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Production animale

Une stratégie d’affouragement prometteuse

En Suisse, la recherche animale se pratique sur plusieurs sites, dont celui de Chamau (ZG), où se trouve l’exploitation d’essai de l’EPF Zurich (EPFZ). Celle-ci sera encore exploitée jusqu’à fin février par l’EPFZ. La santé des animaux et la performance laitière du troupeau y ont été notablement améliorées en ajustant la stratégie d’affouragement.

Ensemble, Osi Arnold (à g.) et Andreas Simonett (à dr.) ont clairement amélioré l’affouragement pratiqué par l’ex...

Ensemble, Osi Arnold (à g.) et Andreas Simonett (à dr.) ont clairement amélioré l’affouragement pratiqué par l’exploitation de recherche.

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ehemalige Redaktorin UFA-Revue

L’exploitation de recherche de l’EPFZ à Chamau détient 65 vaches laitières et leur remonte. Elle engraisse aussi des veaux mâles (environ 40 veaux de boucherie par année) et élève 90 brebis et leurs agneaux. Par ailleurs, l’exploitation de Früebüel, qui fait partie intégrante du domaine, détient 30 vaches mères. Celles-ci sont estivées avec les moutons sur l’alpage de Weissenstein, qui est aussi géré par l’exploitation de l’EPFZ. L’exploitation de Früebüel, à Walchwil (ZG), et l’alpage de Weissenstein, à Bergün (GR), sont aussi des exploitations de recherche de l’EPFZ, exploitées depuis début 2017 dans le cadre de la collaboration Agrovet-Strickhof (voir encadré).

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Les quelque 65 vaches laitières sont détenues en six groupes.

Affouragement ciblé

Le site de Chamau revêt une grande importance pour la recherche: des essais alimentaires y sont pratiqués sur les vaches laitières et les moutons. Des essais sur la reproduction y sont en outre réalisés sur les génisses et les vaches. Le troupeau laitier est divisé en six groupes, à raison de trois groupes pour la phase de démarrage et de production, de deux groupes pour les vaches en fin de lactation et d’un groupe de vaches taries. Cette répartition en fonction des phases de production a débuté en 2014. Une fois les lots constitués, deux rations alimentaires distinctes ont été élaborées pour les vaches en lactation. «Les anciennes auges servant à peser la ration ont été démontées en 2013. Les vaches en lactation ont été réparties en plusieurs groupes et sont affouragées en fonction de leur stade de lactation. Auparavant, une seule ration était proposée. Les six groupes étaient mélangés et n’étaient pas répartis en fonction du stade de lactation. Les vaches en fin de lactation avaient alors tendance à devenir trop grasses. Les vaches fraîches vêlées ne bénéficiaient par contre pas d’un approvisionnement suffisant en énergie. La nouvelle répartition par groupe simplifie l’observation des animaux, la surveillance des chaleurs se limitant au groupe des fraîches vêlées», précise Andreas Simonett (responsable du secteur Bovin à Chamau). Lorsque des essais d’affouragement sont réalisés, une partie du troupeau est déplacée durant quelques semaines dans l’étable d’essai avant de réintégrer le troupeau.

A plein régime durant la phase de démarrage

Dans la ration des fraîches vêlées, la part de maïs ensilage a été augmentée. Les vaches fraîches vêlées peuvent prélever l’aliment de phase de démarrage UFA 264 au DAC. Dans les deux rations, la complémentation en protéine intervient via la ration mélangée et non plus au DAC. Les vaches en phase de démarrage étant mieux approvisionnées et les vaches en fin de lactation ayant moins tendance à engraisser, les problèmes métaboliques ont nettement diminué. «Auparavant, nous étions souvent confrontés à des problèmes de cétose et de fièvre du lait. L’optimisation de l’affouragement a permis de diminuer ce problème de manière significative. Notre conseiller UFA en bétail laitier, Osi Arnold, nous a beaucoup aidés», précise encore Andreas Simonett. Les modifications apportées à l’affouragement et au mode de garde à l’étable ont non seulement permis d’améliorer la santé des vaches et de réduire les coûts vétérinaires d’un tiers, mais aussi d’augmenter nettement la production laitière. «Il est vraiment intéressant d’investir dans la phase de démarrage et de distribuer davantage de concentrés durant cette phase. Depuis 2013, nous sommes ainsi parvenus à augmenter notre production de 1800 kg par vache, pour atteindre une performance de lactation moyenne de 9000 kg par vache. Les teneurs du lait s’élèvent à 4,2% de graisse et 3,44% de protéine. Depuis le passage au nouveau système, les coûts de concentrés ont certes augmenté de 8%. Etant donné la diminution des frais vétérinaires, le meilleur état de santé du bétail et les performances plus élevées, l’augmentation des coûts de concentrés est vraiment de l’argent bien investi», explique Andreas Simonett. 

A l’Agrovet Strickhof à l’avenir

Le troupeau laitier de l’EPF-Chamau déménagera à la fin février 2017: un nouveau centre d’essai est en effet en cours de construction au Strickhof Lindau. Ce nouveau site est appelé à abriter les troupeaux laitiers de l’EPF-Chamau, de l’école d’agriculture du Strickhof et de l’Université de Zurich. Dr Rudolf Kühne de l’EPF Zurich résume le regroupement des trois installations ainsi: «Ce regroupement permet aux institutions de mettre à profit des synergies au niveau du contenu des programmes et du mode d’exploitation. De plus, les bâtiments équipant les trois sites sont vétustes et auraient dû être rénovés. Le Strickhof se chargera de la gestion de l’exploitation. Les chercheurs pourront ainsi se focaliser complètement sur leurs activités de base (apprentissage, recherche, transfert de connaissances).» 

Infos sur www.agrovet-strickhof.ch

Le Schluechthof déménage à Chamau

Suite au rachat de l’exploitation d’essai de l’EPFZ à Chamau par le canton de Zoug, une partie importante de la production de l’exploitation du Schluechthof sera transférée à Chamau. Le déménagement est prévu à l’automne 2017. Le troupeau de Brown Swiss du Schluechthof (actuellement composé d’environ 30 vaches) devrait grandir pour atteindre 75 vaches d’ici deux ans. Le cheptel de truies s’élèvera à 80 têtes. Les bâtiments actuels seront rénovés et parfois reconstruits.

Une petite partie de l’exploitation de Cham sera conservée pour l’élevage de remontes et de poules pondeuses. L’arboricultre sera développée et on continuera de pratiquer la vente directe. L’école restera sur le site actuel. Tous les travaux de rénovation et de construction devraient être finis au printemps 2018. 

Martin Pfister, recteur du LBBZ Schluechthof Cham

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