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Gestion

La collaboration, une source d’opportunités

Les familles paysannes gèrent des entreprises familiales. En comparaison avec d’autres branches d’activité, la charge de travail y est souvent élevée. Un meilleur équilibre de vie, une plus grande sécurité économique et la rationalisation des processus de travail incitent souvent les exploitations agricoles ou des partenaires à collaborer.

Depuis plus de 30 ans, Christian Burri (à gauche) et son frère Johannes exploitent le domaine parental situé à proximité d’Uzwil (SG) en collaboration a...

Depuis plus de 30 ans, Christian Burri (à gauche) et son frère Johannes exploitent le domaine parental situé à proximité d’Uzwil (SG) en collaboration avec leurs épouses Claudia (à gauche) et Marlies. Sur leurs huit enfants, six pourraient envisager de reprendre un jour le domaine.

(Photo: màd)

Publié le

On parle déjà de collaboration interentreprise lorsque deux exploitations s’entraident en période de pic ou qu’elles achètent et utilisent des installations ou des machines en commun. Selon les chiffres de l’Office fédéral de l’agriculture, en 2018, près de 1,5 % des exploitations agricoles suisses étaient organisées sous forme de communautés d’exploitation. Les communautés intergénérationnelles ou entre frères / sœurs en font partie. Cette forme de collaboration plus étroite a généralement pour but d’optimiser les investissements et de les répartir entre les partenaires. Ces derniers ont plus de chances de pratiquer une activité annexe ou de créer une branche d’activité supplémentaire, comme le montre l’exemple des Burri (lire l’interview).

Les investissements communs dans des biens fonciers ou une branche d’exploitation sont réalisés pour plusieurs décennies. Il est d’autant plus important d’opter pour une forme juridique appropriée. Les possibilités sont multiples et dépendent du montant des investissements et de l’intensité de la collaboration. Un nouveau site Internet d’Agridea présente les potentiels liés à la collaboration. Il décrit en détail onze formes de collaboration et établit, à l’aide d’interviews vidéo et d’exemples de collaborations réussies, le lien avec la pratique (voir encadré)

Prestation Internet et collaboration interentreprise

En collaboration avec d’autres partenaires, Agridea a développé une nouvelle prestation Internet pour la collaboration interentreprise. Elle lie la théorie et la pratique et présente toutes les alternatives. Les onze formes principales de collaboration sont décrites en détail et illustrées graphiquement. Dans des vidéos, des agricultrices et des agriculteurs expliquent ce qui les a motivés à collaborer et présentent leurs expériences en matière de collaboration interentreprise. Ce site mentionne aussi un grand nombre d’adresses pour bénéficier de conseils.

www.agripedia.ch -> zusammenarbeit/fr/

Interview

Les frères Johannes et Christian Burri ont repris le domaine de leurs parents en 1988 et le gèrent depuis sous la forme d’une communauté d’exploitation familiale. Les deux familles tirent un bilan positif. Si c’était à refaire, les frères Burri feraient néanmoins certaines choses différemment.

Revue UFA :En général, c’est le frère aîné qui reprend la ferme. Pourquoi avoir fait différemment ?

Christian Burri :J’ai vu mes parents travailler nuit et jour. Comme j’ai toujours eu pas mal d’idées en tête, je me disais : « J’aimerais bien devenir paysan. Le problème, c’est que je n’aurai alors plus le temps de faire autre chose. »

Johannes Burri :Entre frères nous nous sommes toujours dit : quand nous gérerons le domaine, il faut que nous ayons une meilleure qualité de vie et que nous puissions faire autre chose en parallèle.

Une communauté implique un degré de collaboration élevé. Est-ce que cela n’a pas posé problème avec votre côté « plein d’idées » que vous avez évoqué précédemment ?

Chr. Burri :Je n’ai qu’une faible différence d’âge avec mon frère et nous avons déjà vécu beaucoup de choses en commun. C’est déjà une bonne base. Lorsque nous planifions quelque chose tous les deux, nous n’avons pratiquement pas besoin d’en parler, aujourd’hui encore.

J. Burri :Effectivement, nous pratiquons une forme de communication très efficace. Il ne faut pas grandchose pour que l’un d’entre nous sache ce que l’autre veut.

Avec 18 ha, les perspectives étaient pourtant plutôt moroses…

Chr. Burri :Le domaine n’aurait pas permis de faire vivre deux familles. Nous avons donc dû trouver une production de niche. A l’époque, les semences de fleurs sauvages avaient le vent en poupe. Nous avons bénéficié d’une tendance positive. Johannes s’est chargé des plantes et des ventes et je me suis occupé du reste.

J. Burri :Lors de la reprise, nous avons convenu que chaque travail serait rémunéré de la même manière. Par conséquent, le salaire que je perçois chez Semences UFA est versé sur le compte de l’exploitation.

Un tel projet ne peut pas aboutir sans le soutien des conjointes. Comment avez-vous soutenu ce projet ?

Marlies Burri :Comme ma bellesœur, Claudia, j’ai suivi une formation de maîtresse d’école. Lorsque nous avons déménagé sur le domaine, Johannes m’a dit : « Et pourquoi n’ar-rêterais-tu pas ton travail pour te lancer dans les fleurs sauvages ? » J’ai alors commencé à me lancer à petite échelle dans cette production, avec ma belle-mère. Le succès n’a pas toujours été au rendez-vous et nous étions heureux que la paye du lait soit versée régulièrement.

Claudia Burri :Je suis arrivée plus tard et me suis chargée du reste. Comme ma profession me manquait parfois, j’ai été heureuse de recommencer mon métier de maîtresse d’école enfantine. Je trouve que cela m’apporte un bon équilibre.

M. Burri :Je donne encore des cours de flûte. Me plonger dans un contexte totalement différent et faire quelque chose uniquement pour moi me fait énormément de bien.

On ressent un peu de nostalgie. Est-ce que vous procéderiez à nouveau de la même façon ?

Cl. Burri :La communauté d’exploitation présente de nombreux avantages. Nous avons pu nous remplacer mutuellement pour garder les enfants et sortir le soir ou partir en vacances. Pour nos enfants aussi, cela a été bénéfique.

J. Burri :Lors de la création de la communauté, très peu de choses ont été convenues par contrat. Nous avons financé la reprise exactement à hauteur de 50 % chacun. Nous avons eu de la chance que tout ait bien fonctionné, entre frères, avec nos parents, nos connaissances, nos épouses…

M. Burri :En tant que femmes, il faut quand même avouer que cela a été plus difficile que pour deux frères. Vous vous connaissez depuis votre naissance…

Cl. Burri :Aujourd’hui, nous ferions peut-être certaines choses différemment. Nous nous ferions engager en tant que salariées et verser un salaire. En revanche, nous avons la chance de faire un travail qui a du sens, nous sommes dans la nature et nous habitons un bel endroit.

Portrait d’exploitation

Familles Johannes et Christian Burri, 9525 Lenggenwil (SG)

  • Surface agricole utile : 18 ha, dont 8 ha de terres cultivables et 10 ha de prairies naturelles
  • Arbres haute-tige : 125
  • Bétail laitier : 16 vaches et la remonte / droit de livraison : 85 000 kg de lait
  • Autres animaux : 6 poules et 2 porcs
  • Branches d’exploitation principales : production de fleurs sauvages, travail pour des exploitations de multiplication de fleurs sauvages, production laitière

www.wildblumenburri.ch

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