La production fourragère des prairies temporaires revêt une grande importance et jouit d’une tradition de longue date dans l’agriculture suisse. L’Association pour le développement de la culture fourragère (ADCF) y contribue de manière déterminante.
Débuts de cette production en Suisse
Depuis l’introduction des cultures de graminées et de trèfles au XVIII e siècle, les prairies temporaires ont été sans cesse améliorées, notamment grâce au choix ciblé des plantes fourragères et au contrôle des semences instauré en 1878. Cependant, lorsque la Confédération a concentré ses efforts de recherche sur les grandes cultures après la Première Guerre mondiale, les progrès dans le domaine des cultures fourragères ont quasiment cessés. C’est dans ce contexte que l’ADCF a été fondée à Berne en 1934. Hier comme aujourd’hui, elle encourage la collaboration entre les acteurs·trices de la recherche et de la vulgarisation ainsi que les praticiennes et praticiens. Son objectif premier est de produire des fourrages de haute qualité, en quantité suffisante, grâce à une gestion adaptée au site et respectueuse de l’environnement. Il s’agit de faire en sorte que la production animale soit assurée avec une part aussi élevée que possible d’aliments fourragers produits par les exploitations elles-mêmes. La plupart des 2100 membres actuels de l’ADCF sont des agriculteurs·trices en activité qui bénéficient d’informations spécialisées, complètes et régulièrement mises à jour, fournies par l’ADCF. L’adhésion est toutefois ouverte à toutes les personnes et organisations intéressées.
Le système des mélanges standard
Le programme d’autosuffisance (Plan Wahlen), mis en place lors de la Seconde Guerre mondiale, a entraîné le labour de nombreuses prairies naturelles. Le fourrage manquant devait ainsi être produit sur des prairies temporaires. En peu de temps, une offre incalculable de mélanges fourragers provenant de divers fournisseurs a envahi le marché, mais ceux-ci ne répondaient guère aux exigences. L’ADCF a donc entamé des recherches approfondies sur ce sujet et émis des recommandations pour la composition des mélanges de semences destinés à la production fourragère. Sur cette base, les mélanges standard ont été publiés pour la première fois en 1955 par les Stations fédérales de recherches agronomiques d’Oerlikon et de Lausanne – aujourd’hui « Agroscope ». Grâce à un code à trois chiffres, toujours valable actuellement, il a été possible de créer un système structuré et facile à comprendre. Depuis lors, les mélanges standard pour la production fourragère sont révisés à intervalles réguliers et adaptés aux dernières découvertes scientifiques et aux besoins du moment.
Label de qualité ADCF
Décerné depuis 1974, le label de qualité ADCF garantit une composition de mélanges élaborée scientifiquement et testée dans la pratique par Agroscope ainsi que l’utilisation de variétés recommandées et de semences de qualité supérieure à la moyenne selon la célèbre norme « VESKOF » (ancienne désignation de Swiss-seed). Des contrôles indépendants garantissent le respect de ces exigences.
Variétés recommandées
La liste des variétés recommandées de plantes fourragères constitue une base importante pour assurer une production fourragère suisse de qualité supérieure : seules les meilleures variétés issues des essais comparatifs menés par Agroscope dans toute la Suisse figurent sur cette liste.
Les différentes entreprises semencières complètent souvent leur gamme de mélanges avec leurs propres développements, appelés « mélanges maison ». Ces derniers peuvent obtenir le label de qualité ADCF s’ils sont proches de la composition d’un mélange standard. Semences UFA utilise ainsi uniquement des variétés recommandées ainsi que des semences conformes à la norme VESKOF mentionnée précédemment dans ces mélanges ainsi que dans tous les autres mélanges maison.
Personne n’aurait présagé que, lors du développement du système de mélanges standard et lors de la création du label de qualité ADCF, ces mélanges joueraient encore un rôle majeur dans le succès de la production fourragère suisse, avec une reconaissance désormais internationale.
« Adapter en permanence les mélanges aux besoins de la pratique »
Depuis quand les mélanges maison sont-ils aussi testés ?
Bien que cela ait été prévu depuis longtemps, ce n’est le cas que depuis 2022. Auparavant, les mélanges maison pouvaient obtenir le label de qualité sur demande, s’ils s’écartaient d’un mélange standard de moins de 10 % en termes de densité de semis de chaque composante du mélange et s’ils répondaient aux autres critères relatifs à l’utilisation de variétés recommandées et au respect de la norme VES-KOF. L’octroi était alors une procédure purement administrative.
Comment les mélanges maison sont-ils testés et quels critères doivent-ils remplir pour obtenir le label de qualité ADCF ?
Les mélanges sont cultivés pendant plusieurs années en petites parcelles situées sur plusieurs sites différents et comparés à des mélanges standard similaires pour les paramètres suivants : rendement en matière sèche, digestibilité, rapport graminées / trèfles, qualité du peuplement, densité du couvert végétal (présence de trous), présence d’adventices et persistance. Une recette de mélange maison remplit les conditions pour obtenir le label de qualité si ses performances atteignent le niveau des mélanges standard cultivés conjointement.
Quels sont les axes de recherche actuels dans le domaine des mélanges standard ?
Les priorités actuelles visent à perfectionner la gamme de mélanges, tant pour renforcer leur tolérance aux conditions de culture extrêmes ou fluctuantes que pour répondre aux besoins en constante évolution des actrices et acteurs du terrain.







