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Gestion

Organiser la saison d’estivage

La saison d’estivage ne débute pas lors de la montée à l’alpage mais déjà dès le printemps. Les pâturages, les clôtures, le personnel d’alpage et beaucoup d’autres choses doivent être préparés et organisés à l’avance.

L’estivage doit être préparé déjà maintenant.

L’estivage doit être préparé déjà maintenant.

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Responsable de la communication, mooh société coopérative

Estivage

Tout doit être prêt à l’arrivée des animaux à l’alpage: les pâturages, les clôtures et toute l’infrastructure. Les documents nécessaires pour la certification et les contrôles doivent aussi être disponibles. L’estivage commence donc avant la montée à l’alpage. Les pages qui suivent donnent un aperçu non exhaustif de tout ce à quoi il faut faire attention. Des informations utiles sont disponibles auprès des services cantonaux de l’agriculture, d’Agridea et des chambres d’agriculture.

Exploitation des surfaces

Pâturages

Il est bien entendu absolument primordial de préserver efficacement les pâturages contre le risque d’abandon et d’embroussaillement. Il s’agit de ramasser les pierres et les branches, de lutter contre les fougères, les petits sapins, les chardons ou les rumex et de les évacuer. Il est interdit de brûler la masse végétale provenant des travaux d’entretien des pâturages et des forêts. Les surfaces qui n’ont pas le droit d’être pâturées doivent quant à elles être protégées pour éviter d’être piétinées ou broutées par les animaux. En ce qui concerne les adventices, il faut faire particulièrement attention aux plantes à problèmes tels les rumex, les chardons des champs, le vératre blanc, le séneçon de Jakob et le séneçon des Alpes. Les traitements plante par plante avec des herbicides sont autorisés. Les traitements de surface réalisés dans le cadre d’un plan d’assainissement requièrent en revanche une autorisation du service cantonal de l’agriculture du canton concerné.

Clôtures

Au printemps, les clôtures doivent être contrôlées et réparées. Les pâturages situés dans des zones protégées impliquant des prescriptions d’exploitation particulières et les surfaces qui sont interdites à la pâture (forêt) ou qui sont menacées d’érosion par la pâture doivent être clôturées pour en fermer l’accès. Les surfaces sensibles qui ne supportent qu’une charge en bétail limitée doivent être au moins temporairement séparées, par une clôture, des surfaces qui sont pâturées normalement. Les pâturages utilisés pour les moutons sont soumis à des directives supplémentaires.

Fumure

La fumure peut uniquement être réalisée avec les engrais produits sur l’alpage. Les engrais organiques qui ne proviennent pas de l’alpage, soit le fumier de l’exploitation de plaine, peuvent uniquement être épandus sur l’alpage si l’autorité cantonale responsable a délivré une autorisation en ce sens. Les engrais minéraux et les engrais liquides sont interdits. Les apports de fumure doivent être consignés dans le journal d’alpage.

Si le teneur d’alpage n’exploite pas l’alpage correctement, le canton est tenu d’imposer des mesures assurant une planification correcte de la pâture, de prescrire des directives pour la gestion des pâturages, voire d’imposer un plan d’exploitation incluant des prescriptions détaillées.

Fourrage externe

L’utilisation de fourrages grossiers et de concentrés ne provenant pas de l’alpage est réglementée: les exploitations d’estivage n’ont pas le droit « d’importer » sur l’alpage plus de 50 kg de foin ou plus de 140 kg d’ensilage par pâquier normal (PN) et par période d’estivage. Pour les vaches, les brebis et les chèvres laitières, il est possible d’importer en plus 100 kg de foin et 100 kg de concentrés par PN et par période d’estivage.

Mise en valeur du petit-lait

Le petit-lait issu de la fabrication de fromage à l’alpage peut être judicieusement transformé sur place par les porcs d’alpage, à raison d’environ 1000 l par porc (30 à 105 kg) et par saison d’alpage (110 à 130 jours). Les porcs d’alpage sont demandés sur le marché : les producteurs intéressés peuvent s’adresser à Anicom SA (www.anicom.ch).Le plus grand défi consiste à mettre à la disposition des porcs la surface de 40 m 2 /animal prescrite dans le cadre du programme SRPA. Le petit-lait peut aussi être distribué aux bovins. Le sous-produit qu’est le petit-lait se mue alors en un aliment précieux, riche en énergie et judicieusement réutilisé, à partir duquel il est possible de réaliser de bonnes performances d’engraissement et de produire une viande de qualité (Agroscope, 2015). Les bovins d’engraissement peuvent consommer environ 33 l de petit-lait par animal et par jour. Il faut toutefois savoir que près de 15 % des broutards refusent de consommer du petit-lait. Les bovins devraient être habitués au pe-tit-lait pendant les trois semaines qui précèdent leur arrivée à l’alpage.

Protection des troupeaux

Dans les régions où la présence du loup ou de l’ours est avérée, il faut adopter des mesures pour protéger les troupeaux. Cela peut notamment se faire en édifiant des clôtures ou en adoptant des mesures alternatives, telles que des installations destinées à effrayer ces prédateurs ou à faire surveiller les troupeaux par des animaux de protection de troupeau alternatifs tels les lamas ou les ânes. L’efficacité des dispositifs destinés à effrayer les prédateurs tout comme les animaux de protection de troupeau fait toutefois débat. L’Office fédéral de l’environnement dispose d’un fond pour soutenir financièrement les mesures de protection de troupeau. Les races de chiens de troupeau officiellement reconnues peuvent également être soutenues par ce fond. Les pertes animales subies malgré l’adoption des mesures précitées sont dédommagées selon les directives des fédérations d’élevage nationales. Vous trouverez des informations plus détaillées sur les mesures de protection de troupeau sous www.protectiondestroupeaux.chet auprès des autoriés cantonales compétentes en la matière.

Contributions d’estivage

Types de contribution

En zone d’estivage, il existe quatre types de contribution. La contribution d’estivage est versée à celui qui exploite l’alpage. Le montant de cette contribution dépend de l’espèce animale gardée sur l’alpage et du système de pâture pratiqué. La contribution d’alpage est octroyée à l’exploitation à l’année plaçant des animaux en estivage et ayant été la dernière à détenir les animaux en question. Le montant est octroyé par pâquier normal et s’élève à 370 francs par pâquier normal estivé et par an.

L’obtention de contributions à la biodiversité destinées à soutenir les prairies et les surfaces à litières riches en espèces implique la présence d’un certain nombre de plantes indicatrices à l’hectare. Cette contribution s’élève à 150 fr./ha mais ne peut pas excéder un montant maximal de 300 fr./PN. La contribution à la qualité du paysage permet de soutenir les projets cantonaux ayant pour but de favoriser la préservation et le développement de paysages cultivés diversifiés. Les projets concernés sont élaborés au niveau cantonal. Le montant total versé à l’exploitation d’estivage est calculé en fonction du nombre de pâquiers normaux défini par le canton pour l’exploitation d’estivage concernée (voir tableau).

Dépôt de la demande

Les demandes pour les contributions en zone d’estivage doivent être déposées entre le 1 er août et le 30 septembre auprès du service mandaté par le canton responsable. La demande de contribution inclut les informations suivantes:

  • Catégorie et nombre d’animaux estivés, à l’exception des animaux appartenant à la catégorie des bovins, des buffles et des chevaux, 

  • Date de montée à l’alpage, 

  • Date de départ prévue de l’alpage, 

  • Changements au niveau de la surface de pâturage exploitable, 

  • Surfaces de prairies et surfaces à litière riches en espèces en zone d’estivage.

Annonce obligatoire à la BDTA

Comme c’est le cas pour les transferts d’animaux de manière générale, les animaux appartenant à la catégorie bovine qui sont estivés doivent être annoncés à la BDTA. L’exploitation à l’année qui estive ses animaux doit annoncer leur sortie avant leur départ à l’alpage au printemps et annoncer leur arrivée en automne. L’exploitation d’estivage doit quant à elle inscrire dans la BDTA les animaux qu’elle prend en estivage à leur arrivée et annoncer leur sortie en automne. Les animaux nés dans l’exploitation d’estivage doivent être annoncées par cette dernière à la BDTA, sous la rubrique « Naissance ». Les animaux morts doivent être annoncés sous la rubrique « mort ». Lorsqu’un animal estivé ne retourne pas chez son dernier détenteur après l’estivage, l’exploitation d’estivage doit rédiger un nouveau document d’accompagnement à l’intention du nouveau détenteur.

Commande de documents

Les documents nécessaires pour la certification et les contrôles (dont les documents pour l’eau potable) doivent être conservés à l’alpage. Le classeur d’alpage AQ doit être actualisé et conservé à l’alpage pendant la saison d’alpage. Les documents pour les contrôles ultérieurs doivent également être conservés sur l’alpage (contrôle bleu et vert, contrôle des denrées alimentaires avec tous les formulaires requis, journal des traitements, médicaments utilisés). En plus de cela, il faut se renseigner si une connexion informatique est disponible et préparer les documents en conséquence.

Infrastructure

Installations de traite

Les machines et les installations doivent être entretenues correctement. Il convient de vérifier leur état de fonctionnement, en particulier dans les alpages qui produisent du lait et qui utilisent des installations de traite et de transformation. La machine à traire doit bénéficier d’un service auquel le responsable des machines de l’alpage doit assister pour pouvoir transmettre les instructions concernant les installations de traite au personnel d’alpage. L’eau, l’électricité (ou la génératrice) et l’installation de traite doivent être mises en service un mois avant la montée à l’alpage, ce qui suppose notamment de connecter la pompe à vide et d’installer les conduites de vide ainsi que toutes les conduites à lait. A cette occasion, il ne faudrait pas oublier de rincer les conduites à vide à l’aide d’un produit alcalin, voire de les nettoyer avec un dispositif à haute pression (risque de formation d’acide butyrique se traduisant ultérieurement par un gonflement des fromages). La machine à brosser les fromages fait également partie des machines et des ustensiles à nettoyer. Les brosses doivent aussi être remplacées (pour éviter les problèmes de listerias).

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Les animaux estivés doivent être annoncés à la BDTA.

Fromagerie d’alpage

Le matériel nécessaire à la transformation du fromage doit lui aussi être prêt avant la montée à l’alpage: cultures, ferments, sel, produits et matériel de nettoyage, marques/chiffres de caséine et matériel d’annotation (traçabilité), papier pour envelopper le beurre et le fromage, balance pour la saumure, solution pour le test de schalm, brosses pour le fromage, tablier blanc (pour la fabrication), tablier brun (soins au fromage, travaux en cave), document de contrôle de fabrication pour le fromage d’alpage, les mutschli, le beurre et les jogourts ainsi que les documents de contrôle de l’affectation du lait de TSM. Les résultats d’analyse de l’année précédente doivent pouvoir être consultées en tout temps à des fins d’amélioration de la qualité et pour les contrôles des denrées alimentaires. Le classeur AQ (directives de la branche) doit lui aussi être actualisé.

Projets

Les grands projets d’infrastructure dans le domaine des bâtiments, de l’approvisionnement en eau ou des accès doivent être planifiés attentivement et assez tôt. Pour savoir quelles sont les modalités de financement possibles, il faut s’adresser au service de l’agriculture du canton concerné (secteur des améliorations structurelles). 

AuteureGabriela Küng, Revue UFA, 8401 Winterthour Expert: Töni Gujan, service de l’économie alpestre, Plantahof

Personnel d’alpage

Le succès de la saison d’estivage dépend beaucoup du personnel d’alpage. L’engagement de personnel implique un contrat de travail. Les travaux de préparation et de rangement font partie du temps de travail et doivent être rémunérés. Ils doivent être mentionnés expressément dans le contrat de travail.

Les salaires indicatifs du personnel d’alpage sont négociés par l’association grisonne des alpagistes (BÄV) et la chambre d’agriculture du canton des Grisons. Les salaires indicatifs pratiqués dans le canton des Grisons se sont peu à peu imposés en tant que référence au niveau suisse. Les salaires indicatifs sont des salaires bruts. Les droits aux congés et aux vacances sont déjà inclus dans le salaire indicatif, de même que le logement (Fr. 11.50 par jour). En principe, le personnel d’alpage doit se charger lui-même des repas. Les produits laitiers fabriqués sur place peuvent être consommés gratuitement pendant la saison d’alpage. Des informations supplémentaires sont disponibles (en allemand) sous www.gr.ch Institutionen Landwirtschaftliches Pho-toungs- und Beratungszentrum Plantahof Beratung & Fachwissen Alpwirtschaft Personal & Funktionäre Alprichtlöhne 2018.

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