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Production animale

3 questions à Balz Strasser et Rolf Bernhard

La revue UFA a posé trois questions sur le marché bio à Balz Strasser et à Rolf Bernhard, co-directeurs de Bio Suisse.

3 questions à Balz Strasser et Rolf Bernhard
(Bio Suisse)

Publié le

Rédactrice, Revue UFA

Quelles sont les dernières évolutions sur le marché du bio et les futures tendances dans la branche ?

Ces dernières années, le marché du bio a connu une hausse constante et sa part de marché est aujourd’hui de 12,3 %. Après des années record avec une croissance de plus de 20 % pendant la pandémie de coronavirus, la vente d’aliments bio s’est stabilisée à un haut niveau et s’élevait à 4,148 milliards de francs en 2024. Bio Suisse a bon espoir que le marché du bio poursuive sa croissance malgré une sensibilité aux prix accrue, car de plus en plus de gens s’alimentent plus sainement et la population suisse augmente. Il y a une tendance aux aliments transformés, parmi lesquels le bio est aussi en forte hausse. Manifestement, les aliments bio transformés sans additifs ni arômes ni colorants sont toujours plus prisés par les consommateurs·trices.

Pour l’avenir de l’agriculture bio, il est primordial que les prix à la production soient justes. Comment les garantir à long terme et renforcer la création de valeur dans les exploitations ?

Les directives de Bio Suisse fixent le principe de prix à la production justes et la priorité à la production et à la transformation suisses. Chaque jour, nous nous demandons comment positionner encore mieux les produits Bourgeon Suisse. Biofarm nous en donne un bel exemple avec l’avoine alimentaire bio, dont nous avons pu développer la culture locale et remplacer les importations par une production indigène. Nous avons toutefois d’abord dû convaincre nos partenaires commerciaux d’acheter plus d’avoine suisse. D’autres cultures évoluent actuellement dans ce sens, comme le tournesol pour la production d’huile. Sur un marché plus exigeant, l’une de nos principales missions vise à attirer l’attention sur la valeur ajoutée de la production suisse et à communiquer efficacement à ce sujet.

« Les directives de Bio Suisse fixent le principe de prix à la production justes. »Balz Strasser et Rolf Bernhard Co-directeurs, Bio Suisse

La demande en produits bio est en léger recul sur certains marchés. Comment réagissez-vous face à cette évolution et quelles mesures sont prévues ?

La population étant de plus en plus sensible aux prix, il est d’autant plus important de communiquer encore mieux la valeur ajoutée du bio. La production bio suisse n’entraîne pas ou seulement peu de coûts externes et apporte beaucoup à la nature, la biodiversité, le climat et la protection des ressources. Or, encore trop peu de gens en ont conscience. Nous voulons aussi commercialiser les produits bio suisses sur d’autres canaux. Des sites privilégiés, comme les gares et les aéroports, sont particulièrement intéressants. Puisque, comme le dit l’Office fédéral de l’agriculture, le panier bio suisse pour une famille de quatre personnes ne coûte que 65 à 70 francs de plus par mois qu’un panier non bio, il ne s’agit pas d’un segment haut de gamme. Le bio doit être accessible à tous.

Entretien : Nicole Matt

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