cartes résultant des passages de drone sont, selon ces mêmes clients, elles aussi moins précises et coûtent cher. Enfin, la protection des données est optimale, car aucune d’elles ne passe par Internet si l’utilisateur le souhaite. Les clients ont trouvé l’outil simple et très réactif et y voient une véritable chance. 

Questions à Werner Berger, directeur général de Serco Landtechnik SA, à propos du Crop Sensor

Revue UFA : Comment jugez-vous l’importance pour l’agriculture des développements comme le Crop Sensor ?

Werner Berger : Les nouvelles technologies et le smart farming sont en train de révolutionner le travail des agriculteurs. Il reste malgré tout difficile de mesurer le gain de productivité et d’en obtenir une vraie valeur ajoutée. Pour y arriver, nous avons créé le nouveau poste de Technicien et Conseiller Nouvelles Technologies TCNT dans nos filiales en Suisse et en France.

Quels avantages apporte la collaboration entre nos deux pays ?

Werner Berger : Je suis fier du travail d’échange entre les équipes respectives en charge des nouvelles technologies dans ces deux pays. La compétence internationale ne se limite pas à la distribution des mêmes produits sur deux territoires différents, mais se définit aussi par la confrontation des expériences, des connaissances et des résultats.

Résumé de l’essai chez Pascal Agassis à Bavois

Informations 

  • Surface : 7 ha 
  • Culture : blé biscuit 
  • 2 e et dernier apport d’azote le 29.3.2019 
  • Dosage prévu : 300 kg / ha ( 82 unités ) 
  • Quantité totale : 2150 kg

Avant la démonstration, un dosage de 300 kg ( 27,5 % azote ), ce qui fait 82 unités d’azote pur, a été convenu entre Pascal Agassis (agriculteur) et Jean-Pierre Kiener (conseiller Landor). Ceci suite au plan de fumure élaboré au début de la culture. Dans les réglages du Crop Sensor, la modulation a été limitée à ± 50 kg à la demande du client.

Une fois l’épandage terminé, les données Isobus (Crop Sensor et épandeur engrais) ont été analysées.

Résultats 

  • Quantité moyenne épandue : 271,5 kg soit 74,6 unités d’azote. 
  • Quantité totale 1938,5 kg

Il en ressort une économie de 210 kg d’engrais lors de ce deuxième et dernier apport, soit environ huit unités d’azote à l’hectare. Une récolte avec cartographie de rendement sera effectuée pour confirmer cet essai.


Offres lecteur

Offres lecteurs

Commandez dès maintenant l'une de nos offres lecteurs.

Voyage de lecteurs en Sicile reporté à septembre 2021

11. - 18.09.2021

Voyage de lecteurs en Sicile reporté à septembre 2021

Ce site utilise des cookies.

Certains de ces cookies sont essentiels, tandis que d'autres nous aident à améliorer votre expérience en vous donnant un aperçu de la manière dont le site est utilisé.

Pour des informations plus détaillées sur les cookies que nous utilisons, veuillez consulter notre Déclaration de confidentialité.

  • Les cookies nécessaires permettent d'activer les fonctionnalités de base. Le site web ne peut pas fonctionner correctement sans ces cookies, et ne peut être désactivé qu'en modifiant les préférences de votre navigateur.