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Production animale

L’embarras du choix

La litière a une influence essentielle sur la santé et le bien-être des chevaux, notamment ceux gardés en box. Une étude de la Haute école des sciences agronomiques, forestières et alimentaires (HAFL) a analysé et évalué précisément les avantages et les inconvénients des divers types de litière.

Divers matériaux de litière ont été testés, notamment par rapport au comportement de couchage des chevaux.

Divers matériaux de litière ont été testés, notamment par rapport au comportement de couchage des chevaux.

Publié le

Actualisé le

Employée scientifique, BFH-HAFL

Sciences équines, BFH-HAFL

Litières des box pour chevaux

Les propriétés de la litière telles que pouvoir absorbant, comportement alimentaire, volume de fumier, coûts et charge de travail ont été identifiées comme des facteurs de choix décisifs par une analyse de marché de la HAFL. La HAFL a également évalué plusieurs matériaux, pour en définir objectivement les différences, par rapport aux propriétés énoncées et au comportement de couchage des chevaux.

Un essai pratique de six semaines dans une écurie de cinq box a permis de tester les bouchons de paille, les copeaux de bois et la paille longue. Par ailleurs, le pouvoir absorbant (grammes d’eau retenus après 2 h et 24 h) de 30 produits de litière a été analysé dans des conditions standard de laboratoire.

Test pratique

Comportement de couchage

Le comportement de couchage est la condition indispensable à la bonne santé physique et mentale du cheval. Le sommeil paradoxal (REM/ rapid eye movement) ne peut en effet se produire que si le cheval est couché sur le ventre ou sur le flanc. Des études précédentes ont montré que les chevaux se couchent en moyenne deux heures par jour, mais jamais plus de 30 minutes consécutives sur le flanc. Durant l’étude, le comportement de couchage des chevaux a été enregistré en vidéo durant sept nuits sur chacun des trois matériaux. Cinq chevaux (trois demi-sang, deux Franches-Montagnes) âgés de 5 à 17 ans (dix ans de moyenne) ont été observés. Ils avaient à chaque fois déjà passé une semaine sur la litière étudiée pour s’y habituer. L’analyse de la vidéo a permis de définir la durée totale de la phase de couchage, ainsi que la durée sur le ventre et sur le flanc. Aucune différence statistiquement significative de la durée totale n’a été observée en fonction du matériel étudié (tableau 1). On a toutefois constaté des différences individuelles d’un cheval à l’autre et d’une nuit à l’autre pour le même cheval. Ces différences étaient comparables quelle que soit la litière.

Comportement alimentaire

Alors que la paille longue, comme il fallait s’y attendre, a servi d’occupation aux chevaux, on n’a pas constaté de consommation indésirable de copeaux de bois ou de bouchons de paille (traités aux huiles essentielles) (tableau 1). Dans les box garnis des deux derniers matériaux, on a ajouté de la paille pour occuper les animaux.

Volume de fumier, efficacité du travail, coûts

Le volume de fumier a été nettement inférieur avec les bouchons de paille et les copeaux de bois qu’avec la paille longue. S’agissant de l’efficacité du travail, les bouchons de paille l’ont emporté, avec 12 minutes en moyenne pour le nettoyage de cinq box. Il a fallu 17 minutes avec la paille longue et 23 minutes avec les copeaux. Il convient de noter que le palefrenier avait principalement travaillé auparavant avec de la paille. Le prix d’achat des copeaux et des bouchons de paille a été pratiquement trois fois supérieur à celui de la paille. Mais si l’on compte la durée du travail et l’évacuation du fumier, le rapport prix-prestation des bouchons de paille est plus avantageux que celui de la paille longue (tableau 1).

Test en laboratoire

Pouvoir absorbant

Les chevaux préférant se coucher sur un sol sec, le pouvoir absorbant de la litière est un critère important. Il a été mesuré dans des conditions standard de laboratoire, afin de permettre une comparaison directe. Dans les dix produits les plus absorbants, on trouve sept bouchons, deux miettes et un granulé de paille. Les bouchons de paille de plus petit diamètre, avec une surface totale plus importante, ont été plus absorbants que les bouchons plus grossiers, dont le résultat était à peu près comparable à celui des copeaux de bois les plus absorbants. Les bouchons d’épeautre, avec 128 g d’H2O absorbés en deux heures, sont les seuls bouchons de paille moins absorbants que la moyenne des copeaux de bois. Les granulés et miettes de certains produits ont montré un pouvoir absorbant extrêmement élevé. Le tableau 2montre le volume d’eau absorbé en moyenne après deux heures par les diverses catégories de produits.

Les différences après 2 et 24 heures d’égouttage s’élevaient entre 4,6 et 53,4 g, soit une perte d’eau moyenne de 37,6 g pour tous les produits testés. Le pouvoir de rétention d’eau s’est ainsi échelonné entre 68,4 et 96,4%.

Il a été constaté que les miettes, les bouchons et les granulés de paille ainsi que la sciure de bois ont en moyenne un pouvoir absorbant comparable. Mais au sein de chaque catégorie, certains produits se sont distingués par un pouvoir absorbant nettement plus important (la variation entre plusieurs bouchons de paille allait ainsi de 128,4 à 321,1 g d’H2O absorbés en 2 h). Ces différences sont imputables, d’une part, à la taille des bouchons (surface) et, d’autre part, à la consistance et à la transformation des bouchons, si bien que le pouvoir absorbant de bouchons de même taille était en partie variable. Ce sont les granulés et les copeaux de bois, ainsi que la paille longue, qui ont affiché le pouvoir absorbant le plus faible.

Cette étude permet de faire appel à des critères objectifs lors du choix de la litière. En fonction des exigences, on peut ainsi mettre en balance le pouvoir absorbant, d’une part, et le volume de fumier, l’efficacité du travail et les coûts, d’autre part. Le test pratique n’a pas montré de différence significative du comportement de couchage sur la paille longue, les bouchons de paille ou les copeaux de bois. L’étude a uniquement pris en considération les critères d’achat identifiés comme particulièrement importants. D’autres critères, comme la production de poussière, peuvent aussi influer sur le choix de la litière. 

AuteuresFranziska Kägi, B.Sc. Agr., assistante en sciences équines; Chiara Augsburger, B.Sc. Agr.; Conny Herholz, responsable Orientation sciences équines, Haute école des sciences agronomiques, forestières et alimentaires (HAFL), 3052 Zollikofen

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