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Production animale

Quelle est l’efficacité des vaches plus lourdes?

Le poids d’une vache est un critère important. Concernant le poids corporel des vaches laitières, il n’existe toutefois que des estimations, les vaches étant rarement pesées. Le poids permet toutefois de tirer des conclusions utiles sur l’efficacité d’une vache laitière, comme le démontre le projet Hohenrain II.

Dans le cadre du projet Hohenrain II, le système de pâture intégrale a été comparé à deux systèmes différen...

Dans le cadre du projet Hohenrain II, le système de pâture intégrale a été comparé à deux systèmes différents d’affouragement d’herbe en vert.

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Projet Hohenrain II

Dans le cadre du projet Hohenrain II, toutes les vaches en lactation de 38 exploitations gérées par des praticiens ont été pesées une seule fois au cours du second semestre 2014. Au total, près de 1400 poids d’animaux ont fait l’objet de relevés dans le cadre de ces pesées. Ces données ont été complétées par d’autres résultats tels que la race, la taille corporelle, l’âge et le niveau de production laitière. Les données ainsi accumulées ont permis de tirer des conclusions intéressantes et qui sont étroitement liées au poids corporel des animaux.

Informations plus détaillées concernant le projet Hohenrain II

Dans le cadre du projet «Optimisation des systèmes de production laitière avec des fourrages frais issus des prairies, comparaison de systèmes Hohenrain II», trois systèmes de production laitière différents ont été comparés: les trois stratégies sont basées sur une part élevée de fourrage frais issu des prairies dans la ration. Pendant trois ans (2014-2016), diverses stratégies ont fait l’objet d’une analyse dans 36 exploitations pratiques en Suisse ainsi que sur l’exploitation du BBZN Hohenrain. Le développement de mesures destinées à optimiser les possibilités dans les domaines du travail, de la gestion d’exploitation, de la production fourragère, de la détention animale, de l’efficacité et du développement durable occupait une place prépondérante dans l’analyse.

Vous obtiendrez des informations supplémentaires sur Internet sous www.milchprojekt.ch ou directement auprès du chef de projet, Beat Reidy (031 910 22 23, beat.reidy@bfh.ch).

• Journée technique, 1 er septembre 2017, BBZN Hohenrain  • Journée pratique, 6 septembre 2017, BBZN Hohenrain  • Journée pratique, 13 septembre 2017, BBZ Arenenberg (exploitation de Tänikon)  • Journée pratique, 15 septembre 2017, Inforama Rütti

Combien pèsent les vaches laitières suisses?

Au niveau des races, on constate d’énormes écarts en ce qui concerne le poids corporel des animaux. Les vaches Jersey en particulier sont nettement plus légères que les autres races laitières. En moyenne, elles ne pesaient que 470 kg. Dans le cadre des systèmes de production basés sur les herbages considérés dans l’analyse évoquée ci-dessus, les autres races ont affiché des poids vifs moyens de 610 à 660 kg. Les valeurs extrêmes divergeaient massivement: la vache Jersey en lactation la plus légère pesait ainsi tout juste 358 kg alors que la vache Holstein la plus lourde atteignait un poids de 889 kg, soit 2,5 fois plus.

Les écarts en termes de poids entre les races s’expliquent essentiellement par des gabarits différents. Conformément aux attentes, il existe un lien étroit entre la taille à hauteur du sacrum des animaux (estimation selon la DLC) et le poids corporel. En moyenne, le poids des animaux considérés augmentait de 7 kg par centimètre supplémentaire de hauteur. Les données récoltées ont également confirmé que les vaches âgées de 4 à 5 ans, soit celles qui sont en 3 e lactation, ont généralement atteint leur taille adulte.

Poids plumes dans les systèmes de pâture intégrale

La différence entre les systèmes de production est également un élément intéressant qui ressort du projet Hohenrain II (voir encadré). En moyenne, les animaux issus des exploitations de pâture intégrale pesaient 70 kg de moins que les animaux des exploitations affourageant de l’herbe en vert. Ces écarts de poids ne résultent pas uniquement des races différentes utilisées dans le cadre des systèmes précités. Les vaches FT des exploitations Pâture intégrale pèsent ainsi bien 40 kg de moins que les animaux de même race élevés dans les deux autres systèmes. Ces chiffres confirment donc que les exploitations Pâture intégrale utilisent tendanciellement des animaux plus petits et plus légers. Les animaux plus légers présentent une meilleure aptitude à la pâture, se contentent d’une ration moins concentrée et engendrent moins de dégâts de piétinement.

Les animaux plus lourds produisent davantage de lait

Quels sont les animaux qui conviennent le mieux pour une détention majoritairement en étable? Pour répondre à cette question, les analyses ultérieures ont été réalisées sans prendre en compte les exploitations Pâture intégrale afin d’isoler les écarts dus au système de production. Ces analyses ont démontré que les vaches plus lourdes produisaient en moyenne plus de lait que les animaux plus légers (graphique 3). Cette interaction entre le niveau de production laitière et le poids corporel s’explique par le fait que les animaux de plus grande taille disposent également d’un système digestif plus grand. Il convient toutefois de noter que l’augmentation de la consommation de fourrage est souvent inférieure à l’augmentation de la production laitière, raison pour laquelle les animaux plus grands affichent des besoins en énergie plus importants. D’une manière générale, les animaux plus lourds présentent également des besoins d’entretien plus élevés, ce qui signifie que les vaches plus lourdes doivent manger davantage pour couvrir leurs besoins corporels (par rapport aux vaches plus légères).

Qui est plus efficace?

Pour estimer le degré d’efficacité des différents gabarits de vaches, l’étude a calculé les besoins énergétiques des animaux analysés sur une année complète. Ces besoins correspondent au cumul des besoins énergétiques pour la performance de lactation à 305 jours et des besoins d’entretien sur une année. Moins une vache a besoin d’énergie par kilo de lait produit et plus elle produit efficacement du lait. De manière surprenante, l’étude de Hohenrain II a démontré que le degré d’efficacité était indépendant du poids corporel (graphique 4). Indépendamment de son poids, il a été constaté qu’une vache avait besoin de 4,9 à 5,1 MJ NEL par kilo de lait produit. On peut donc affirmer que les animaux plus lourds compensent leurs besoins d’entretien supérieurs par une production laitière en moyenne plus élevée. A ce sujet, une dispersion très large a été constatée: le poids vif des vaches dont la production avoisinait 9000 kg se situait en effet entre 530 et 830 kg! Il en ressort qu’à un niveau de production laitière égal, la vache la plus lourde a besoin de 800 kg de MS par année de plus que la vache la plus légère! Il existe donc sûrement un potentiel important pour des optimisations d’ordre génétique.

Conclusion

Sur l’exploitation, le poids des animaux influence plusieurs facteurs, à savoir l’aptitude des animaux à la pâture, la dimension des places d’étable, la concentration de la ration nécessaire, l’efficacité avec laquelle les vaches produisent du lait, etc. Sur la base des données disponibles, il est impossible de dire quel est le poids optimal. Ce qui importe, c’est que chaque exploitation opte pour le type de vache le plus adapté à sa stratégie d’exploitation et qu’elle les affourage conformément à leurs besoins. 

AuteurStefan Probst, chargé de cours en alimentation animale, HAFL,

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