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Production animale

Être attentif à l’étable

Dans l’engraissement de gros bétail, les systèmes d’étable ont évolué au fil des ans, tant en ce qui concerne les veaux d’engrais qu’en début et en fin d’engraissement. Deux constructeurs d’étable expliquent ce qui est important dans les étables pour veaux d’engrais. Quatre engraisseurs de gros bétail réalisant de bons résultats partagent leurs expériences et évoquent ce à quoi ils font particulièrement attention dans leur système.

Publié le

Employé marketing, UFA AG

Spécialiste du bétail, UFA AG

Pour chaque mesure de construction d’étable il convient de se renseigner au préalable sur les bases légales. L’engraissement de gros bétail est lui aussi soumis à des directives strictes qu’il convient de respecter. Les bovins âgés de plus de cinq mois destinés à l’engraissement de gros bétail ne peuvent par exemple pas être détenus dans un box à un seul compartiment sur litière profonde. En revanche, seuls les animaux âgés de plus de quatre mois peuvent être transférés dans des box à sol perforé intégral.

Systèmes d’étable pour veaux

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L’élevage de veaux sur litière profonde est le mode de détention le plus fréquent.

(Photo: Jonas Salzmann)

Logettes surélevées ?

En termes d’environnement, les veaux et les bovins adultes n’ont pas les mêmes exigences. Les veaux produisent par exemple beaucoup moins de chaleur corporelle car leur panse n’est pas encore entièrement développée et parce que les processus de fermentation qui s’y déroulent ne dégagent pas encore suffisamment de chaleur. Pour les veaux de moins de 150 kg de poids vif, la plage de température ambiante optimale oscille par conséquent entre 15 et 20° C. La plage optimale dépend du système d’étable. Concernant les logettes surélevées, Pius Bucher, de Krieger AG, émet la recommandation suivante : « Les éleveurs optant pour des logettes surélevées doivent construire une étable isolée dotée d’une aération réglable de manière précise. » Les veaux n’ayant pas la possibilité de se blottir dans les logettes pour emmagasiner de la chaleur, l’étable doit toujours être assez chaude. « Des sols isolés dans les logettes surélevées ou l’installation d’un chauffage au sol peuvent être une bonne solution », affirme Pius Bucher. Dans les étables à logettes surélevées, le climat d’étable constitue un défi particulier. Martin Klaus, de Schauer Agrotronic AG, estime que la propreté des animaux est un autre défi : « Dans les logettes surélevées, les jus s’écoulent mais ne sont pratiquement pas absorbés. Il est donc nécessaire de les nettoyer quotidiennement et, si besoin, de rajouter de la litière. »

Les éleveurs qui consacrent du temps à leurs animaux et qui optimisent le climat d’étable en fonction des conditions météorologiques peuvent aussi obtenir de bons résultats en détenant leurs veaux d’engrais dans un système à logettes surélevées. A cela s’ajoutent une consommation de paille nettement inférieure et un air ambiant moins chargé en substances nocives comme l’ammoniac.

« Les veaux de moins de 150 kg de poids vif devraient être élevés sur la paille. »

Pius Bucher, Krieger AG

Litière profonde

Le système à couche profonde convient bien aux veaux et à leurs spécificités corporelles. Lorsqu’ils restent couchés dans une épaisse couche de paille, l’air qui s’est déjà réchauffé dans la paille est mieux retenu et entoure alors le veau. « En revanche, pour éviter que l’aire paillée ne se mue en foyer à germes, il faut veiller à ce que la litière soit sèche et hygiénique », affirme Martin Klaus. « Outre une aération professionnelle favorisant un bon renouvellement de l’air, la paille devrait être conditionnée de manière à optimiser son pouvoir absorbant et son effet de litière », précise encore Martin Klaus. « D’une manière générale, je recommande que les veaux soient élevés sur de la paille jusqu’à ce qu’ils aient atteint un poids de 150 kg de PV » , affirme Pius Bucher, tout en évoquant une autre règle essentielle à ces yeux dans ce domaine : « Lorsque les veaux sont élevés sur couche profonde, je recommande de prévoir deux fois plus de place par veau que ce que prescrit l’ordonnance sur la protection des animaux. » Exprimé en chiffres, pour les veaux de moins de quatre mois élevés en litière profonde cela implique une surface de 3 m par veau au lieu des 1,5 m 2 prévu par la loi. Comme c’est toujours le cas en production animale, une surface supérieure par animal se traduit par un stress réduit pour chacun d’eux. A cet égard, les systèmes en logettes présentent l’avantage de permettre aux veaux de se retirer et de ne pas être dérangés lorsqu’ils sont couchés. Les maladies sont en revanche parfois détectées plus rapidement dans les systèmes sur paille profonde. « Grâce à la plus grande liberté de mouvement dont bénéficient les animaux, les symptômes de maladie comme l’absence d’envie de bouger se constatent plus rapidement«, dit Martin Klaus.

« Dans les systèmes sur paille profonde, les veaux disposent d’une plus grande liberté de mouvement. »

Martin Klaus, Schauer Agrotronic AG

Systèmes d’étable pour gros bétail

Taureaux sur paille profonde

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Système sur paille profonde: Simon Plattner utilise beaucoup de paille.

(Photo: Jonas Salzmann)

L’exploitation Plattner und Partner AG à Herznach, qui est gérée par Simon Plattner et son épouse Andrea, détient 330 taureaux d’engraissement. Le chef d’exploitation, Simon Plattner, décrit son exploitation construite en 1974 de la manière suivante : « Les taureaux se sentent tout simplement bien sur la paille. » Simon Plattner élève tous ses taureaux sur paille profonde, des veaux d’engrais aux animaux en phase de finition. « A l’époque, lorsque la stabulation a été construite, il n’existait pas d’autre système que les caillebotis intégraux. » L’engraisseur applique la devise suivante : « Ne pas économiser la paille. » La paille utilisée provient à raison de deux tiers des céréales produites sur le domaine, le solde restant étant acheté. Il lui arrive aussi d’utiliser de la paille de colza, surtout les années où il y a peu de paille. Il est important d’utiliser la paille de colza en alternance avec la paille d’orge ou de blé. Simon Plattner a en effet remarqué que lorsqu’il utilisait uniquement de la paille de colza sur une période prolongée, il était plus fréquemment confronté à des problèmes de panaris. Cela est peut-être dû au fait que les tiges plus grossières et surtout plus dures du colza blessent davantage l’espace interdigité que la paille de blé ou d’orge. L’aire d’affouragement étant équipée d’un canal recouvert de caillebotis, l’engraisseur de Herznach n’évacue les fumiers que quatre fois par an. Outre la répartition quotidienne de litière, l’alimentation contribue aussi de façon déterminante à la propreté des animaux. La bonne structure des fèces contribue beaucoup à la propreté des taureaux. Simon Plattner a besoin d’environ 20 minutes par jour pour répartir la litière. Selon lui, un des désavantages de son système est que les taureaux doivent traverser la couche profonde pour rejoindre l’aire de sortie extérieure, ce qui les amène à traverser plusieurs fois l’aire de repos. « Aujourd’hui, on construirait sûrement différemment », conclut celui-ci.

Les taureaux évacuent les fumiers

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Simon Müller laisse à ses taureaux le soin d’évacuer le fumier.

Dans l’engraissement de gros bétail, le système du fumier glissant est apparu au début des années 2000. Simon et Fränzi Müller de Moosleerau (AG) ont opté pour ce système lorsqu’ils ont construit leur stabulation en 2003. « A l’époque, le fumier glissant était un système à la mode et un collègue l’avait adopté », précise l’agriculteur. Selon lui, par rapport à une litière profonde, ce système présente l’avantage de consommer moins de paille. Pour ses 170 taureaux (veaux d’engrais inclus), il utilise environ 100 t de paille par an. Par ailleurs, avec ce système, il n’est pas nécessaire de répartir la paille sur toute la surface, les taureaux déplaçant euxmêmes la paille de l’arrière du box vers l’avant.

Contrairement à ce qui est le cas en litière profonde, dans les étables avec fumier glissant, les rapports entre la longueur, la largeur et la pente des box doivent toujours être bien adaptés entre eux. Les boxes sont par exemple plus larges et moins profonds, ce qui a aussi un effet positif sur le nombre de places à la crèche. Simon Müller a opté pour une pente de 6 %. Comme il place aussi les veaux d’engrais sevrés dans l’étable à fumier glissant, il est obligé de vider une fois par an les fumiers des deux boxes accueillant des taureaux de moins de 250 kg de PV, ces derniers étant trop légers pour faire glisser le fumier dans le couloir où passe le racleur. « En été, lorsque les températures augmentent et que le fumier fermente beaucoup, ce-lui-ci glisse mieux », ajoute l’agriculteur. Il estime par conséquent qu’une pente un peu moins prononcée pourrait être un avantage, surtout pour les gros taureaux de plus de 450 kg de PV, afin d’éviter que le fumier glisse trop vite, ce qui est parfois le cas chez lui en été. L’engraisseur de Moosleerau a installé le racleur a posteriori et recommande vraiment ce dispositif. Le racleur offre de nombreux avantages en termes de charge de travail et de sécurité. En plus de cela, les couloirs de promenade restent plus propres, le racleur passant toutes les deux heures. Si le racleur circulait moins souvent, il aurait besoin d’un entraînement plus onéreux et plus grand. Lors de la construction de son bâtiment, il a veillé à ce qu’il soit possible d’y entrer avec des machines.

Lots équipés de logettes

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Thomas Isler apprécie le calme qui règne dans son étable à logettes surélevées.

Dans leur domaine de Wohlen (AG), Thomas et Cornelia Isler ont opté pour un autre système d’étable très répandu. En 2013, ils devaient faire un choix : soit remplacer les caillebotis intégraux recouverts de matelas, soit transformer leur étable. Les Isler on alors décidé d’augmenter leur cheptel à 280 taureaux et d’équiper la stabulation de logettes surélevées. « Lorsque le dispositif de répartition de litière est automatisé comme dans notre stabulation, la charge de travail est la même qu’avec un sol en caillebotis intégral. Les contributions SST me permettent par ailleurs de payer la paille que j’utilise », explique Thomas Isler. Sur le long terme, l’engraisseur s’attend à ce que les logettes surélevées aient un effet positif sur ses coûts car cela lui évite de devoir changer aussi souvent les caoutchoucs que s’il avait conservé son système avec caillebotis intégral. Pius Bucher est lui aussi parfaitement conscient que les logettes surélevées sont un système très apprécié. Près de 80 % des étables pour taureaux d’engraissement construites par Krieger sont des étables à logettes surélevées. A titre de litière, Thomas Isler prend de la paille hachée courte. Il en utilise environ 10 t par an ou 100 g par taureau et par jour. Estimant que les jeunes veaux doivent pouvoir grandir sur de la paille, en raison de la chaleur dont ils ont besoin et pour des raisons d’hygiène, l’engraisseur de Wohlen continue à élever ses veaux sur litière profonde. En logettes surélevées, les veaux qui souffrent de diarrhées se salissent en effet davantage qu’en litière profonde. Les veaux ne sont pas transférés dans l’étable en logettes surélevées avant de peser au minimum 150 kg de PV. Sachant que les plus petits lots hébergent des animaux pesant jusqu’à 300 kg de PV, il est important que les taureaux aient une certaine taille. Les animaux de petite taille arrivent en effet à se tourner dans les boxes et se salissent la tête.

Ce système convainc particulièrement l’engraisseur par le calme qu’il procure. Chaque animal peut en effet se retirer dans une logette. Et lorsqu’un animal souhaite passer de l’aire de repos à la table d’affouragement, il ne gêne pas ceux qui sont couchés. « Par rapport aux autres systèmes, c’est sûrement un énorme avantage », explique Thomas Isler. Concernant la planification des séries, les logettes surélevées requièrent des processus précis. La densité d’occupation à l’étable est en effet déterminée par le nombre de logettes. Par rapport aux autres systèmes d’étable, les poids des animaux laissent moins de marge de manœuvre.

Mettre la gomme avec Lospa

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Oliver Liechti apprécie les matelas en caoutchouc.

A Uerkheim (AG), Oliver et Debi Liechti engraissent près de 250 taureaux d’engraissement par an. Ils ont agrandi leur étable cette année et misé sur le système Lospa, un système éprouvé, au moyen duquel ils ont toujours engraissé leurs taureaux jusqu’à maintenant. « Il s’agit d’un système simple qui s’avère très intéressant, tant d’un point de vue économique que pratique », affirme Oliver Liechti. Lors du dépôt du permis de construire, les autorités cantonales ont tenu à ce que les émissions d’ammoniac soient aussi faibles que possible et souhaité une utilisation parcimonieuse des surfaces cultivées. Oliver Liechti vend ses taureaux à un boucher privé de la région et ne doit pas satisfaire à des exigences supplémentaires pour un label. Il pose désormais des matelas dotés d’un pourcentage élevé de fentes et légèrement incurvés. En choisissant ses tapis, Oliver Liechti a veillé à ce qu’ils ne soient pas glissants et à l’hygiène des taureaux. La largeur des fentes des caillebotis en béton mesure environ 5 mm de plus que celle des matelas. L’arrête élastique des fentes du matelas favorise le passage des fèces et par conséquent l’effet autonettoyant. L’alimentation joue aussi un rôle important pour la propreté des taureaux : ces derniers ne restent propres qu’à condition que la consistance de leurs fèces soit correcte. Chez les Liechti, les veaux sont élevés sur litière profonde. Ils ne sont transférés qu’après le sevrage dans les lots en logettes surélevées. Les taurillons ne sont détenus sur caillebotis intégral que lorsqu’il sont âgés de quatre mois au moins. L’engraisseur est très satisfait de son système. Les changements introduits lors de la transformation des bâtiments lui font croire en l’avenir de cette forme de production. 

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