Pourquoi la qualité de vie devrait-elle aussi être prise en compte dans la planification de l’exploitation ?
Nos recherches, ainsi que celles d’autres spécialistes, montrent qu’une bonne qualité de vie est essentielle pour assurer la pérennité des exploitations. Négliger cet aspect pendant une longue période peut avoir des conséquences psychiques et physiques importantes pour les agriculteurs et agricultrices ainsi que pour leurs familles. Ces difficultés ont ensuite des répercussions négatives sur l’exploitation elle-même.
Qu’est-ce que la qualité de vie et que représente-t-elle pour les personnes travaillant dans l’agriculture ?
La notion de qualité de vie varie d’une personne à l’autre. Notre projet consacré à la qualité de vie dans la production laitière a cependant montré quels facteurs sont particulièrement importants pour de nombreux producteurs et productrices : trouver du sens dans son travail, bénéficier de reconnaissance pour le travail accompli, pouvoir séparer vie professionnelle et vie privée, disposer de temps pour soi-même et pour sa famille, ainsi que, ce qui nous a surpris, avoir du temps pour réfléchir et planifier. La stabilité financière et un revenu permettant de couvrir davantage que les seuls besoins fondamentaux sont également essentiels. Pour pouvoir développer et préserver une certaine qualité de vie, ces différents aspects doivent être abordés consciemment et pris en compte en planifiant l’exploitation.
Comment procéder concrètement lors de la planification ou du développement d’une exploitation ?
Il est primordial de tenir compte du point de vue de toutes les personnes impliquées dans la gestion de l’exploitation familiale. La personne qui dirige l’exploitation n’a souvent pas les mêmes besoins que son conjoint ou sa conjointe, par exemple. Il est également important d’évaluer de manière réaliste ses propres capacités. Une journée ne compte que 24 heures. L’alimentation, le sommeil, les tâches ménagères, les enfants, la vie de couple, les moments de repos (etc.) doivent trouver leur place aux côtés du travail sur l’exploitation. Ainsi, lorsqu’il s’agit de développer une nouvelle branche d’activité, il faut tenir compte des tâches déjà assumées sur l’exploitation, dans le ménage, dans une activité accessoire ou dans le cadre de fonctions publiques, et déterminer si cette nouvelle activité peut s’y intégrer ou si certaines activités existantes devront être abandonnées.
Sandra Contzen, Chargée de cours de sociologie rurale, BFH-HAFL« La joie seule ne nourrit pas son homme. »
De même, lors de la construction d’une nouvelle étable, il est nécessaire d’évaluer de façon réaliste le nombre d’heures de travail personnel qui pourront être consacrées au projet en plus des tâches quotidiennes, sans que les autres activités ou le temps personnel n’en pâtissent. Il est également important de réfléchir à ce qui procure de la satisfaction à long terme : souhaite-t-on vraiment développer une nouvelle branche d’activité ? Peut-on renoncer à une activité existante ? Enfin, une exploitation doit être rentable. La joie seule ne nourrit pas son homme.







