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Production animale

Veiller à un bon climat de porcherie

Le climat de la porcherie a un effet déterminant sur la santé animale. Une aération bien programmée, une température correcte et un contrôle régulier des organes d’aération jouent un rôle important pour le bien-être des porcs et leur résistance aux maladies.

Les courants d’air peuvent être décelés à l’aide de fumigènes.

Les courants d’air peuvent être décelés à l’aide de fumigènes.

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Vétérinaire, SGD Sempach-West

Focus: réduire la consommation d’antibiotiques à la porcherie  Contrôle du climat

Un mauvais climat entraînera une augmentation de la consommation d’antibiotiques. La branche porcine veut optimiser l’utilisation d’antibiotiques et en documenter la distribution. L’étude et l’installation d’une ventilation correcte demande un grand savoir-faire et de l’expérience. Il est important de prévoir une ventilation dès le départ, sur les plans de construction ou de transformation des bâtiments. Cela suppose une bonne communication et des échanges entre la société chargée de la ventilation et l’entreprise de construction.

Ne pas oublier l’entretien

Les systèmes d’aération modernes sont truffés d’électronique. Il y a des années déjà, on installait des systèmes d’aération sophistiqués qui nécessitaient un certain entretien. On fait contrôler sa voiture ou son chauffage au mazout à intervalles réguliers. Pourquoi donc les éleveurs de porcs ont-ils du mal à faire entretenir l’aération de leur porcherie? Il n’est pas question d’entretiens coûteux. Il s’agit seulement de vérifier si les données relevées sont correctes et si le système de commande fonctionne bien.

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1 · Le système d’aération doit être régulièrement nettoyé.

La poussière, les saletés, l’humidité et l’usure peuvent nuire au bon fonctionnement du matériel. Un bon climat est donc une condition incontournable à la bonne santé des porcs. Par le passé, on attachait moins d’importance à la gestion du climat et au fonctionnement des appareils. Le SSP découvre encore et toujours des organes d’aération responsables d’un mauvais climat au sein de la porcherie, en raison d’un entretien insuffisant: ouvertures obturées par la poussière, mauvaise planification, comme des conduits d’air trop étroits qui augmentent la résistance à la circulation d’air et diminuent les performances des ventilateurs. On note aussi des conduits perforés obturés par des saletés ou encore des cheminées d’évacuation d’air totalement encrassées empêchant d’utiliser les ventilateurs au maximum de leurs capacités. Plusieurs interventions dans la pratique ont démontré qu’il suffisait de nettoyer à l’aide d’un balai les ventilateurs d’une porcherie mal aérée pour en faire un local bien aéré en l’espace de quelques minutes seulement.

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2 · Dans ce cas, l’humidité de l’air est beaucoup trop élevée. L’aération doit donc être contrôlée.

Eviter la poussière

Dans les porcheries, l’air ambiant est très poussiéreux à cause des aliments et des particules cutanées. La poussière qui se dépose sur des surfaces humides – par exemple dans des conduits d’évacuation d’air après une averse – ou qui est emprisonnée dans des toiles d’araignée empêche une bonne circulation de l’air. Dans les installations d’évacuation d’air, ce sont surtout les parois intérieures des conduites d’évacuation et les pales des ventilateurs qui s’encrassent. La consommation énergétique peut augmenter de 50% en fonction du degré d’encrassement. Les fabricants conseillent de contrôler les ventilateurs ou de nettoyer les pales au moins une fois par an. Les sources de poussière doivent être réduites au maximum. Dans la mesure du possible, les installations de stockage d’aliments secs destinés aux distributeurs automatiques doivent être fermées. Les granulés et les aliments humides réduisent la formation de poussière, contrairement aux farines.

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3 · Les capteurs de température ne doivent pas être situés juste à côté d’une lampe.

Maintenir un faible taux de CO2

Actuellement, les systèmes d’aération basés sur une gestion du CO2 sont considérés comme la meilleure solution. Les porcs disposent ainsi du débit d’air nécessaire. Les systèmes de gestion du CO2 ne sont plus aussi chers qu’il y a encore quelques années. La plupart des porcheries régulent le climat via la gestion du débit d’air, à l’aide de capteurs de température. Même en présence d’une température appropriée, il arrive que la concentration en gaz nocifs soit trop élevée. Une teneur élevée en CO2 rend les porcs amorphes et indolents. Une teneur élevée en ammoniac est cause de toux et de rougeurs des conjonctives.

Contrôler les capteurs

L’électronique peut être défaillante. Il faut donc contrôler le bon fonctionnement du capteur de température responsable du pilotage du débit d’air à l’aide d’un second thermomètre placé à côté. L’affichage de la température est-il correct? Le capteur est-il propre ou couvert de crasse et de saletés qui nuisent à son exactitude? Contrôlez par exemple tous les mois si les paramètres climatiques de la porcherie sont corrects. Notez leur exactitude dans un tableau en le signant et en le datant. Qui peut dire après coup quand et où il a contrôlé quoi?

Le SSP constate que les capteurs de température sont souvent placés au mauvais endroit. Le capteur ne doit pas être situé près d’une lampe ou à proximité immédiate d’une arrivée d’air. Il ne doit pas être non plus fixé au plafond ou sur une fenêtre. Dans une porcherie, la température augmente d’un degré tous les mètres, par rapport au sol. Les thermomètres devraient être placés au plus près des animaux.

Pour savoir si les porcs se sentent bien, il suffit de les observer lorsqu’ils sont couchés. Les porcs qui ont froid sont couchés sur le ventre. Les porcelets non sevrés et les gorets ont tendance à s’entasser. Lorsque la température ambiante est bonne, les porcs sont couchés sur le côté les uns à côté des autres. Quand la température dépasse les 23° C, les porcs commencent à être stressés par la chaleur.

CO2 et humidité de l’air

L’humidité de l’air est mesurée au moyen d’un hygromètre. Cet appareil permet également de contrôler la qualité de l’air. Lorsque le renouvellement d’air est insuffisant, la teneur en gaz nocifs, comme le CO2, augmente, ce qui entraîne une élévation du taux d’humidité. On trouve des hygromètres à des prix modiques dans les magasins spécialisés ou les magasins de bricolage. Les personnes qui souhaitent y mettre le prix peuvent investir dans un hygromètre numérique. Les valeurs affichées par l’hygromètre sont comprises entre 50 et 80% d’humidité relative. En dessous de 50%, l’air est trop sec. Il en résulte un dessèchement des conjonctives et des muqueuses des porcs qui les rend plus sensibles aux infections. Lorsque le taux d’humidité dépasse 80%, l’humidité est trop élevée et l’apport d’air insuffisant. On s’aperçoit que le taux d’humidité est trop élevé quand on constate que les fenêtres sont couvertes de buée ou que le sol est humide et n’arrive pas à sécher. Installez un hygromètre dans chaque local (près du thermomètre de contrôle si possible).

Déceler les courants d’air

Les jeunes animaux sont particulièrement sensibles aux courants d’air. Ces courants ne doivent pas dépasser 20 cm/s dans la zone de confort. Souvent, il n’est pas nécessaire d’utiliser un matériel sophistiqué pour se faire une idée des paramètres climatiques. On peut évaluer la circulation d’air en jetant de la paille en l’air ou alors en humidifiant ses mains.

En cas de problème, effectuer des relevés précis

Pour évaluer objectivement le climat de la porcherie, il est préférable de procéder à des mesures exactes au moyen d’appareils ad hoc. Le SSP possède ces appareils, dont une caméra thermique. Les défauts sont mesurés et affichés objectivement. Le SSP a par ailleurs l’expérience et les connaissances requises pour communiquer aux éleveurs de porcs l’état climatique de leur porcherie. Les relevés du climat de la porcherie sont documentés par des photos, films et rapports. Les troubles comme le cannibalisme, le stress et les comportements anormaux sont souvent dus à un climat inapproprié. Pour tout problème ou question concernant votre porcherie, adressez-vous à votre bureau SSP.

AuteurDr Alois Estermann, bureau SSP Sempach-Suisse centrale

PhotosAlois Estermann

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