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Production animale

Complément ou concurrence ?

Souvent, les producteurs ont du mal à vendre, sur le marché indigène, leurs propres fourrages (foin et ensilage) excédentaires. Toutefois, des fourrages sont importés régulièrement tout au long de l’année. Cela doit-il être considéré comme un complément ou comme une concurrence ?

Les chevaux doivent être affouragés avec du foin de qualité irréprochable.

Les chevaux doivent être affouragés avec du foin de qualité irréprochable.

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fenaco GOF

Importations de fourrage

En Suisse, la spécialisation de l’agriculture s’effectue au détriment des exploitations mixtes. Lorsqu’il s’agit d’investir, l’agriculteur doit opter soit pour l’élevage, soit pour les cultures. Dans les cultures, la participation à un programme écologique implique souvent la production de foin sur les surfaces extensives. Cette qualité extensive est produite de manière durable et écologique en favorisant les fleurs sauvages indigènes et les insectes, notamment grâce à une coupe tardive. Ces mesures sont en partie une obligation et elles bénéficient d’un soutien financier.

Foin pour les chevaux

On lit souvent que l’on peut affourager le foin écologique aux chevaux (ou au jeune bétail). Dans la plupart des cas, cela ne répond toutefois pas aux attentes des propriétaires de chevaux qui veulent un fourrage disposant d’une bonne structure mais qui ne soit pas trop vieux. En plus de cela, ils souhaitent que ce fourrage dispose d’une grande diversité de graminées, typiques et appétantes. Le fourrage ne doit pas être collé, contaminé ou contenir beaucoup de poussière. Si possible, on ne devrait pas non plus y retrouver des rumex et des plantes toxiques (colchique, séneçon jacobée, etc.). Produire du foin écologique pour les chevaux n’est pas impossible. Cela exige toutefois une grande attention de la part des producteurs et de la chance avec la météo. Les propriétaires de chevaux sont également critiques envers le foin écologique. Par conséquent, la demande pour le foin ventilé à l’air chaud augmente. Hippoluz (luzerne en balles plastifiées de 20 kg, 48 balles/palette), un nouveau produit de qualité pour les détenteurs de chevaux, est une alternative sûre et intéressante que l’on peut recommander dans l’alimentation.

Production de lait et de viande basée sur les herbages

Le programme PLVH favorise une production de lait et de viande adaptée au lieu. Afin de recevoir des contributions, il faut que la ration annuelle de tous les animaux de rente détenus sur l’exploitation consommant des fourrages grossiers soit composée d’au moins 90 % de fourrage de base (selon la liste prescrite, www.ofag.admin.ch). La part d’herbe (fraîche, ensilée, séchée et pâturage) doit être de 75 % au moins en zone de plaine et de 85 % au moins en zone de montagne.

PLVH

La Suisse est un pays herbager. C’est pourquoi le programme de production de lait et de viande basée sur les herbages (PLVH) a été introduit. Dans le cadre de ce programme, la ration annuelle des vaches doit contenir une part d’herbe (fraîche, ensilée, séchée et pâturage) de 75 % au moins en zone de plaine et de 85 % au moins en zone de montagne. Les vaches sont toujours plus productives. Les producteurs ne cherchent dès lors plus à acheter du foin écologique en plus de celui qu’ils produisent déjà dans leurs exploitations. C’est la raison pour laquelle des quantités toujours plus importantes de foin et de regain d’excellente qualité, ventilé à chaud ou séché artificiellement en balles, sont achetées en Suisse ou dans les pays limitrophes, afin d’atteindre les objectifs PLVH. Ces dernières années, la luzerne s’est imposée en tant qu’élément important dans la ration. Cette légumineuse séchée artificiellement favorise l’appétit et affiche une teneur en protéine brute intéressante. Selon les données de l’association suisse des négociants en fourrages, entre 2013 et 2016, les importations de foin, luzerne et autres produits herbagers se sont élevées à environ 150 000 t. Il est par conséquent difficile de mettre en valeur du foin écologique supplémentaire en l’affourageant aux vaches laitières ou allaitantes.

Production d’herbe séchée

Des agriculteurs innovateurs font produire de l’herbe séchée indigène comme alternative à la luzerne importée dans les installations de séchage, par exemple, de la LANDI Landshut à Bätterkinden. Une marchandise jeune (trèfle-graminées / luzerne-trèfle-graminées) séchée artificiellement donne un fourrage optimal avec une teneur élevée en protéine. Le produit peut être stocké et affouragé sous forme de balles hachées ou de granulés.

Infos sous: www.landilandshut.ch/trocknungsanlage

Provenance de la luzerne

La luzerne est la plante fourragère la plus cultivée au monde. Les Etats-Unis et l’Argentine sont, avec 9 000 000 ha et 6 900 000 ha, les plus grands producteurs de luzerne. En ce qui concerne la Suisse, la majeure partie de la luzerne provient de la région Champagne-Ardenne (nord-est de Paris) en France. Son sol crayeux est très bien adapté à la culture de la luzerne. Le solde des importations provient d’autres régions de la France, d’Italie, d’Espagne, d’Allemagne et d’Europe de l’Est. L’agriculteur peut choisir entre les différentes coupes et longueurs de brins ou granulés avec différentes teneurs en protéine. De la luzerne certifiée UE-Bio ou Bio Bourgeon est également disponible. En Suisse également, des producteurs essayent de cultiver de la luzerne. En raison de la nature du terrain, sa culture est difficile mais pas impossible. En Suisse, les agriculteurs réalisent souvent une coupe et doivent ensuite ressemer.

Complément ou concurrence ?

Les agriculteurs qui participent à un programme écologique produisent souvent du foin écologique sur leurs surfaces extensives. Parallèlement à cela, ils leur arrivent fréquemment d’acheter du foin de bonne qualité ainsi que de la luzerne séchée artificiellement pour alimenter leurs vaches de façon optimale.

En procédant ainsi, ils peuvent participer au programme PLVH. La question n’est dès lors pas de savoir si les importations complètent ou concurrencent la production indigène. Le marché de l’offre et de la demande n’explique pas cette situation: en fait ce sont les deux programmes encouragés par la Confédéraiton qui ne sont pas coor donnés entre eux. Cela peut conduire à des mouvements de mauvaise humeur, car certains agriculteurs ne pourront pas ou difficilement vendre leur foin écologique alors que d’autres dépendent des importations de luzerne. 

AuteurDaniel Beyeler, responsable ressort foin, luzerne et litières, fenaco GOF, 3001 Berne

Infoline gratuite0800 808 850 www.fourrages.ch www.landi.ch

Informations supplémentairesAuprès du Team Agro de votre LANDI.

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