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Production animale

Effets sur l’environnement

Les traitements antiparasitaires ont déjà été abordés dans de nombreuses publications. Sans ces médicaments très efficaces, il serait pratiquement impossible d’élever des petits ruminants comme on le fait aujourd’hui. Lorsqu’on recourt à des antiparasitaires, il faut toutefois être particulièrement attentif.

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Les éleveurs de bétail et les vétérinaires recourent volontiers aux antiparasitaires mais ne savent souvent malheureusement pas ce qu’il advient de ces derniers une fois qu’ils sont évacués via les selles. Pour que ces médicaments soient utilisés de manière plus respectueuse de l’environnement, les utilisateurs devraient être conscients des faits suivants.

Effet toxique

On sait peu de choses sur ce qu’il advient des substances actives contenues dans les antiparasitaires une fois qu’elles parviennent dans l’environnement. Certains articles à ce sujet indiquent toutefois qu’après un traitement parasitaire, les engrais de ferme se dégradent nettement moins rapidement. Les antiparasitaires évacués avec les selles ont un effet toxique sur les insectes, les vers et les crustacés. Chez les vertébrés, ce sont surtout les poissons qui sont menacés. La combinaison de diverses substances actives peut se révéler plus toxique pour l’environnement que chaque substance active utilisée de manière isolée.

Certains produits constituent une menace pour les organismes présents dans les engrais de ferme tels que la mouche du fumier ( scatophages du fumier ), les bousiers ( Aphodius spp. )mais également les mouches, les larves de mouche et les vers de terre. La moins bonne dégradation des engrais de ferme prétérite la composition végétale de la prairie. L’impact négatif des antiparasitaires sur les organismes présents dans les engrais de ferme dépend des facteurs suivants : 

  • Type de substance active utilisée et sa concentration 
  • Laps de temps durant lequel les antiparasitaires sont sécrétés après le traitement  
  • Temps de dégradation dans les selles 
  • Stade de développement des différents organismes 
  • L’activité des organismes dépend de la saison et de la météo 
  • Charge en bétail au pâturage

Le tableau contient un résumé des substances actives contenues dans les antiparasitaires pour petits ruminants disponibles en Suisse, avec les données importantes pour l’effet sur les organismes qui ne sont pas ciblés par le traitement.

Nocive ou non ?

On a longtemps pensé que la moxidectine était relativement inoffensive pour l’environnement. C’est ce que semble d’ailleurs confirmer les essais portant sur les résidus de cette substance. Ces essais n’ont pas conclu à un effet cumulatif. Il faut espérer que cela restera le cas. A l’image de tous les autres avermectines, la moxidectine est nocive pour les organismes vivant dans l’eau.

D’une manière générale, en l’état actuel des connaissances, on constate que la doramectine est la substance active la plus nocive pour l’environnement. L’ivermectine est moins nocive pour l’environnement et l’éprinomectine encore moins. L’impact de la moxidectine sur l’environnement est nettement plus faible que celui de l’épronomectine.

Ne traiter qu’en cas de nécessité

Les dégâts environnementaux résultant des traitements antiparasitaires sur les animaux de rente doivent être réduits au strict minimum. On constate malheureusement un écart flagrant entre ce qui est réalisable en théorie et ce qui l’est dans la pratique. Il faut éviter les traitements non indispensables tout au long de l’année. Un traitement devrait intervenir uniquement sur analyse des fèces et lorsque cette dernière conclut qu’un antiparasitaire est absolument indispensable. Le type de parasite présent et le degré d’infestation détermine quel est le médicament le plus approprié. De temps à autre, il est nécessaire de changer de substance active. La meilleure solution consiste à utiliser l’antiparasitaire le plus adapté et qui laisse des résidus durant le moins longtemps possible. Pendant la période où la substance active laisse des résidus, il est recommandé de garder les animaux le plus possible à l’étable, de composter le fumier et de l’épandre uniquement en fin d’automne.

Gestion de pâturage optimale

Réduire au minimum les dégâts éventuels implique d’utiliser la doromectine, l’éprinomectine et la moxidectine de manière ciblée, en veillant aux points suivants : 

  • Changer régulièrement de pâturage pour que la population d’organismes présents dans les engrais de ferme puisse se renouveler. 
  • Intégrer les prairies dans les surfaces de rotation et les labourer pour que les avermectines puissent mieux se lier aux éléments du sol. Lorsqu’elles sont réutilisées en tant que pâturage après un certain temps, ces prairies sont pratiquement dépourvues de résidus et on peut les qualifier d’exemptes de parasites ou de pauvres en parasites. Utiliser ces prairies permet de réduire notablement la fréquence des traitements.

Moment du traitement

Le moment auquel intervient le traitement a un impact déterminant sur les dommages causés à la faune des engrais de ferme. A cet égard, le printemps et l’hiver constituent le moment idéal, les insectes étant alors pratiquement inactifs en raison de la météo. Les animaux sont en revanche traités efficacement, car ils sont déjà infectés ou malades.

Espèces menacées

Au cours des 25 à 30 dernières années, la biomasse totale d’insectes a diminué de 2,5 % par an au niveau mondial. On estime que durant cette période, 80 % de la biomasse formée par les insectes a disparu. Actuellement, c’est un peu le calme avant la tempête. C’est seulement une fois que le système écologique sera déséquilibré suite à l’effondrement des chaînes alimentaires et que chacun s’apercevra de l’ampleur des dégâts que les médias, les ONG et les politiciens provoqueront un tollé général. En Europe, parmi les êtres vivants scatophages, on trouve le vanneau, l’hirondelle, le chevalier gambette, la bergeronnette, la musaraigne, le hérisson et le blaireau. Lorsque ces acteurs importants de la chaîne alimentaire auront disparu, tout le monde prendra conscience de la situation.

On rendra alors l’agriculture ( et non la politique agricole ) responsable de tous les maux et on prendra des mesures à tout-va. A titre d’exemple, on peut citer les monocultures de maïs et de colza, qui sont des énormes friches naturelles, mais qui ne sont jamais remises en question parce qu’elles permettent de pratiquer la production de biogaz et de biodiesel bénéficiant de subventions étatiques.

En utilisant les antiparasitaires de manière consciencieuse, chaque agriculteur influence positivement la situation dans son environnement proche. Malheureusement, il est permis de douter que ces mesures puissent annihiler la destruction de l’environnement au niveau global. 

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