La commercialisation des produits des grandes cultures devient plus ardue, car la demande évolue et les exigences en matière de qualité augmentent. Aujourd’hui, il ne s’agit plus seulement de choisir les bonnes cultures, mais aussi de répondre à des qualités clairement définies et de mettre en place une production adaptée aux besoins du marché. L’adéquation au marché doit être mise en perspective avec les conditions de l’exploitation : le site, le climat et la rotation des cultures définissent sur ce plan à la fois des contraintes et des opportunités. En conséquence, les recommandations varient selon les régions. Les LANDI régionales jouent un rôle important en matière de conseil : elles transmettent les signaux du marché sur le terrain, formulent des recommandations et soutiennent de manière ciblée les producteurs·trices. Celles et ceux qui recherchent le dialogue suffisamment tôt peuvent optimiser leur rotation des cultures et poser les bases d’une commercialisation réussie.
Pour les oléagineux SGA, la demande dépasse actuellement nettement l’offre.
Où se situent les opportunités de culture
La situation du marché évolue différemment selon les cultures, ouvrant de nouvelles perspectives. Pour les oléagineux Suisse Garantie (SGA), la demande dépasse actuellement clairement l’offre. Le colza et le tournesol en particulier offrent des débouchés attrayants à des prix à la production stables. Là où la rotation et le site le permettent, une extension vaut la peine. Une planification précoce ainsi qu’un choix variétal et une commercialisation coordonnés permettent de réduire nettement les risques. Dans les céréales panifiables, l’importance accordée à la qualité se renforce. Le nouveau système de paiement à la protéine pour la récolte 2026 fixe des exigences claires : au moins 12 % de protéines en classe Top et 11 % en classes I et II. Une bonne adéquation entre site, variété et fertilisation apporte ici des avantages évidents. Pour le blé panifiable, il existe toujours un déséquilibre entre les classes, avec une part trop élevée de blé Top par rapport aux classes I et II. Avec près de 75 %, la proportion de blé Top est trop importante, rendant sa commercialisation plus difficile. Il subsiste donc un potentiel inexploité dans la classe I. Il en va de même pour le blé fourrager, qui demeure recherché. En revanche, la demande pour les céréales fourragères est stable : l’industrie des aliments composés sollicite en continu du blé fourrager, par exemple des variétés Poncione ou Campesino. Quant au maïs grain et à l’avoine fourragère, ils se maintiennent également à un bon niveau de demande. Parallèlement, les cultures protéagineuses gagnent en importance, tant pour la rotation que pour le marché. Quant aux cultures spéciales comme le blé Biscuit, le seigle ou l’épeautre, elles restent également demandées dans le cadre de contrats de production. Là aussi, une coordination soigneuse est essentielle.
En culture bio, la priorité va à la qualité
En Suisse, la surface de grandes cultures bio se maintient à un niveau stable et continue même de croître. La récolte 2025 est très satisfaisante tant en quantité qu’en qualité. En revanche, la demande du commerce de détail pour les grandes cultures bio suisses évolue de manière plutôt modérée. Pour la planification de la campagne 2027, le constat est donc clair : la qualité prime sur la quantité. Le blé panifiable bio reste la culture principale. Le système de paiement à la protéine en vigueur depuis la récolte 2025 renforce encore cet accent sur la qualité. Des teneurs minimales en protéines dès 11 % ainsi que des primes attractives pour des valeurs supérieures rendent une stratégie de gestion rigoureuse de la qualité encore plus intéressante. Le choix variétal approprié est ici déterminant. D’autres cultures offrent également des possibilités : l’épeautre bio convient particulièrement aux sites moins adaptés au blé classique. S’agissant du seigle bio, la faible part indigène actuelle laisse une marge pour une extension prudente. Des adaptations concernent le blé panifiable de reconversion : la variété Rosatch n’est plus prise en charge. Restent recommandées notamment Wiwa, Prim, Tengri, Diavel, Bodeli, Piz Nair et Runal. Il est important de se coordonner tôt avec l’acheteur, c’est-à-dire avant le semis. De nouvelles perspectives s’ouvrent également pour l’avoine alimentaire bio : la demande pour la marchandise suisse repart à la hausse, sachant que les exigences de qualité restent élevées. Des peuplements propres, peu d’impuretés et une régulation adaptée des adventices sont essentiels ; dans la pratique, c’est l’avoine d’automne bio qui donne les meilleurs résultats. La demande pour les céréales fourragères bio et les légumineuses à graines bio reste également stable. Sont particulièrement recherchés le soja fourrager bio ainsi que les féveroles bio à faible teneur en vicine et convicine. Les cultures associées comme orgepois combinent avantages agronomiques et bonnes perspectives de débouchés.
La planification, facteur de succès
Un choix ciblé des cultures, tenant compte des débouchés, offre de bonnes perspectives de commercialisation et évite des coûts élevés liés à l’écoulement des excédents, sachant que ceux-ci se font au détriment de la production primaire.







