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Production animale

« Antibiotiques uniquement en cas de nécessité »

Le programme SuisSano de SUISAG doit permettre d’optimiser et de réduire l’utilisation des antibiotiques en production porcine. Nous avons interviewé l’agriculteur Lukas Bitschnau pour savoir ce qui l’a motivé à participer à ce programme.

Lukas Bitschnau

Lukas Bitschnau devant l’aire de promenade des truies taries.

(Kathrin Luther)

Publié le

Actualisé le

Responsable du marketing, Suisag

Le domaine de Lukas Bitschnau est situé dans le Toggenburg. Agriculteur diplômé, Lukas Bitschnau a effectué des études en agronomie à la HAFL après son apprentissage. Il a ensuite travaillé pour l’union des paysans du canton de Saint-Gall, avant de reprendre l’exploitation agricole familiale en 2014, en collaboration avec son épouse Isabell.

Outre la production porcine, l’exploitation agricole compte encore 32 ha de prairies, 11 ha de forêt, 100 arbres fruitiers haute-tige ainsi que 42 vaches laitières. Tous les veaux étant vendus à l’âge de trois à quatre semaines, il n’y pas de remonte sur l’exploitation, et les vaches sont achetées. Le lait est transformé en Appenzeller AOP dans la fromagerie locale.

Sur son domaine, Lukas Bitschnau élève plus de 35 truies achetées en tant que cochettes Primera. Les cochettes arrivent sur son exploitation six semaines avant la date d’insémination prévue. Elles ne sont donc pas inséminées dès qu’elles sont en chaleur après le transport, mais lorsqu’elles sont en chaleur pour la seconde fois. Les truies ont ainsi suffisamment de temps pour s’habituer à leur nouvel environnement avant d’être inséminées. L’éleveur a réalisé de bonnes expériences avec cette méthode et estime disposer de portées plus vives et plus belles. Tous les porcelets sont engraissés sur l’exploitation jusqu’à ce qu’ils soient prêts pour l’abattage.

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Utilisation d’antibiotiques pour la catégorie Porcelets sevrés. Outre l’évolution de l’index de traitement animal propre à l’exploitation, le trimestre actuel est comparé à la moyenne suisse (en bleu).

Depuis quand et pour quelles raisons votre exploitation est-elle membre du Service sanitaire porcin (SSP) ?

Lukas Bitschnau : Aussi loin que je me souvienne, notre exploitation familiale est membre du SSP. Mon père avait déjà bénéficié du conseil et de l’appui du SSP et je souhaite continuer à en bénéficier. Nous voulons et nous devons tout faire pour que nos animaux soient en bonne santé et qu’ils permettent une production rentable. Pour cela, nous devrions aussi accepter de nous faire aider par des personnes externes. En raison de mon activité auprès de l’union des paysans du canton de Saint-Gall, je suis habitué à poursuivre un objectif en faveur de la communauté et à y œuvrer. J’ai ainsi pris conscience qu’une grande somme de travail est accomplie en faveur des agriculteurs et de leurs animaux.

En quoi le programme SuisSano est-il important pour votre exploitation et pour la production porcine en Suisse ?

L. Bitschnau : Je souhaite que mes porcs soient en bonne santé. En plus de cela, je veux réduire la consommation d’antibiotiques au strict minimum et ne pas les utiliser systématiquement ou à titre préventif. Pour les producteurs, le bien-être animal est une priorité absolue, car il s’agit d’une marque de respect envers l’animal. A mes yeux, le respect des animaux implique aussi de soigner les animaux malades de manière ciblée, en recourant aux antibiotiques si nécessaire. Il s’agit aussi de documenter ces traitements dans le journal électronique des traitements (JET). Je ne peux pas envisager de ne pas traiter des animaux malades pour éviter tout recours aux antibiotiques. En conclusion, j’estime qu’il ne faut procéder à un traitement qu’en cas de réelle nécessité et en se faisant conseiller par le SSP à cette occasion.

Où voyez-vous les avantages de la participation au programme ?

L. Bitschnau : Ce que j’apprécie particulièrement dans le programme SuisSano, c’est qu’il émane et qu’il a été lancé par la branche et non par des organismes étatiques. Les éleveurs porcins jouent ainsi un rôle précurseur par rapport à leurs collègues qui élèvent d’autres espèces animales. Il s’agit aussi d’un atout que nous pouvons communiquer clairement aux consommateurs : les éleveurs porcins utilisent moins d’antibiotiques, sans que les animaux en souffrent pour autant. Pour atteindre cet objectif, nous nous faisons conseiller par le SSP, qui est un organisme indépendant. A cet effet, nous enregistrons tous les traitements que nous effectuons dans une banque de données centrale. 

Les visites de mon conseiller SuisSano, en l’occurrence Jürg Reichert, font partie intégrante du programme. Il s’annonce chez moi et peut déjà s’informer au préalable, via le JET, des traitements effectués, des motifs qui y ont conduit et des animaux concernés. Lors de sa visite, il aborde ces points de manière ciblée et me donne des conseils. Il fait également un tour dans l’exploitation pour pouvoir évaluer la situation actuelle des animaux. Les conseils du SSP me permettent de rester critique sur ce que je fais. Jürg Reichert se rend dans de nombreuses exploitations, ce qui lui permet de donner des conseils et des recommandations qui ont déjà fait leurs preuves ailleurs. Lorsque j’effectue des changements, nous contrôlons ultérieurement si les mesures adoptées ont été couronnées de succès et procédons à des ajustements. L’analyse du JET est un outil important pour y parvenir. Nous pouvons vérifier plus précisément et dans les faits (traitements effectifs) si la situation s’est améliorée ou si elle a empiré. Je peux aussi voir où je me situe par rapport à mes collègues (voir graphique).Je suis ainsi plus sûr de mes résultats.

A quels défis avez-vous été confronté ? Avez-vous adapté les processus ?

L. Bitschnau :La saisie des traitements dans le JET a pris beaucoup de temps, comme c’est le cas pour toute nouveauté, et il a fallu s’y habituer. Mais c’est désormais le cas. La création de « favoris » au sein du JET a contribué à simplifier la saisie des données lors des traitements de routine. Au début, la création des favoris m’a pris du temps. J’ai aussi essayé l’application mais de manière générale, je n’aime pas trop introduire des données via mon smartphone. Je préfère introduire les données régulièrement et immédiatement après le traitement dans mon PC. Je trouve l’introduction répétée des traitements de routine (castration, distribution de fer, vaccinations) un peu fastidieuse. Je suis toutefois conscient que la Confédération n’accepte l’enregistrement des données via le journal électronique des traitements qu’à condition que tous les traitements y soient dûment enregistrés et que tous les traitements de routine en fassent partie. J’apprécierais néanmoins que ces traitements puissent être enregistrés encore plus simplement et plus rapidement dans le JET. 

Messages principaux de Lukas Bitschnau

Je ne peux que recommander la participation au programme Santé SuisSano. Les principaux avantages cités dans l’interview sont résumés ci-dessous :

  • Cela devient obligatoire, tout le monde devra le faire. Par conséquent, profitez des montants financiers à disposition tant qu’il y en a.
  • Les visites effectuées par les conseillers permettent de conserver un œil critique sur ce que l’on fait. En cas de questions, vous bénéficierez d’un soutien compétent.
  • C’est un avantage pour les détenteurs de porcs, car nous réduisons de manière ciblée les quantités d’antibiotiques utilisées sans que les animaux en souffrent pour autant. Nous nous engageons ainsi pour que les porcs soient en bonne santé et prenons au sérieux les préoccupations de la population (résistance aux antibiotiques).
  • En comparaison internationale, nous avons déjà fait énormément pour le bien-être animal des porcs en construisant des porcheries qui respectent les besoins des animaux et en adoptant des mesures pour la castration, etc. Dans le domaine du bien-être animal, nous sommes à l’avant-garde de ce qui se fait. Avec SuisSano, nous cherchons aussi à prendre de l’avance dans les domaines de la réduction de la consommation d’antibiotiques, de la documentation des traitements et de l’état de santé général des porcs.
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