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Technique agricole

Bêcher plutôt que labourer ?

Peu visibles dans nos campagnes, les bêcheuses ont des atouts non négligeables par rapport aux traditionnelles charrues. Sont-elles adaptées à toutes les situations ou sont-elles plutôt complémentaires à d’autres machines ?

Publié le

Collaborateur scientifique, Grangeneuve

 

En bref

– La bêcheuse nécessite moins de puissance que la charrue.

– La bêcheuse est avantageuse dans les sols lourds, durs ou humides.

– La charrue est plus polyvalente et flexible.

Lorsque l’on parle de bêcheuse, il faut déjà distinguer deux types de machines : les bêches rotatives et les bêches à vilebrequin. Pour la

première, il s’agit de bêches montées sur un axe rotatif ; son fonctionnement est relativement similaire à une fraise, mais avec des bêches montées en lieu et place des lames. Pour la deuxième, le fonctionnement est un peu plus complexe, des bêches (entre 4 - 5 par mètre linéaire) sont actionnées par un système mécanique composé d’un vilebrequin et de bielles.

Une technique différente

A l’inverse de la charrue, ces machines sont actionnées par la prise de force. Pour la première, le mouvement rotatif de ses bêches va permettre un bon mélange de résidus végétaux avec les mottes de terre. Pour la bêche à vilebrequin, les bêches descendent dans le sol et découpent des tranches de sol qui sont projetées vers l’arrière contre un dispositif qui permet de les fragmenter en plus petit agrégats. Le travail effectué est assez similaire à celui réalisé à la main avec une bêche au jardin.

Pour les deux machines, différents systèmes peuvent être montés à l’arrière afin d’affiner la préparation du sol et niveler le terrain. La fixation d’un attelage et d’un semoir permet le semis en un seul passage.

Retour d’expérience pratique

Simon Baechler de Vallon s’est tourné vers une bêcheuse à vilebrequin Celli dans l’objectif de garder la matière organique dans l’horizon supérieur du sol et chambouler le moins possible cette première couche. Au départ utilisée en préparation du sol avant pommes de terre, il l’utilise maintenant dans presque toutes ses préparations de sol. Comme la bêcheuse nécessite une vitesse de travail faible, il a opté pour une machine de 3,5 mètres de large, afin d’augmenter le débit de chantier. En effet, pour assurer une préparation du sol de qualité, il travaille à une vitesse comprise entre 1,5 et 1,9 km / h. En augmentant la vitesse, les bêches découpent des sections de sol plus grosses ce qui péjore le résultat.

Simon Baechler soulève que ce type de machine n’aime pas les grosses pierres. Quant à l’entretien, il a opté pour un système de lubrification à bain d’huile, ce qui permet d’éviter des graissages fréquents. Il doit néanmoins compter avec des frais de maintenance.

Rotobêches et charrues

Le constat est relativement clair : les rotobêches ne sont pas très courantes dans nos campagnes ; à l’inverse, les charrues le sont beaucoup plus. Les bêches rotatives ont pourtant certains atouts pour elles. En effet, dans des conditions de sols difficiles, sol lourd et humide, elles s’en sortent mieux qu’une charrue. Contrairement à cette dernière, elles ne forment pas de semelle de labour, permettant une meilleure infiltration de l’eau dans le sol et favorisant les échanges gazeux. De plus, les résidus de récolte sont plutôt mélangés dans la couche du sol travaillé, alors que la charrue les enfouis au fond du sillon ; cet aspect positif assure une dégradation plus rapide des résidus. En revanche l’effet de nettoyage d’un labour, intéressant pour des cultures sans herbicides, ne sera pas le même. Des graines et des végétaux resteront exposés à la lumière et pourront repartir de plus belle.

Moins de puissance nécessaire

Du côté du tracteur, des différences notoires sont aussi à relever. Ainsi, pour une même largeur de travail, le besoin en puissance est plus faible sur une bêcheuse. On peut compter avec environ 30 % de puissance en moins pour le travail avec la bêcheuse et par conséquent, une consommation en carburant plus faible.

Cette différence vient du fait que l’utilisation d’une bêcheuse demande de la puissance à la prise de force et non sur les roues du tracteur, comme c’est le cas pour la charrue. Par conséquent, l’efficience énergétique du travail à la bêcheuse est meilleure. Le besoin en force pour tracter une bêcheuse est très faible, puisque les mouvements rotatifs de la machine ont même tendance à pousser le tracteur dans le sens de la marche. Ce phénomène est d’ailleurs plus marqué dans un sol lourd.

Des avantages dans les sols lourds

La bêcheuse n’a pas tous les atouts nécessaires pour détrôner la traditionnelle charrue. Cependant, elle sait se différencier et proposer des avantages dans certaines conditions particulières comme les terrains plutôt lourds, durs ou trop humide.

Elle offre certains avantages au niveau de la structure du sol et sur l’incorporation de la matière organique. C’est peut-être plus sur ses capacités de travail horaire que ces machines peinent à se faire une place au soleil. En effet, pour atteindre un débit de chantier similaire à une charrue, il faut travailler avec des machines relativement larges et par conséquent plus lourdes.

Plus que la technique, c’est surtout le type de sol et les conditions de travail qui vont orienter le choix des agriculteurs·trices vers ce type de machines. En fonction de l’hétérogénéité des terres d’une exploitation, il peut s’avérer judicieux d’avoir accès à une machine de ce type. Même si certains de ses atouts sont plutôt accrocheurs, la bêcheuse reste une machine moins polyvalente que la charrue et il revient à l’agriculteur·trice de faire son choix. 

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