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Production animale

Le foie, carrefour du métabolisme

Le foie est un organe essentiel, crucial aux êtres vivants, à fonctions multiples et souvent méconnues. Le foie des bovins est évoqué, principalement ou malheureusement à propos des saisies lors de l’abattage! Le préjudice paraît donc complètement anodin, la sanction financière ne représentant que quelques francs.

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Publié le

Actualisé le

UFA-Beratungsdienst

Responsable du marketing, UFA AG

Protection hépatique

En termes de santé animale, de production, de longévité et de répercussions économiques, le foie présente des enjeux considérables. La saisie abattage n’est pas la partie visible de l’iceberg, mais seulement une infime partie, révélatrice déjà de l’existence du foie. Cela éveille parfois l’attention sur l’origine de ce déclassement, et permet éventuellement de se poser la question: comment l’animal que j’ai élevé durant de longues années, et auquel je portais de l’attention au quotidien, vivait-il avec un organe dans cet état? La saisie ne concerne pas uniquement le parasitisme, elle peut aussi être d’origine métabolique avec un foie hors d’usage!

Capacités fonctionnelles

Le foie gère 1500 fonctions métaboliques et anaboliques, c’est peu dire de son rôle capital en production animale comme d’ailleurs pour l’être humain. Cette fonctionnalité concerne tous les bovins: 

  • Le veau de boucherie doit digérer des quantités de matière grasse journalières très importantes par son alimentation lactée, lipides qui seront transformés par le foie. 

  • La vache en lactation produit du lait avec un taux de lactose constant de quasi 50 g par litre, et pour ce faire le foie doit alimenter en glucose la glande mammaire par la circulation sanguine; glucose produit par la cellule hépatique. 

  • Les bovins en régime intensif, comme le taureau en engraissement, doivent déposer de la masse musculaire à partir des fermentations générées dans le rumen mais transformées par le foie. 

  • La vache tarie ou fraîche vêlée soumise à une transition alimentaire sollicite son foie, elle fait face à un déficit de nutriments par rapport à ce qu’elle exporte dans son lait et de ce fait mobilise ses graisses corporelles (quelques fois même musculaire!), là encore le foie est mis à forte contribution pour transformer ses propres graisses. 

  • La défense immunitaire, donc tout ce qui touche à la résistance aux infections, est conditionnée par l’activité hépatique. 

  • Le tableau fourni après chaque contrôle laitier par les fédérations suisses d’élevage qui fait office de référence en bovins laitiers: la répartition des vaches selon la teneur du lait en protéine et en ANP est conditionnée par l’activité du foie. En effet, le foie est le seul organe du métabolisme des bovins qui régule le taux d’urée sanguin. Le bon positionnement des fameuses petites croix, idéalement le plus au centre possible du graphique, n’est pas uniquement lié à l’apport excédentaire ou déficitaire en énergie par rapport à la matière azotée, mais bien à la valorisation qui en est faite par le foie!

Nouveau: UFA-Hepato, pour un foie en pleine santé

Principal organe corporel, impliqué dans tous les processus métaboliques importants, le foie est fortement sollicité.

Seules les vaches avec un foie pleinement fonctionnel peuvent produire du lait de façon rentable durant de nombreuses lactations. Il faut donc tout faire pour veiller au bon fonctionnement de cet organe. Le principal, c’est une ration équilibrée d’après UFA W-FOS, car ce système d’affouragement donne la priorité à la longévité et à une performance de vie élevée.

Afin de soutenir encore mieux l’activité hépatique, UFA a développé un nouveau produit. Les premiers essais pratiques ont été réalisés il y a trois ans. Depuis, la recette a été affinée en permanence pour répondre au mieux aux exigences élevées du métabolisme hépatique. Le nouveau produit est composé d’une vaste gamme d’additifs. UFA-Hepato fonctionne sur deux tableaux, en déchargeant le métabolisme et le foie. Sa composition est donc très sophistiquée.

L’expandant contient tous les éléments qui facilitent le métabolisme, notamment de la méthionine, de la niacine, de la choline et de la L-carnitine sous forme protégée dans la panse. La partie granulée est conçue à base de plantes dont l’action détoxifiante est prouvée.

UFA-Hepato est disponible en seau de 20 kg.

Utilisation

En cure de 10 à 14 jours, 150 g par animal et par jour.

On dispense idéalement deux cures, une avant le vêlage et la seconde après la phase de démarrage, soit environ à partir du 80 e jour de lactation.

Organe essentiel

Sans y prêter attention, cet organe à lui seul permet la digestion dans l’intestin par la bile qu’il y déverse, sans quoi l’intestin ne pourrait pas fonctionner. Cet organe métabolise les nutriments, détoxifie en filtrant les toxines, stocke les vitamines, conditionne la santé, la longévité, les performances animales, etc… Toutes ces fonctions nous renvoient vers le foie. Baisse d’appétit, production décevante des vaches fraîches, absence de cycle ovarien, apparition de mammites, infection utérine, mauvais poil, etc.; le réflexe premier serait d’intervenir sur l’équilibre alimentaire, voire de recourir aux médicaments, malheureusement il s’agit souvent de conséquences, car une défaillance des fonctions hépatiques peut être la source centrale de nombreux désordres.

En la matière il vaut mieux s’attaquer aux causes qu’aux conséquences et se préoccuper de la santé hépatique!

Parasitisme

Le parasitisme constitue l’altération du foie la plus connue, mais elle n’est pas la seule.

Pour les petites douves et grandes douves, en effet, le foie est un lieu de prédilection, fournissant le gîte et le couvert à des hôtes très indésirables qui rechignent à quitter un hébergement de luxe.

Les parasites du foie dégradent l’organe hépatique, il ne s’agit pas d’une symbiose, l’un trouvant un équilibre avec l’autre. Dans le cas des parasites du foie, petites comme grandes douves vivent aux dépens de celui qui les hébergent. C’est ainsi le cas pour les vaches qu’elles soient laitières ou allaitantes, il en est de même pour les bovins d’élevage.

Sont effectivement susceptibles d’être contaminés par les douves les bovins qui accomplissent un cycle d’alimentation à l’extérieur.

Précisément, les parasites adultes vivent dans le foie, «l’hébergement et la restauration en 4 étoiles est propice à la ponte», les œufs sont acheminés par la bile au niveau de la vésicule biliaire et se déversent dans l’intestin du bovin. Ils sont ainsi évacués à l’extérieur via les déjections afin d’accomplir une évolution en forme larvaire. Pour la grande douve, la larve accomplit son évolution avec un seul hôte intermédiaire, la limnée aquatique qui affectionne les zones humides. Pour la petite douve, la larve a besoin de deux hôtes intermédiaires: un petit escargot de zones humides et la fourmi qui, elle, préfère les zones sèches et ressuyantes. Les deux contextes peuvent être ainsi réunis pour une même exploitation, entre les génisses qui alpent, ou valorisent des parcelles à moindre potentiel, les pâtures des laitières où aucun soupçon n’est posé, mais qui, en automne, pâturent des bordures de fossés, de forêt, etc., ou simplement sont abreuvées par des points d’eau débordant, ou encore sont déplacées sur les secteurs plus ou moins marécageux lors du tarissement.

Le contrôle du parasitisme fait partie des éléments à aborder avec le vétérinaire praticien de l’exploitation.

Le retour des informations d’abattage renseigne sur la situation, des analyses complémentaires permettent d’établir un état des lieux. La coproscopie (comptage des œufs dans les fèces) est efficace et peu onéreuse pour les parasites du rumen et des voies respiratoires (strongles pulmonaires et digestives), la ponte étant régulière. Pour les douves, le cycle de ponte n’est pas régulier, cet examen peut renseigner, mais n’est pas toujours pertinent. L’examen par sérologie (dosage des anticorps dans le sang «ou le lait»), présente une meilleure fiabilité.

Mettre en place une prévention, en écartant ou en assainissant les zones humides, de la pâture des bovins est souhaitable quand cela est possible. En complément, des molécules (douvicide ou douvifuge) sont disponibles sur le marché pour réduire et si possible éliminer la contamination parasitaire du foie.

Fonctions mesurables

Pour ne parler que des fonctions dont il est facile de mesurer l’importance dans la conduite quotidienne en élevage bovin, nous ne pouvons donc pas passer sous silence les rôles suivants, sans ignorer que dans les 1500 fonctions à attribuer au foie bien d’autres sont essentielles et vitales. 

  • Fonction glycémique: le foie synthétise le glucose à partir de l’acide propionique issu majoritairement des fermentations générées dans le rumen Résultat concret la quantité de lait produite 

  • Fonction uréique: en cas de manque d’énergie fermentescible ou d’excès de protéines dans le rumen, le foie convertit l’ammoniac et l’azote protéique excédentaire en urée qui est libérée dans le sang pour être recyclée ou éliminée par les reins Résultat concret le taux d’urée du lait 

  • Fonction lipidique: le foie participe à la digestion des matières grasses alimentaires (et endogènes), le mélange de la bile sécrétée par le foie au suc pancréatique permet l’absorption intestinale des graisses Résultat concret valorisation des nutriments apportés par le régime pour la production laitière et l’état corporel 

  • Fonction immunitaire: le foie constitue la première barrière antivirale, il détecte les antigènes (marqueur de la présence virale) dans le flux sanguin arrivant au foie Résultat concret, les virus sont détectés et les globules blancs activés

Comment rétablir l’équilibre du foie?

Un bon fonctionnement du foie conditionne la santé et les performances zootechniques. Contribuer à la protection des cellules hépatiques, agir sur la détoxification permettent de renforcer l’état général des animaux en activant les fonctions vitales de cet organe.

Des spécialités nutritionnelles contenant des plantes à propriétés lipotropes (exportation et dégradation des graisses), cholérétiques et cholagogues (production et élimination de bile) permettent de favoriser encore les fonctions hépatiques. Les principes actifs des plantes ont aussi une action diurétique (libérération de l’œdème et élimination rénale), de même que des effets antioxydants afin de stimuler la régénération cellulaire (hépatocytes et cellules de Küpffer). 

Auteurs   Michel Dromard, chef du secteur Bétail bovin auprès du service technique UFA, 1070 Puidoux; Hansueli Rüegsegger, chef Bétail laitier UFA SA, 3360 Herzogenbuchsee.

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