Les fraises se «souviennent» des périodes de forte chaleur

Sans cerveau, pas de mémoire? Ce n'est pas tout à fait vrai, comme le montre une étude d'Agroscope sur les fraises des bois: les périodes de forte chaleur et d'autres situations de stress influencent le patrimoine génétique des plantes. Les modifications qui en résultent permettent aux fraises d’être mieux préparées pour affronter une prochaine situation de stress – autrement dit, les plantes «ont une mémoire».

Les fraises des bois peuvent bien tolérer la sécheresse, car leur feuillage dense au sol les protège du dessèchement. Mais que se passe-t-il si la séche...

Les fraises des bois peuvent bien tolérer la sécheresse, car leur feuillage dense au sol les protège du dessèchement. Mais que se passe-t-il si la sécheresse persiste ? 

(pixabay)

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Avec le changement climatique qui progresse, les plantes sont confrontées plus souvent et à des intervalles plus courts à des situations de stress: forte chaleur, sécheresse, précipitations intenses, mais aussi froid et modification de la salinité du sol. Tous ces facteurs affectent de nombreuses plantes, parfois aussi nos plantes cultivées. Pour s'adapter à ces conditions changeantes, les plantes ont développé diverses stratégies. L'une d'entre elles est la modification du patrimoine génétique.

Le stress modifie le patrimoine génétique des plantes

Dans le cadre du projet européen «EpiDiverse», Agroscope a étudié si et comment le stress influence le patrimoine génétique des fraises des bois. A cet effet, les chercheuses et chercheurs ont exposé des plantes à différentes situations de stress et ont étudié l'épigénétique des fraises. L’épigénétique décrit les modifications dans le patrimoine génétique - l'ADN - qui influencent l’activité des gènes sans pour autant modifier la séquence de l'ADN même. Selon l'étude, tous les types de stress testés - mais tout particulièrement celui dû à la chaleur - ont entraîné des modifications du patrimoine épigénétique des fraises des bois.

Les adaptations sont-elles héréditaires?

L'étude montre en outre que les modifications constatées sont conservées pendant un certain temps. Elles servent à la gestion du stress et pourraient ainsi permettre à la plante de mieux s’adapter à la prochaine situation de stress. Elle a en quelque sorte la faculté de «se souvenir». Cela signifie également que, en plus des mutations naturelles, les plantes ont une autre possibilité dynamique de s'adapter à des conditions environnementales fluctuantes.

La prochaine étape pour Agroscope consiste à étudier combien de temps les plantes «se souviennent» du stress. Les chercheuses et chercheurs se demandent également si ces propriétés sont transmises aux générations suivantes - et si oui, sur combien de générations. Ces connaissances pourront éventuellement être utilisées ultérieurement pour aider d’autres plantes cultivées à s’adapter aux périodes de forte chaleur ou à d'autres situations de stress.

Source: Agroscope

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