La voie de Lukas Jäggi dans l’agriculture s’est dessinée très tôt. Il a grandi dans la ferme familiale et, enfant, accompagnait souvent son père dans ses déplacements. « J’ai toujours aimé ça. Petit à petit, j’ai appris le travail », explique aujourd’hui le jeune homme de 28 ans.
Sa 1 re formation professionnelle ne l’a toutefois pas mené directement à l’étable. Il a en effet commencé par apprendre le métier d’électricien. « C’était la meilleure chose à faire », dit-il aujourd’hui. Pour lui, cette formation est source de sécurité et lui donne une 2 e corde à son arc. Grâce à ce bagage technique, il peut réaliser lui-même de nombreux travaux à la ferme.
Ferme reprise plus tôt que prévu
Lukas Jäggi savait qu’il reprendrait un jour la ferme, mais pas aussi tôt. Après sa 2 e formation d’agriculteur, il a d’abord visé le diplôme fédéral. Il a cependant repris l’exploitation d’Etziken (SO) quand son père est tombé malade, au début de 2024, soit six mois seulement après avoir obtenu son CFC. Son père est décédé peu après. « Tout est allé très vite », dit-il. Encore en formation, il est plongé dans le vif du sujet.
Lukas Jäggi, Chef d’exploitation 4554 Etziken (SO)
« La formation continue m’offre le bagage nécessaire pour chiffrer sérieusement un projet avant de me lancer. »
Reprise de la ferme en 2024 | SAU 29 ha | Grandes cultures : pommes de terre, carottes, oignons (Inoverde), petits pois en conserve (frigemo) | 22 vaches à l’engrais, 5 taurillons à l’engrais | Production avicole à venir
Il décide cependant d’intégrer l’école de chefs d’exploitation. Il prévoit d’obtenir le diplôme fédéral l’été prochain. Dès son année de formation CFC, il réalise que son bagage est insuffisant pour diriger sa propre exploitation, notamment pour ce qui est de la comptabilité. « Nous avons étudié la comptabilité agricole en surface seulement, et j’ai compris que cela ne suffirait pas », indique-t-il.
Gestion d’entreprise
Cela fait longtemps que l’agriculture ne se limite plus au travail à l’étable et dans les champs. « A l’heure actuelle, gérer une exploitation implique de composer avec tout un appareil bureaucratique : comptabilité, investissements, projets de construction, directives », explique Lukas Jäggi.
« Il ne suffit pas de comparer le bénéfice de l’exercice et l’état du compte. »
Il est donc important de maîtriser les chiffres. « Il ne suffit pas de comparer le bénéfice de l’exercice avec l’état du compte, et de considérer que l’affaire est réglée si les chiffres correspondent à peu près. »
Lukas Jäggi veut s’appuyer sur cette vision pour développer l’exploitation. Dans sa ferme dédiée aux grandes cultures et à l’engraissement de bovins, il prévoit de garder 16 500 poulets de chair. L’idée lui est venue lorsqu’il travaillait avec son père, ayant étudié avec lui plusieurs installations. Après avoir repris la ferme, Lukas Jäggi en a fait un projet concret. A l’école de chefs d’exploitation, il a suivi le module « Production de viande de volaille BF12 », à l’Aviforum de Zollikofen. « Cette formation m’a permis de ne pas partir de zéro », dit-il. Il travaille sur les plans depuis trois ans, mais la construction ne débutera pas avant au moins un an.
Appuyer les décisions sur des chiffres
Sa formation l’aide aussi à prendre les décisions de gestion dans d’autres domaines. Il confie ainsi la récolte de pommes de terre à une entreprise de travaux agricoles qui utilise une arracheuse à 2 rangs. Cela prend environ 10 heures pour 2 hectares avec cette machine. « Si je le faisais moi-même, cela m’occuperait pendant environ 4 semaines », estime Lukas Jäggi.
Examen professionnel fédéral supérieur
L’ECE transmet des connaissances en économie d’entreprise et en agronomie nécessaires à la direction d’une ex ploitation agricole et mène, selon le diplôme obtenu, à l’examen professionnel ou à l’examen professionnel fédéral supérieur. Modulable, la formation se déroule en général parallèlement à l’activité professionnelle dans les centres régionaux de l’école de chefs d’exploitation, répartis dans toute la Suisse. www.agri-job.ch
En plus du prix, les avantages à la clé comptent. Le chiffrage de projets de construction l’a particulièrement aidé pour planifier sa halle avicole. Dans le plan d’affaires établi dans le cadre de l’examen professionnel fédéral supérieur, il a aussi étudié d’autres scénarios pour l’avenir de l’exploitation. « Je dispose aujourd’hui du bagage nécessaire pour chiffrer sérieusement un projet avant d’y consacrer de l’argent et du travail », explique-t-il.
Formation continue en temps utile
La 1 re année après la reprise a été très difficile. « J’avais toujours quelque chose à faire et pas le temps de réfléchir », explique Lukas Jäggi. C’est peut-être cela qui l’a aidé. Il a bénéficié du soutien de ses collègues et de son frère. Avec le recul, il estime que l’idéal aurait été de suivre la formation continue avant de reprendre l’exploitation, mais il n’en a pas eu le loisir. Cependant, il ne voulait pas y renoncer, craignant de perdre le fil ou la motivation nécessaire en la reportant.
Au-delà des acquis techniques, une formation élargit le réseau. Elle permet de rencontrer de nouvelles personnes, partager les expériences ou obtenir des conseils spécifiques à une branche. Dans un secteur agricole de plus en plus spécialisé, c’est presque aussi précieux qu’un module scolaire.
Il conseille de planifier consciencieusement sa formation continue. « Quelques années d’expérience pratique sont sans aucun doute utiles », dit-il. Il recommande clairement cette formation à toute personne qui souhaite faire de la gestion d’une entreprise son activité principale : « Cela ne peut pas faire de mal. »
Série Formation professionnelle
En 2026, le LID présente une série de personnes qui ont suivi un cursus complémentaire après leur formation initiale en agriculture ou qui se sont lancés dans ce domaine après avoir suivi des études supérieures. Ressources et guide de relations publiques disponibles sur www.lid.ch / baeuerinnen-und-bauern (en allemand uniquement).







