La sécheresse estivale a un impact négatif sur les rendements moyens des surfaces herbagères en Suisse

Lors d’étés secs, jusqu’à 25 % de la production totale de fourrage en Suisse peut être perdue. En effet, les rendements des prairies sont fortement corrélés à la sécheresse estivale. C’est ce que montre une nouvelle analyse d’Agroscope et de l’Union suisse des paysans.

Lors d’années extrêmes, des pertes de rendement de 30 à 40 % sont possibles au niveau national.

Lors d’années extrêmes, des pertes de rendement de 30 à 40 % sont possibles au niveau national.

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Les surfaces herbagères suisses couvrent une part importante des besoins en fourrage du pays. Au cours des dernières décennies, la croissance des surfaces herbagères et des pâturages a souvent été freinée par le manque d’eau pendant les mois d’été.

On a examiné, pour les années 1990 à 2021, dans quelle mesure les rendements en fourrage, d’après les calculs de l’Union suisse des paysans, s’expliquent par la sécheresse estivale.

Il a été évalué l’ampleur de la sécheresse estivale à l’aide de l’évaporation relative, une mesure utilisée au niveau international pour caractériser les besoins en eau des cultures, sur la base des analyses spatiales du climat de l’Office fédéral de météorologie et de climatologie.

Les résultats ont été les résultats en trois catégories de surfaces herbagères: prairies temporaires, prairies et pâturages en dehors de la région d’estivage et pâturages d’estivage.

Fort impact de la sécheresse sur les rendements des surfaces herbagères

Les résultats montrent que les fluctuations des rendements pour les trois catégories de surfaces herbagères s’expliquent à 50−60 % par la sécheresse estivale. En outre, un manque d’eau persistant pendant les mois d’été peut entraîner des pertes de rendement de 30 à 40 % lors des années extrêmes. Des baisses significatives de la productivité à l’échelle nationale ont été observées en particulier en 1998, 2003, 2006, 2015 et 2018.

Avec une production d’environ 5,5 millions de tonnes de matière sèche par an pour l’ensemble de la Suisse, des pertes de production pouvant atteindre 1,2 million de tonnes de matière sèche (par rapport à la moyenne pluriannuelle) sont possibles les années désavantageuses. Cela dépasse largement les quelque 250 000 tonnes de fourrage importées au cours d’une année comme en 2018. Ces chiffres soulignent la vulnérabilité de la production d’aliments pour animaux face aux événements climatiques extrêmes.

Les prairies temporaires les plus touchées

Les prairies temporaires et les prairies et pâturages situés en dessous de 1000 à 1500 m d’altitude sont particulièrement touchés par la sécheresse estivale. La productivité des prairies temporaires, en particulier, diminue fortement en cas de manque d’eau. Cela pourrait s’expliquer d’une part par le fait que les prairies temporaires sont toujours replantées dans le cadre de la rotation des cultures et qu’elles ne disposent pas encore, la première année, d’un système racinaire pleinement développé leur permettant d’atténuer les pénuries d’eau momentanées. D’autre part, les prairies temporaires ne se trouvent pratiquement qu’à basse altitude sur le Plateau, où la dynamique et l’intensité des périodes de sécheresse ont été les plus marquées dans le passé.

Différences régionales

Les cartes de la répartition spatiale de la sécheresse font en outre apparaître des différences régionales dues à l’évolution inégale des conditions météorologiques. Alors qu’en 1998 seule la Suisse romande et en 2003 surtout le nord-ouest de la Suisse ainsi que la région entre le lac de Neuchâtel et le lac Léman ont été confrontés à une sécheresse extrême, une grande partie du Plateau central ainsi qu’une partie des Grisons ont été touchés en 2015 et 2018.

Source: Agroscope

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