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Production animale

Génétique suisse dans l’élevage de porcs

La Suisse dispose d’un programme professionnel d’élevage de porcs. Les objectifs sont adaptés aux besoins spécifiques du marché et se différencient de ceux de l’étranger en privilégiant le principe suivant : la qualité prime sur la quantité. En témoignent les performances des verrats terminaux Premo.

Programme d’élevage et répartition du travail entre les différents niveaux.

Programme d’élevage et répartition du travail entre les différents niveaux.

(Suisag)

Publié le

Actualisé le

Délégué LANDI SA et membre de la direction de Fenaco

Techniciens d'élevage UFA 2000, UFA AG

Tout au long de la filière, diverses exigences de qualité s’appliquent. La fertilité est par exemple un critère important pour les éleveurs, tout comme la croissance pour les engraisseurs et la part de viande pour l’abattoir. Tout au bout de la chaîne de valeur, les consommateurs veulent une viande tendre, juteuse et savoureuse. Avec son programme d’élevage, SUISAG cherche à proposer des produits satisfaisant à toutes ces exigences. Elle s’intéresse à la génétique afin de développer les caractéristiques et la qualité de la viande. Son objectif est de contribuer à relancer la consommation de porc en offrant une viande de très haute qualité.

Un programme unique pour l’élevage

Le programme d’élevage suisse a été conçu pour répondre aux besoins du marché helvétique : outre la rentabilité économique, il met l’accent sur l’obtention d’un pourcentage optimal de viande, sur la qualité de cette dernière et sur l’utilisation de systèmes d’élevage respectueux des animaux. Ce programme d’élevage est basé sur des lignées maternelles et paternelles spécialisées, qui permettent d’obtenir des progrès zootechniques plus rapides que les races universelles. La sélection s’effectue à trois niveaux, chacun ayant une fonction spécifique ( illustration 1 ). Cette répartition permet de produire, avec un degré d’efficacité maximal, des porcelets d’engraissement homogènes répondant au mieux aux besoins du marché suisse.

  • Elevages nucléus :c’est là qu’ont lieu les progrès zootechniques. On y produit des cochettes de race pure pour la multiplication et des verrats de race pure destinés à la station d’insémination artificielle ( IA ) et au marché de verrats de saillie. Chez les lignées paternelles, les travaux se concentrent sur la performance productive, tandis que chez les lignées maternelles, ils se concentrent sur la performance reproductive.
  • Elevages de multiplication :les éleveurs multiplient la génétique maternelle des élevages nucleus. A partir des lignées maternelles Grand Porc Blanc et Landrace, ils produisent des truies de croisement F1 fertiles et robustes pour la production de porcelets d’engraissement.
  • Production :les truies sont uniquement accouplées avec des verrats terminaux, ce qui permet d’obtenir des porcelets d’engraissement homogènes et performants.

Sélection et santé

Les objectifs d’élevage suisses diffèrent sciemment de ceux de l’étranger. Outre la fertilité, l’aptitude à l’élevage ainsi que la qualité de la viande et de la graisse, la sélection dans les lignées maternelles et paternelles spécialisées porte aussi sur la santé. Ainsi, depuis 2010 déjà, tous les verrats Grand Porc Blanc IA homozygotes sont résistants à E. coli F18 ( A / A ). Du côté du Landrace suisse, l’effectif restreint empêche de réaliser un élevage tout à fait autonome : comme la sélection ne peut se faire sans importation de génétique, la variante génétique ( G ) sensible ne peut pas être éliminée complètement de cette race. Néanmoins, si la sélection est effectuée correctement, la plupart des verrats IA pure race sont résistants.

De même, chez les verrats Premo, environ 90 % des animaux de race pure sont résistants à E. coli F18 ( A / A ) grâce à une sélection rigoureuse. Depuis la génération de 2017, seuls des verrats Premo résistants ( A / A ) de race pure sont achetés pour l’IA. Les verrats Premo hétérozygotes auront quitté la station d’IA dans le courant de l’année 2019. Dans d’autres programmes d’élevage européens, la qualité de la viande joue un rôle moindre à inexistant. Pour les porcs Premo, les caractéristiques qualitatives de la viande comptent pour 36 % dans l’objectif d’élevage. De même, la sélection d’animaux résistants à E. coli F18 est en grande partie négligée dans d’autres programmes d’élevage.

Premo : le verrat suisse

Dans l’engraissement porcin, le Grand Porc Blanc paternel ( GPBP ) Premo est reconnu comme le verrat suisse offrant la meilleure qualité de viande. Les verrats Premo doivent leur succès à leur graisse de qualité exceptionnelle, leur part de graisse intramusculaire ( GIM ) et leur perte minime d’exsudat ( DL ). En plus de cela, tous les verrats d’IA Premo de pure race sont résistants au stress. Leur productivité se manifeste par des gains journaliers élevés ( GJ ), un indice de consommation bas ( IC ) et un très bon pourcentage de viande maigre ( PVM ). Le but est de réaliser une sélection autonome, sans importation de génétique étrangère, afin de réaliser des progrès zootechniques. De la sélection à la production, les verrats terminaux SUISAG sont évalués en détail. Ainsi, les verrats Premo doivent passer un test complet et intensif de descendance et de performance individuelle. Les verrats IA qui ont réussi l’« épreuve par le produit terminal » ( EPT ) sont vendus dans la classe génétique « Top ».

Lors des épreuves standardisées en station, les porcs d’engraissement issus de pères Premo affichent un très bon IC, une très grande qualité de viande et également un bon PVM.

Lors de l’épreuve sur le terrain, ils affichent des GJ élevés et un PVM optimal. Actuellement l’engraissement de porcelets issus de verrats Premo rapporte 3.50 francs, respectivement 1.20 francs de plus que l’engraissement de verrats Pietrain respectivement de verrats Duroc. Le PVM moyen se situe dans la catégorie des suppléments sur la grille des prix de Proviande. Une nouvelle augmentation du PVM n’est plus souhaitée ; celui-ci n’est donc plus pondéré dans l’objectif d’élevage Premo, afin de freiner cette hausse et de préserver le niveau actuel.

Collaboration avec SUISAG

Depuis de nombreuses années, Anicom SA et SUISAG ont conclu un accord sur l’achat ciblé de sperme à des producteurs. Le but est de produire des porcelets d’engraissement les plus homogènes possible et de qualité élevée, qui donneront les meilleurs résultats à l’abattage comme porcs de boucherie. Ces dernières années, les valeurs PVM des porcs abattus ont globalement augmenté. Le niveau optimal a été atteint et même légèrement dépassé. C’est pourquoi Anicom SA a décidé de mettre la priorité sur la croissance à partir du 1 er mars 2019. Elle souhaite ainsi atteindre des taux de croissance maximaux dans l’engraissement, tout en gardant un PVM optimal. Anicom est convaincue que cette utilisation ciblée de la génétique est la bonne voie à suivre pour l’avenir, car la génétique suisse permettra de couvrir idéalement les besoins des consommateurs.

Dans le cadre du programme de production porcine UFA 2000, Anicom collabore étroitement avec les techniciens d’élevage UFA. Ces techniciens suivent les exploitations d’élevage de noyau et de multiplication d’Anicom et qui sont responsables de la vente des animaux d’élevage. Vous trouverez d’autres informations sur le site Internet www.anicom.ch

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