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Production animale

Une lactation, de nombreux paramètres

Chez les chèvres, une bonne santé et des performances élevées passent par un affouragement approprié. Cela signifie que les différents stades de lactation sont pris en compte séparément, l’objectif visé en matière d’affouragement évoluant selon les phases.

Pendant la phase de tarissement et pendant les diverses phases de lactation, les besoins des chèvres laitières varient fortement.

Pendant la phase de tarissement et pendant les diverses phases de lactation, les besoins des chèvres laitières varient fortement.

(Photo: Juliana Salzmann)

Publié le

Employé marketing, UFA AG

Chez les chèvres, les objectifs en matière d’alimentation évoluent selon les phases. Ainsi, en début de lactation, la production laitière et donc les besoins évoluent à un niveau élevé. Pour éviter que les chèvres ne puisent trop dans leurs réserves corporelles, il faut que ces besoins soient couverts par la ration. Des variations de l’état corporel en début de lactation sont normales. En fin de lactation, il convient de trouver un compromis entre la performance laitière et la formation de réserves corporelles. L’approvisionnement du fœtus ne doit pas être concurrencé par la production laitière.

La saisonnalité, une opportunité

Grâce à la saisonnalité, un affouragement adapté au stade de lactation est plus simple à mettre en place. Plus l’intervalle entre les mises-bas est court, et plus il est possible d’adapter précisément l’alimentation. Comme il est souvent impossible de gérer l’alimentation individuellement en distribuant des aliments différents, la saisonnalité devrait être mise à profit pour ajuster l’alimentation le plus précisément possible.

Veiller à un bon état corporel

En fin de lactation, c’est-à-dire au cours des trois premiers mois de la gestation, il faut trouver un équilibre entre la production laitière et l’état corporel. Durant cette période, les chèvres constituent environ 50 % de leurs réserves corporelles, soit l’équivalent de 2,5 à 3 kilos. Les chèvres doivent disposer de suffisamment de réserves corporelles pour couvrir leurs besoins élevés en début de lactation. L’absence de réserves suffisantes à ce moment-là a un impact défavorable sur le métabolisme et les performances. Le niveau de production inférieur en fin de lactation ne doit pas se traduire par un mode d’alimentation plus restrictif. Il s’agit au contraire d’opter pour une alimentation qui permette aux chèvres de former des réserves corporelles. Cet objectif peut être atteint via l’approvisionnement en énergie, en distribuant des concentrés qui ne sont pas trop riches en protéine. En présence d’un état corporel optimal, il n’y a aucune raison de ne pas continuer à adapter l’alimentation à une performance laitière élevée, jusqu’au tarissement (BCS visé voir photo).

Pendant le tarissement, il faut éviter une alimentation restrictive.

Volume restreint de la panse

Pendant la phase de tarissement, l’éleveur peut faire tout juste, mais aussi tout faux. Une période de tarissement d’environ 60 jours permet à la chèvre d’adapter entièrement son métabolisme à la croissance des fœtus, pour donner naissance à des cabris pleins de vitalité. Lorsque l’on vise une période de tarissement plus courte, les besoins en nutriments doivent être couverts par une concentration accrue en nutriments. Un mode d’alimentation restrictif pendant la phase de tarissement n’est recommandé que pendant trois à quatre jours en début de phase, afin de réduire la production laitière. Un approvisionnement restrictif avec un aliment de qualité moyenne pendant la phase de tarissement n’est pas recommandé. Le volume de la panse diminue de 25 % au cours du quatrième mois de gestation, voire de 50 % pendant le cinquième mois. Les chèvres doivent alors absorber une quantité identique de nutriments malgré ce volume de panse plus restreint. Une ration restrictive basée sur des fourrages de faible valeur et exempte d’aliment complémentaire ne permet pas d’assurer l’approvisionnement des chèvres et des fœtus, ainsi que la formation de réserves corporelles.

Augmentation progressive

Une augmentation ou un changement important au niveau des concentrés modifie la composition des micro-organismes dans la panse. Ces derniers ont besoin de trois à quatre semaines pour s’adapter à une nouvelle ration. Lorsque l’on modifie l’alimentation immédiatement après la mise-bas, les microbes de la panse ne sont pas en mesure de dégrader les nutriments nécessaires. Il est alors difficile de couvrir les besoins élevés liés à la mise-bas, et le risque de diarrhée ou d’acidose de la panse augmente. Les chèvres doivent par conséquent être habituées au moins trois à quatre semaines avant la mise-bas à la ration des chèvres en lactation, ce qui inclut les aliments.

Viser un bon début de lactation

Contrairement aux vaches laitières, les chèvres n’atteignent leur pic de production maximale que six semaines après la mise-bas. Ce laps de temps permet d’augmenter progressivement les concentrés. Là aussi, il s’agit d’éviter des problèmes métaboliques, comme la diarrhée et l’acidose de la panse.

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Lors du troisième mois de gestation, le BCS (Body-Condition-Score) devrait être compris entre 3,0 et 3,25 au niveau du sternum et entre 2,5 et 2,75 au niveau de la longe.

(Photo: Jonas Salzmann)

Pour autant que les réserves corporelles constituées pendant le tarissement soient suffisantes, les chèvres parviendront à couvrir leurs besoins en énergie. Afin d’éviter de puiser de manière excessive dans les réserves limitées en protéines, il est important d’accorder beaucoup d’attention à la teneur en protéines de la ration.

Les fluctuations de l’état corporel sont normales, mais ne devraient pas excéder 0,75 point (BCS).

Il faut par ailleurs être conscient que le volume total de la panse ne sera à nouveau disponible que deux mois après la mise-bas et que l’ingestion est donc inférieure de 10 à 15 %. C’est pourquoi il est primordial de distribuer une ration suffisante, surtout en début de lactation. Il est aussi indispensable d’accepter la présence de restes dans les crèches. Durant cette période, l’ingestion maximale de fourrage par les chèvres est un élément central, qui ne peut être atteint que si l’on propose de grandes quantités de fourrage de base et que ce dernier est repoussé au moins trois fois par jour.

Utilisation ciblée des minéraux

Les besoins en minéraux des chèvres laitières évoluent pendant la lactation. Au début, les besoins en phosphore et en calcium sont très élevés à cause de la production laitière (voir tableau 1). Pendant cette phase, de grandes quantités de calcium et de phosphore sont absorbées dans l’intestin et mobilisées dans les os. Il arrive que les chèvres qui ne sont pas en mesure de mobiliser suffisamment de calcium souffrent de fièvre du lait en début de lactation. Les chèvres atteignent leur capacité d’ingestion maximale dès le troisième mois de lactation. La production laitière diminue alors légèrement. Au cours de cette phase, la chèvre est généralement en mesure de couvrir ses besoins en minéraux et de renouveler ses réserves corporelles. Pendant la seconde moitié de la lactation, avec un approvisionnement en nutriments approprié, des réserves sont formées dans les os. L’approvisionnement en calcium doit être assuré, surtout au cours du cinquième mois de gestation. Contrairement à ce qui est le cas pour le calcium et le phosphore, la chèvre ne peut pas mobiliser le magnésium à partir de ses réserves corporelles.

Au cours de la phase de tarissement, l’approvisionnement des chèvres en sélénium et en vitamine E joue un rôle important. En association avec la vitamine E, le sélénium exerce des fonctions très importantes dans le corps. Il favorise la croissance et transforme les substances toxiques pour les muscles en des substances inoffensives. Le sélénium a aussi un impact sur la fertilité et le système immunitaire. Chez les cabris, une carence de la mère en sélénium et en vitamine E peut entraîner des troubles de la croissance et des lésions musculaires (maladie du muscle blanc). En raison de l’étroite relation entre le sélénium et la vitamine E, il est difficile de différencier une carence en sélénium d’une carence en vitamine E. Les besoins en sélénium varient entre 0,1 et 0,2 mg par kilo de MS ingérée. 

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