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Production animale

Le fourrage vert évolue en cours de saison

En zone de plaine, la plupart des troupeaux pâturent déjà. Mais qu’est-ce que les vaches consomment réellement au pâturage? Comment les teneurs et paramètres de l’herbe évoluent-ils au cours de la période de végétation? Quel est l’impact de ces changements sur la digestibilité dans la panse?

La comparaison des différentes coupes indique des fluctuations relativement importantes au cours de la période de végétation.

La comparaison des différentes coupes indique des fluctuations relativement importantes au cours de la période de végétation.

Publié le

Actualisé le

Responsable du marketing, UFA AG

Chef du service technique, UFA AG

Complémenter les rations

Pendant l’hiver, la plupart des exploitations planifient très précisément l’affouragement à base de fourrages conservés. Des ajustements et des améliorations sont ensuite apportés sur la base du contrôle laitier, pour assurer un affouragement équilibré et efficace. Pendant la période de végétation, dans la mesure où une partie importante de la ration se compose d’herbe, la situation est quelque peu différente. La ration distribuée à l’étable reste aussi stable que possible, sachant que les paramètres nutritifs de l’herbe ne peuvent pas être influencés et qu’ils sont généralement inconnus.

Qu’est-ce qui a un impact?

Les analyses des fourrages secs et des ensilages démontrent que les teneurs de l’herbe fluctuent au cours de la période de végétation. On sait par exemple que la première coupe/pâture est généralement celle qui est la plus riche en sucre. Mais comment évolue cette teneur en sucre au cours des coupes suivantes? Est-ce qu’elle a tendance à diminuer de manière continue ou à augmenter à nouveau en automne? Les précipitations (pluie, température, durée d’ensoleillement, etc.) influencent bien entendu la croissance cellulaire et, au final, la digestibilité. Cette dernière dépend de la composition botanique, qui est elle-même influencée par la fumure et l’intensité d’utilisation.

Plan d’affouragement calculé sur la base du fourrage vert

Lorsque les fourrages verts sont intégrés au plan d’affouragement, on utilise des valeurs de référence. En ce qui concerne les fourrages verts, les paramètres de digestibilité retenus par les fabricants d’aliment étaient certes disponibles pour certains stades. L’évolution de ces paramètres au cours de la période de végétation restait toutefois une inconnue.

Concrètement, cela signifie par exemple que les écarts entre un fourrage de base AR2 (montaison) et un fourrage de base AR4 (épiaison) sont établis, mais qu’on ne connaît pas les écarts pour ces stades entre le printemps, l’été et l’automne. Cela signifie qu’au stade AR2, les valeurs nutritives d’un peuplement donné ne sont pas identiques au printemps (1 re coupe) et en plein été.

Essais en Suisse et en Hollande

Ces trois dernières années, Semences UFA a mis en place, récolté et analysé plusieurs mélanges sur deux sites distincts. La première coupe a été effectuée avant la floraison. Les prairies concernées ont généralement été fauchées cinq fois par an et les paramètres de chaque coupe ont été analysés. Outre les teneurs en MS, un échantillon représentatif a été prélevé immédiatement après chaque fauche et envoyé en laboratoire, où l’échantillon en question a été séché et analysé. Il en est ressorti que les paramètres évoluent au cours de la saison.

En Hollande, la station de recherche Schothorst Feed Research a également réalisé des analyses sur les fourrages verts. La combinaison de nos expériences pratiques avec les résultats de ces essais a permis de déterminer comment les paramètres des fourrages verts évoluent en cours de saison.

Résultats

On sait par expérience que c’est lors de la première coupe/pâture que la teneur en sucre est la plus élevée et qu’elle diminue en revanche nettement à la deuxième coupe. Il apparaît également que la teneur en sucre augmente à nouveau en fin d’automne. Cela est dû au fait que la croissance cellulaire est restreinte en automne, ce qui se traduit par de faibles accroissements de MS, alors que la photosynthèse reste relativement importante par temps ensoleillé. Par rapport à la période estivale ou de début d’automne, il peut s’ensuivre une concentration en sucre plus élevée dans les cellules. Cette évolution dépend bien entendu de la composition du peuplement, de la fumure, du site et de l’année. On constate ainsi par exemple que les teneurs en sucre ont été nettement supérieures en automne 2015 qu’à la même saison en 2016. L’évolution des NDF, soit de l’ensemble des parois cellulaires, a été conforme aux attentes. Dans tous les peuplements, la valeur NDF la plus élevée a été enregistrée à la deuxième coupe et la valeur la plus faible généralement à la cinquième coupe. Il est intéressant de constater que c’est en automne que la teneur en ADL, soit la teneur en lignine, était la plus élevée, bien que les valeurs NDF soient nettement inférieures à celles de la deuxiè me coupe.

Les teneurs en PB les plus élevées ont été enregistrées en automne et les teneurs les plus faibles à la deuxième coupe. Les écarts entre les différentes coupes ont été relativement importants, voire supérieurs aux écarts entre les différents mélanges légumi-neuses-graminées. Il est d’autant plus étonnant qu’il n’ait pas existé, jusqu’ici, de données fiables à ce sujet en Suisse. La deuxième coupe est tendanciellement la moins bonne. Il convient d’en tenir compte lors de la planification de la ration hivernale. Jusqu’à maintenant les coupes tardives ont été affouragées aux animaux affichant les besoins en nutriments les plus faibles, notamment aux génisses. Dans bien des cas, il serait toutefois plus judicieux d’affourager la seconde coupe aux génisses. Cette constatation vaut également pour les teneurs en NEL. Pour la plupart des mélanges, les teneurs en NEL les plus élevées ont été enregistrées pour la première coupe et les plus faibles pour la deuxiè me coupe. Les coupes d’automne affichaient des teneurs situées entre celle de la première et de la deuxième coupe tout en étant relativement proches de la première coupe.

En bref

• Jusqu’à maintenant, on ne savait pas vraiment comment les teneurs des fourrages verts évoluent durant la période de végétation.

• Au cours de la période de végétation, les écarts entre les différentes coupes sont plus significatifs que les écarts entre les différents mélanges.

• Concernant les différents paramètres, les écarts sont énormes entre le printemps, l’été et l’automne.

• Sur la base des dernières connaissances en la matière, les rations affichant une part élevée de fourrage vert peuvent également être complémentées de manière ciblée dans le but d’améliorer le degré d’efficacité de la ration.

Application dans le plan d’affouragement

Les résultats et les conclusions mentionnés plus haut ont été consignés et sont désormais également intégrés au plan d’affouragement UFA W-FOS. Trois qualités différentes sont attribuées à chaque période de végétation (mars-avril, mai-juillet, août-septembre, octobre). L’objectif ne consiste pas à adapter le plan d’affouragement le plus souvent possible, mais plutôt à complémenter le plus judicieusement possible les rations incluant une proportion élevée d’herbe pâturée, pour atteindre une efficacité d’affouragement maximale.

Complémentation correcte

L’analyse des essais réalisés démontre que les teneurs du fourrage vert évoluent de manière assez sensible au cours de la période de végétation. La complémentation à l’étable doit donc être adaptée en conséquence. L’efficience peut être améliorée par une complémentation correcte avec du fourrage sec ou des compléments de régime. Il s’ensuit une augmentation de la production laitière par kilo de matière sèche ingérée.

UFA 250 Speciflor et UFA 256 Fibralor ont notamment été conçus pour complémenter les fourrages verts. Mais quel complément de régime faut-il utiliser et à quel moment, pour en tirer une utilité maximale? Fibralor est idéal pour complémenter les rations hautement digestibles telle la première coupe, par exemple. La complémentation avec un aliment riche en ADF contribue à ralentir la vitesse de passage. La ration est mieux digérée, ce qui se traduit par une efficacité accrue. A partir du mois de mai/juin, il faudrait plutôt opter pour une complémentation avec Speciflor. Ce complément de régime se compose de nutriments bien digestibles et a un impact favorable sur l’activité de la panse. Le fourrage vert récolté à partir des mois de mai/juin est par exemple plus riche en ADF que celui qui est issu de la première coupe et nécessite une complémentation avec Speciflor pour atteindre un bon niveau d’efficacité. A partir du mois de septembre, il convient de distribuer à nouveau du Fibralor en remplacement du Speciflor. Lors d’une complémentation avec du fourrage sec, il faudrait également veiller à ce que les différentes coupes de foin soit distribuées en fonction de la période de végétation concernée.

Les valeurs de digestibilité tirées des analyses réalisées par Semences UFA confirment qu’il est judicieux d’utiliser les compléments de régime en fonction de la période de végétation. C’est lors de la première coupe que le coefficient de digestibilité de la matière organique (CDMO) et que la digestibilité des NDF sont les plus élevés, quel que soit le mélange utilisé. Le CDMO atteint un niveau plancher à la deuxiè me coupe, tous mélanges confondus, et remonte en automne. Cela confirme que les rations à base de fourrage vert doivent être complémentées différemment à partir du mois de septembre.

Actualités

Les compléments de régime UFA 250, UFA 256 et UFA 280 Bio bénéficient d’un rabais de 2 fr./100 kg jusqu’au 13.5.2017.

Fèces liquides

Lorsque l’herbe pâturée représente une part importante de la ration, les fèces deviennent souvent plus liquides. Ce phénomène résulte de plusieurs causes. Au printemps, ce sont généralement les teneurs en sucre élevées du fourrage vert qui sont responsables de cette situation et en aucun cas les teneurs en PB. Une complémentation en protéine brute rapidement disponible peut contribuer à améliorer la situation et augmente surtout le degré d’efficacité. En automne, les fèces liquides résultent d’autres facteurs, notamment d’excédents en PB. Les teneurs généralement basses en ADF et la part relativement élevée en PBRF aggravent encore la situation. Une complémentation riche en ADF destinée à réduire la vitesse de passage peut améliorer la situation.

Autres points à éclaircir

D’autres questions liées à l’évolution des teneurs du fourrage de base doivent également être éclaircies. L’évolution précise de la teneur en minéraux au cours de la période de végétation est un autre élément intéressant. Cette question et d’autres points intéressants seront traités en 2017. Le producteur de lait doit pouvoir en retirer une utilité supplémentaire et optimiser sa ration de manière à pratiquer un affouragement qui soit le plus efficace possible.

AuteursHansueli Rüegsegger, responsable Bétail laitier; Jacques Emmenegger, service technique, UFA SA; 3360 Herzogenbuchsee

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