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Production animale

Mammites à Klebsiella et E. coli

Les germes gram négatifs engendrent des mammites graves. Les causes sont multiples et diffèrent selon les exploitations. Par conséquent, il est difficile de donner des solutions pouvant s’appliquer à tous les cas de figure. A quoi faut-il faire attention pour lutter suffisamment tôt contre un problème de troupeau ?

Silo tranché avec présence de moisissures. 

Silo tranché avec présence de moisissures. 

(Photo: Beat Berchtold)

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Actualisé le

Tierärztliche Bestandesbetreuung

Escherichia coli (E. coli) et Klebsiella sont des bactéries gram négatives pouvant occasionner des infections de la mamelle. E. coli est souvent à l’origine de mammites graves et très aiguës. Il arrive fréquemment que le quartier concerné soit perdu ou que l’animal meure. Dans le cas des mammites à Klebsiella, l’infection évolue de manière similaire. Outre des mammites ayant pour effet de rendre les vaches concernées gravement malades, les Klebsiella peuvent aussi engendrer des infections cachées de la mamelle. Cela signifie que la vache paraît en bonne santé et que seules les numérations cellulaires augmentent massivement. Les vaches qui surmontent des mammites cliniques à Klebsiella développent souvent une forme chronique associée à des numérations cellulaires très élevées et des symptômes cliniques récurrents (p. ex. quartiers enflés ou présence de grumeaux de lait). On s’attend par conséquent à un succès de traitement de l’ordre de 50 à 60 %. Les symptômes graves sont dus aux endotoxines (substances toxiques) libérées lors de la destruction des agents pathogènes. Les symptômes typiques sont les suivants : fièvre, manque d’appétit, chute de la production laitière, forte enflure de la mamelle (avec dans certains cas de la rétention d’eau), quartier concerné rouge et chaud. Il arrive par ailleurs que les vaches souffrent de problèmes de diarrhée ou qu’elles restent couchées et que d’autres organes internes soient touchés.

Problème de troupeau ?

Les éleveurs et éleveuses qui ont déjà dû lutter contre ces problèmes connaissent cette situation frustrante et pénible à l’étable : « Est-ce qu’une nouvelle vache est affectée ? A quoi cela est-il dû ? » Dans un tel cas de figure, il est indispensable de réagir rapidement et de faire venir un spécialiste sur l’exploitation pour évaluer les facteurs de risque et les causes. Souvent, la solution porte sur des détails. On parle de problème de troupeau liés à des infections cliniques de la mamelle lorsque 25 % des vaches souffrent de mammites (sur douze mois). Pour un troupeau de 40 vaches, cela représente dix mammites cliniques par an sur l’ensemble du troupeau. Les infections de la mamelle dues à des germes gram négatifs surviennent souvent par vague et de manière très violente. Dès la première mammite occasionnée par des germes gram négatifs, il faut donc analyser les principaux facteurs de risque. On se trouve rapidement face à un problème de troupeau et de nombreuses exploitations doivent lutter longtemps contre les conséquences qui en découlent. Une réaction rapide, rigoureuse, ciblée et adaptée à l’exploitation est un facteur de succès décisif.

La loi du minimum

Il est très probable qu’un des facteurs que sont le stress, l’aire de repos, l’affouragement, la technique de traite et la traite soient à l’origine d’une mammite aiguë. Les agents pathogènes peuvent pénétrer de différentes manières dans la mamelle : via le canal du trayon, suite à des blessures du canal, via le sang issu du tractus gas-tro-intestinal et par des blessures au niveau de l’utérus, par exemple après un vêlage difficile. Selon la célèbre loi du minimum de Justus von Liebig (voir illustration), les facteurs de risque doivent être pondérés et analysés individuellement pour chaque exploitation. Dans chaque troupeau, il convient d’évaluer la « hauteur de planche » minimale à ne pas dépasser et d’augmenter la longueur de chaque planche de manière à éviter que les facteurs occasionnant des maladies puissent « déborder » de la planche.

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Loi du minimum de Justus von Liebig : les facteurs de risque doivent être pondérés et analysés individuellement pour chaque exploitation.

Stress

Outre la prolifération classique engendrée par la litière, ce sont souvent les exploitations de taille plus importante et affichant des niveaux de production laitière élevés qui sont touchées par des infections de la mamelle à germes gram négatifs. Cela arrive fréquemment lorsque les vaches subissent un changement important (p. ex. construction d’une nouvelle étable ou passage à un système de traite automatisé). Dans de nombreux cas, la cause exacte est difficile à déterminer. Souvent, c’est le stress, combiné à un système immunitaire déficient, qui fait office de facteur déclenchant.

Un système immunitaire sain et fonctionnant correctement est primordial. Les agents pathogènes sont présents dans les déjections des vaches en bonne santé et se retrouvent donc dans tous les milieux d’étable au sein desquels les animaux évoluent. Cela s’avère problématique lorsque le système immunitaire des animaux est affaibli ou que la charge en germes est trop élevée.
Les facteurs de risque sont les suivants :

  • Diarrhées
  • Fourrages / ration inadaptée aux besoins des ruminants (voir rubrique « Affouragement »)
  • Troubles du métabolisme
  • Niveau de production laitière extrême (les vaches taries ne sont que rarement affectées)
  • Vaches malades (trouble hépatique)

Aire de repos

Les litières à base de bois sont souvent à l’origine de mammites à Klebsiella. Potentiellement, tous les produits de litière (sable inclus) peuvent toutefois également être contaminés par les déjections des vaches. Indirectement, les couloirs fortement souillés peuvent aussi augmenter la charge en germes au niveau de l’aire de repos. La qualité et le degré de souillure de la litière peuvent être testés en laboratoire et fournissent des indications intéressantes pour vérifier la qualité de la litière. Ces germes étant très présents sur les trayons, un nettoyage approfondi des trayons est absolument primordial. Les exploitations équipées d’un système de traite automatique doivent être particulièrement attentives à cet aspect et être conscientes qu’il s’agit d’un facteur de risque.

Affouragement

La santé de la mamelle et l’affouragement sont toujours liés. La combinaison de compétences techniques en affouragement et en médecine vétérinaire est un élément clé pour assainir un troupeau avec succès. Outre une ration équilibrée et adaptée aux besoins des ruminants, la qualité ainsi que le stockage et la présence éventuelle de souillures dans les fourrages distribués (fourrage de base ainsi que silos à concentrés / distributeurs automatiques de concentrés) jouent un rôle essentiel. Des numérations cellulaires élevées ou des mammites aiguës peuvent résulter de souillures au niveau du fourrage. Une charge élevée en mycotoxines, un manque de structure (en termes quantitatifs ou qualitatifs) et des fermentations indésirables peuvent entraîner un affaiblissement du système immunitaire. L’eau sale est souvent à l’origine de mammites à germes gram négatifs.

Traite

Comme mentionné précédemment, les germes gram négatifs sont présents dans toutes les étables. Outre la défense immunitaire systémique de la vache, la défense immunitaire locale au niveau du trayon joue un rôle très important. L’état du canal du trayon en fait aussi partie. Un système immunitaire affaibli favorise les infections de la mamelle. 

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