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Production animale

Maîtriser durablement les parasites de pâturage

Pour les chèvres, les moutons et les jeunes bovins, la contamination par des parasites au pâturage représente un danger majeur. Les résistances contre les vermifuges chimiques-synthétiques existants deviennent un problème toujours plus sérieux. Dans la perspective d’une éradication dans la durée, un mode de gestion adapté s’avère primordial.

Au cours des premières semaines de pâture, les bovins réagissent très fortement à une contamination par des vers gastro-intestinaux.

Au cours des premières semaines de pâture, les bovins réagissent très fortement à une contamination par des vers gastro-intestinaux.

(Photo : UFA SA)

Publié le

Chez les bovins, les vers gastro-intestinaux sont les parasites des pâturages les plus nocifs et fréquents. Leurs larves contaminent les animaux surtout pendant la seconde moitié de la période de pâturage. Lorsqu’elle est décelée visuellement, la contamination des animaux de rente par ces vers est souvent déjà avancée. Il est donc important de définir une stratégie adaptée aux animaux et à la gestion de troupeau pratiquée.

Vers gastro-intestinaux

Au printemps, en pâturant pour la première fois, les animaux ingèrent des larves hivernantes. De nombreuses larves hivernantes meurent au cours des premiers mois du printemps. Celles qui survivent engendrent les populations à venir. Après deux à trois semaines, les larves ingérées atteignent leur maturité sexuelle dans l’animal. Les œufs de la nouvelle génération sont alors sécrétés avec les selles. Selon les conditions météorologiques, les œufs excrétés se muent à nouveau en larves en l’espace de sept à douze jours. Ces larves sont ensuite ingérées au pâturage par les animaux.

Surtout les jeunes animaux

Chez les bovins, au cours de la première saison de pâturage, les vers gastro-intestinaux peuvent constituer un gros problème pour les jeunes animaux. Les larves ingérées via l’herbe pâturée nidifient dans les muqueuses de l’intestin et entravent ainsi l’ingestion alimentaire. Les animaux maigrissent et leur poil est terne. Contrairement aux ovins ou aux caprins, les bovins s’immunisent contre les parasites normaux. Les jeunes animaux qui pâturent pour la première fois doivent cependant tout d’abord développer une telle immunité, ce qui leur prend les deux tiers d’une saison de pâture.

Mesures préventives

Gestion du pâturage

La gestion du pâturage est une des principales mesures de lutte contre les vers gastro-intestinaux. Les pâturages permanents situés dans des zones humides peuvent devenir de réels espaces de prolifération. A cause de l’humidité, les larves s’y développent bien. Suite à la pâture permanente, le pâturage est constamment recouvert de nouveaux œufs. Avec cette méthode de pâture, il peut être judicieux d’intégrer une fauche entre les pâtures ou de pâturer ces surfaces uniquement avec des bovins qui ont déjà passé deux ou trois saisons au pré. Si la météo le permet, il est préférable de commencer à pâturer en journée une fois que l’herbe est sèche, les larves se retirant dans le sol le matin. Ainsi, elles ne sont pas ingérées par le bétail.

Additifs végétaux

Une autre mesure préventive consiste à utiliser des additifs végétaux. L’effet de la plupart des additifs végétaux résulte de l’action des tanins et autres polyphénols qu’ils contiennent et de leur effet antiparasitaire. Ces substances se fixent sur la structure protéique de la surface cutanée des parasites et entravent leur reproduction. Suite à cela, l’animal hôte excrète moins de parasites et la pression liée aux parasites diminue. Cette méthode préventive ne fonctionne cependant qu’à condition d’être associée à une gestion de pâturage optimale.

Développer une immunité

Toutes les exploitations bovines sont confrontées à des problèmes de vers gastro-intestinaux. Mais ce qui prime, c’est de maintenir la pression au niveau le plus faible possible. Il convient de surveiller en particulier les jeunes animaux qui passent leur première saison au pâturage. Ces derniers doivent pouvoir se constituer une immunité sans subir de dommages. Faire pâturer ensemble des bovins de tranches d’âge différentes contribue à réduire le risque pour les jeunes animaux grâce aux niveaux d’ingestion de matière sèche différents, comme c’est le cas dans le cadre de l’élevage allaitant.

Analyse des selles pour les exploitations bio

Les selles des petits ruminants sont exclusivement analysées dans le cadre du programme de contrôle des parasites du SSPR. Les expertes et les experts du SSPR se chargent de l'interprétation des résultats et fournissent des conseils de traitement individualisés. SSPR: 062 956 68 58; bgk.sspr@caprovis.ch

Pour faire analyser les selles des bovins, porcs, poules et chevaux, les personnes intéressées peuvent s'adresser directement au FiBL (062 865 72 72; teamparasitologie@fibl.org). Il est également possible de composer ce numéro ou d'envoyer un e-mail à cette adresse pour se renseigner sur les offres et les prix actuels. 

Petits ruminants ?

Davantage de résistances

La thématique évoquée ci-dessus pour les bovins constitue depuis longtemps un problème pour les petits ruminants. Chez ces derniers, les problèmes de résistance des parasites aux produits de traitement chimiques-synthétiques est déjà un phénomène largement répandu. Le développement de résistances chez les vers gastro-intestinaux a été étudié dans le cadre de plusieurs études. A cet égard, il a été constaté que les résistances ont une hérédité récessive. Lorsque deux vers s’accouplent et qu’ils possèdent tous deux cette hérédité récessive, 25 % de leurs descendants sont résistants. L’apparition de résistances résulte de multiples causes. Les petits ruminants sont par exemple souvent traités avec une même substance active. Les traiter avec un autre produit ne signifie en effet pas que la matière active contenue dans ce dernier soit différente. En choisissant un produit de traitement, il faut par conséquent tenir compte de la matière active qui entre dans sa composition. En plus de cela, dans la pratique, on vermifuge souvent l’ensemble du troupeau. Les animaux qui ne présentent pas de symptômes de contamination ne doivent pas nécessairement être vermifugés, car ils sont apparemment capables de supporter les parasites. Il serait plus judicieux de vermifuger uniquement les animaux dont les échantillons de selles et l’apparence extérieure indiquent une contamination par des parasites. Les échantillons de selles devraient toujours être prélevés par tranches d’âge. La tranche d’âge concernée peut ensuite être traitée sur la base des résultats obtenus en laboratoire.

Une analyse est nécessaire avant la distribution d’un vermifuge

Les vermifuges chimiques-synthétiques sont autorisés en bio pour autant qu’ils fassent l’objet d’une ordonnance vétérinaire ou qu’un échantillon de selles soit disponible. En agriculture biologique, on s’efforce, dans la mesure du possible, de renoncer à l’utilisation de médicaments chimiques-synthétiques. Les mesures préventives sont appliquées en priorité. Des fiches techniques du FiBL fournissent des informations à ce sujet et mentionnent les alternatives à disposition pour lutter de manière durable contre les parasites des pâturages.

Bovins
Petits ruminants

Le FiBL effectue des analyses de selles. Outre les résultats parasitologiques, le FiBL transmet aussi à l’exploitation concernée une interprétation des résultats, avec des recommandations à la clé.

Faible immunité naturelle

Chez les petits ruminants, la gestion du pâturage revêt encore plus d’importance que chez les bovins. Toutefois, les mesures à adopter restent les mêmes. L’utilisation d’additifs phytogènes a été analysée, en particulier chez les moutons et les chèvres. Les résultats de ces analyses débouchent sur les mêmes conclusions que chez les bovins : chez les petits ruminants, la sécrétion d’œufs de parasites a également diminué suite à l’utilisation de ces additifs. Globalement, on constate néanmoins que les chèvres bénéficient d’une immunité naturelle face aux parasites moins bonne que celle des moutons. 

Echantillon de selles

Il est important de prélever l’échantillon au cours de la seconde moitié de la période de pâture seulement. Sinon, en raison du cycle des vers, on ne trouve pas encore de larves ou d’œufs. En cas de suspicion de vers pulmonaires, il convient de prélever un échantillon une fois que six à huit semaines se sont écoulées depuis le début de la pâture.

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