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Production animale

Conseil ciblé avec le programme de santé

Le journal électronique des traitements et les données qui y sont enregistrées aident à déceler des consommations élevées d’antibiotiques et à solutionner les maux qui sont à la racine des problèmes. Un exemple pratique confirme l’utilité du journal électronique.

Dans le présent exemple, les porcelets subissaient un traitement antibiotique dès leur premier jour de vie. L’aide apportée par les vétérinaires du SSP...

Dans le présent exemple, les porcelets subissaient un traitement antibiotique dès leur premier jour de vie. L’aide apportée par les vétérinaires du SSP a permis d’identifier le problème et de cesser les traitements.

(Revue UFA)

Publié le

Actualisé le

Vétérinaire, SUISAG

Près d’une exploitation SSP sur trois participe déjà au programme de santé SuisSano. Ce programme a pour but d’optimiser l’usage des antibiotiques en production porcine dans notre pays et, dans la mesure du possible, d’en réduire l’utilisation. Pour aider les chefs d’exploitation à atteindre cet objectif, les vétérinaires du SSP et les vétérinaires sous contrat doivent impérativement avoir accès aux données de performance et au journal des traitements. La tenue du journal électronique des traitements (JET) et du journal des pertes est un élé-ment-clé pour conseiller les producteurs. Les principales données de performance et l’analyse de la consommation d’antibiotiques à l’échelle de l’exploitation font par ailleurs partie intégrante du JET et peuvent être téléchargées. Le chef d’exploitation et le SSP ont accès à ces données. Le chef d’exploitation peut par ailleurs en étendre l’accès à son vétérinaire et à l’entreprise qui commercialise ses animaux. Le vétérinaire autorisé à consulter les données peut également entrer des données dans le journal des traitements.

Un outil essentiel

En consultant les données fournies par le programme SuisSano, le vétérinaire peut suivre l’évolution des performances animales et de la consommation d’antibiotiques, ce qui lui permettra de cerner les points pouvant poser problème. La consommation d’antibiotiques est analysée selon la catégorie d’animaux au sein de l’index de traitement des animaux (ITA). A cette fin, plusieurs caractéristiques des antibiotiques utilisés sont prises en compte, tel le fait de savoir s’il s’agit d’antibiotiques de réserve ou le nombre de jours de traitement. L’index de traitement des animaux établi sur la base des données fournies par le JET permet de comparer les exploitations. Les ITA sont présentés sous forme graphique. Les utilisateurs voient ainsi quelles classes d’âge posent problème ou nécessitent plus de traitements médicamenteux. Les résultats s’affichent sur quatre trimestres, pour savoir l’impact de la saisonnalité et pour vérifier si la consommation d’antibiotiques diminue. Les résultats moyens de toutes les exploitations SuisSano sont présentés à titre de valeur de comparaison.

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On constate que chez les porcelets sous la mère, les valeurs ITA sont nettement supérieures à la moyenne des autres exploitations SuisSano. La vaccination spécifique au cheptel a débuté à partir du premier trimestre 2019 (T1 / 19), et le traitement prophylactique a été abandonné.

(SuisSano)
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L’analyse des pertes de porcelets démontre que l’abandon de la prophylaxie antibiotique à partir du 1er trimestre 2019 (T1 / 19) n’a pas eu de conséquences négatives.

(SuisSano)

Médicamentation ciblée

Lorsqu’une diminution massive de la consommation d’antibiotiques se solde par une forte détérioration des performances, force est de constater que l’objectif n’est pas atteint. Pour éviter que cela soit le cas, les performances animales font partie intégrante de l’analyse d’exploitation réa lisée dans le cadre des programmes de santé. Lors la préparation des visites des vétérinaires du SSP, qui ont lieu au moins une fois par an, les traitements sont également analysés de façon plus approfondie. Les producteurs sont alors rendus attentifs à des erreurs de dosage ou à des choix erronés de matières actives. On aide ainsi l’exploitation concernée à utiliser correctement les médicaments. 

Exemple pratique

Lors de la préparation d’une visite dans une exploitation performante comptant 92 truies et sevrant 30,3 porcelets par truie et par année, il est apparu que les quantités d’antibiotiques utilisées pour traiter les porcelets sous la mère étaient constamment supérieures à la moyenne des autres exploitations SuisSano. Pour déterminer les causes de cette consommation plus élevée d’antibiotiques, les traitements concernant la catégorie animale Porcelets sous la mère ont été filtrés dans le JET et présentés séparément dans un PDF. Il est apparu que tous les porcelets sous la mère ont bénéficié d’une injection d’antibiotique prophylactique au cours de leur premier jour de vie et que cette injection était le motif principal des index de traitement élevés. Lors de la visite du vétérinaire du SSP, le chef d’exploitation a été interrogé sur les motifs de cette stratégie de traitement. Celui-ci a expliqué que des diarrhées précoces causées par des colibacilles et des gonflements des articulations dus à des streptocoques étaient apparus il y a cinq ans. Suite à cela, un vaccin spécifique au cheptel avait été élaboré et avait donné d’excellents résultats pendant deux ans. Avec le temps, les problèmes de diarrhée précoce et d’altération des articulations se sont à nouveau multipliés, incitant le chef d’exploitation à traiter à titre prophylactique les portées des remontes dans un premier temps et celles des truies âgées dans un second temps.

Pourquoi la vaccination n’a-t-elle pas eu plus d’effet?

Les bactéries inactivées prélevées sur les animaux malades du cheptel sont un composant de base des vaccins spécifiques au cheptel. La composition de cette flore bactérienne évolue cependant au fil du temps. Les vaccins spécifiques au cheptel doivent donc être renouvelés, et ce d’autant plus lorsqu’ils deviennent moins efficaces. Pour diverses raisons, l’exploitation évoquée ci-dessus ne l’avait pas fait. Il a été possible de convaincre le chef d’exploitation que le vaccin spécifique au cheptel devait être renouvelé, sachant qu’une vaccination qui n’offre pas de protection n’est pas rentable. Pour renouveler le vaccin spécifique, il a fallu interrompre le traitement prophylactique de plusieurs portées, afin de disposer des bactéries pathogènes nécessaires à l’élaboration du vaccin spécifique.

Les recommandations concrètes font effet

Le renouvellement du vaccin a eu un effet réjouissant. Le traitement prophylactique des porcelets sous la mère a pu être abandonné sans problème, comme cinq ans auparavant.

Seules certaines portées de remontes ont été affectées, malgré la vaccination, par des problèmes de diarrhée précoce impliquant des traitements antibiotiques.

Le graphique de l’ITA (graphique 1) des porcelets sous la mère fait apparaître de manière très claire les conséquences positives du renouvellement des vaccins.

La consommation d’antibiotiques n’a pas été réduite à néant, ce qui n’est d’ailleurs pas non plus le but. Les animaux malades doivent être traités de manière ciblée. Contrairement à ce que craignait le chef d’exploitation, le nombre de porcelets sevrés par truie et par année n’a pas été influencé négativement par l’abandon du traitement prophylactique.

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