Production animale

Produire un fourrage de base riche en protéines

Sur une exploitation bio, il est important d’optimiser la ration de fourrage de base, surtout depuis que Bio Suisse a modifié ses directives et restreint l’utilisation de concentrés. Les mélanges riches en protéines permettent d’augmenter la teneur en protéine brute du fourrage de base et ont des effets positifs sur la rotation.

Le sol doit afficher de bonnes propriétés lorsque l’on souhaite cultiver un mélange contenant une part élevée de luzerne. 

(photo: semences UFA)

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UFA SA

Semences UFA

En 2018, année très sèche, la Suisse a importé 11 000 t de fourrage grossier bio, principalement de la luzerne et du foin, d’après une étude du FiBL. Un chiffre relativement élevé en comparaison des 5500 t importées en 2017. A partir de 2022, ces importations ne seront plus possibles ; les éleveurs de bovins devront se procurer le fourrage grossier en Suisse. Le FiBL estime que la Suisse a besoin de 1100 ha de prairies naturelles et artificielles pour produire la même quantité que ce qui a dû être importé en 2018. De nombreuses exploitations laitières bio dépendent du fourrage grossier qu’elles achètent.
Les mesures de la PA22+ annoncées prévoient pour le moment de limiter les apports en protéine brute (PB) sur les exploitations PLVH bio. Le but est d’améliorer l’efficacité du programme PLVH en réduisant les concentrés et en tirant le meilleur parti du fourrage de base.
Le fourrage de base va gagner en importance en tant que source de protéine, puisqu’à partir de 2022, les ruminants bio ne pourront recevoir plus que 5 % de concentrés au maximum. Par conséquent, les agriculteurs seront bien avisés de produire eux-mêmes le plus possible de fourrage grossier riche en protéine de haute qualité.

Réorienter la production fourragère

La teneur en PB du fourrage sec peut varier considérablement. UFA a réalisé plus de 4000 analyses de fourrage sec sur les trois dernières années et a obtenu des résultats oscillant entre 70 et 200 g de PB/kg de MS. Le fourrage de base des exploitations biologiques, en particulier, devrait atteindre une teneur en PB d’au moins 14 %. La complémentation protéique risque sinon de ne pas suffire. D’où l’importance d’adapter la production fourragère. Étant donné que la ration des vaches bio en été se compose majoritairement d’herbages, il est essentiel que le fourrage sec présente des teneurs en protéines suffisamment élevées. Le tableau montre comment la teneur en PB du fourrage sec influe au final sur celle du fourrage de base. Un fourrage sec riche en légumineuses permet d’atteindre 157 g de PB/kg de MS, tandis qu’un fourrage sec riche en graminées permet seulement d’atteindre 139 g de PB/kg de MS. En raison des variations saisonnières des teneurs des herbages, cette valeur peut encore baisser. Dans ce cas, la complémentation protéique risque d’être trop faible.

Rohproteingehalt_f

Les atouts des légumineuses

La culture de mélanges graminées riches en protéines présente divers avantages. Elle permet d’augmenter la teneur en PB de la ration et, par conséquent, d’économiser des compléments protéiques. En fixant l’azote de l’air et en réduisant la pression des adventices, elle a aussi des effets positifs sur la rotation culturale. Les mélanges luzerne présentent une bonne fibrosité et conviennent donc bien aux rations essentiellement composées de maïs. Par ailleurs, du fait de leur appétibilité, ils augmentent l’ingestion de fourrage, ce qui compense la teneur en énergie plus faible.
Le trèfle blanc offre plus de flexibilité que les graminées: il stocke moins rapidement la lignine et reste donc plus digestibles en cas de récolte tardive.
Les atouts cités peuvent varier ; dans la pratique, la qualité du fourrage peut être différente. Il est donc préférable de prévoir une analyse du fourrage de base avant de calculer la valeur de la ration.

Quel mélange choisir ?

Choisir le bon mélange pour prairies artificielles suppose de tenir compte de quelques paramètres concernant l’emplacement, les espèces de légumineuses et la gestion de la prairie. Il faut se poser les questions suivantes :

  • Mélange de deux, trois ou quatre ans ? 
  • Prairie pâturée ou prairie fauchée ? 
  • Production de foin ou production d’ensilage ? 
  • Quel type de sol/propriétés du sol ?

Si le mélange est destiné exclusivement à la pâture, les possibilités sont très limitées, car il ne peut contenir une proportion élevée de légumineuses. Dans ce cas, il est préférable d’opter pour un mélange avec du trèfle violet Pastor, une variété persistante et résistante aux dégâts dus au piétinement et à la sécheresse. Ce mélange se prête surtout à la pâture sur gazon court, où la végétation bénéficie de beaucoup de lumière. Le trèfle blanc, qui a besoin de beaucoup de lumière, bénéficie ainsi de conditions optimales et pousse facilement. Si la prairie est principalement affectée à la production de foin, il convient de prendre des mesures spéciales afin de conserver un maximum de feuilles de luzerne.
Si la prairie artificielle sert à la production d’ensilage et que l’on souhaite disposer d’un fourrage de base aussi riche que possible en protéine, on peut utiliser un mélange contenant de la luzerne. A condition toutefois que le sol présente les propriétés suivantes :

  • pH minimum de 6,4 ( valeur optimale: 7 ) 
  • sol perméable, profond et calcaire. Un sol dont le pH est trop bas ne convient pas à la luzerne ; dans ce cas il est recommandé d’utiliser un mélange contenant du trèfle violet.
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Gestion des prairies

Dans un mélange graminées / légumineuses, il est important de viser une hauteur de coupe d’au moins 10 cm. Une hauteur de coupe inférieure peut causer des dommages considérables, surtout à la luzerne. En outre, le dispositif de fauche doit être pourvu de couteaux bien aiguisés pour assurer une coupe propre. Globalement, la luzerne n’a pas besoin de beaucoup d’apports en nutriments. Cependant, à partir du moment où cette légumineuse est cultivée dans un mélange graminées-luzerne, il est indispensable d’épandre du lisier pour les graminées. Seuls les peuplements composés exclusivement de luzerne ne nécessitent pas de lisier. Ils sont toutefois peu cultivés en Suisse, car ils couvrent moins bien le sol que les mélanges contenant des graminées, ce qui augmente la pression des adventices.
La part de légumineuses et de graminées dans le fourrage récolté varie aussi au cours de l’année, les plantes ne se développant pas de la même manière. Les graminées commencent à pousser à des températures inférieures et prennent ainsi une longueur d’avance. Une première coupe réalisée tôt permet alors au trèfle de se déployer, le sol recevant davantage de lumière. 


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