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Production végétale

A la recherche de la fumure idéale

Les variétés modernes d’orge ont un potentiel de rendement élevé qu’il convient d’exploiter au mieux. Les variétés lignées à deux rangs et plus réagissent apparemment de manière différente des variétés hybrides. Le Forum Ackerbau s’est donc penché sur les diverses techniques culturales de l’orge.

Une stratégie de fumure spécialement adaptée à l’effectif présent peut contribuer à améliorer le rendement de...

Une stratégie de fumure spécialement adaptée à l’effectif présent peut contribuer à améliorer le rendement de l’orge. Le Forum Ackerbau a testé plusieurs variantes de  fumure à cet effet. 

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Actualisé le

Responsable de la production végétale, Strickhof

Orge: technique culturale

Des variétés hybrides d’orge sont apparues récemment sur le marché. Les recommandations en matière de fumure pour celles-ci sont-elles différentes de celles pour les variétés lignées? Le Forum Ackerbau s’est penché sur la question et a mené des essais sur plusieurs sites pour observer les effets de diverses stratégies de fumure sur le rendement et la qualité de plusieurs variétés d’orge.

Séries d’essais

Entre 2012 et 2017, le Forum Ackerbau a effectué deux séries d’essais sur l’orge d’automne dans les cantons d’Argovie, de Berne, de Soleure et de Zurich. Les essais ont porté sur les variétés à deux rangs KWS Cassia et California (dès 2015), sur les variétés lignées à plusieurs rangs Semper et KWS Tonic (dès 2015) ainsi que sur les hybrides Hobbit et, dès 2015, Wootan. La première série s’est concentrée sur l’intensité et le moment du semis, et la seconde sur le dosage et la répartition des apports azotés.

La première série a permis d’expérimenter la culture de variétés hybrides d’orge, jusqu’alors peu connue. On a découvert que la densité de semis des hybrides peut être réduite de 30 à 40% par rapport aux lignées, pour autant que le semis intervienne au bon moment et que les conditions pédologiques et météorologiques soient favorables. Les nouvelles possibilités d’assolement avec semis tardifs à partir de la mi-octobre n’ont pas donné les résultats escomptés. La fumure des variétés hybrides a été un vaste sujet de discussion. La première série d’essais n’a pas permis de donner de réponse définitive. Initialement, il avait été prévu de renoncer à la première application de N au printemps. Seule cette mesure a eu un impact négatif sur le rendement moyen des essais et des sites. Pour déterminer la quantité et la répartition idéales des apports d’azote, il s’est avéré qu’il fallait procéder à des investigations plus poussées. La seconde série d’essais a donc débuté par un changement des variétés et des stratégies de fumure.

Outre une culture témoin sans apport d’azote, l’essai a porté sur la comparaison d’une stratégie classique à trois apports avec nitrate d’ammoniaque, une stratégie à deux apports avec urée, un procédé avec un apport initial réduit et l’accent mis sur la montaison, ainsi qu’un procédé avec fumure automnale (voir tableau).

Essais de fumure: différences entre les variétés

La culture témoin a atteint, en moyenne de toutes les variétés, des rendements élevés de 66 à 71 dt/ha entre 2015 et 2017. Les procédés avec fumure se situaient durant la même période entre 78 et 100 dt/ha. Chaque année, c’est la stratégie à deux apports qui a présenté les meilleurs rendements, suivie de celle à trois apports. Les rendements des procédés avec fumure automnale et deux apports au printemps n’étaient jamais inférieurs de plus de 2 dt/ha à ceux des meilleurs procédés. Le procédé basé sur un apport initial réduit n’a par contre été convaincant pour aucune variété, pas même pour les deux hybrides.

En 2015, les cultures témoins sans fumure ont atteint des rendements oscillant entre 64 dt/ha (California) et 71 dt/ha (KWS Tonic). En 2016, California a atteint un rendement de 63 dt/ha contre 71 dt/ha pour Wootan. En 2017, toutes les variétés se situaient entre 70 et 72 dt/ha, avec California en milieu de classement avec 71 dt/ha. Pour tous les procédés avec fumure, c’est la variété KWS Tonic qui a atteint les rendements les plus élevés chaque année, devançant les autres variétés de 6 à 17 dt/ha avec 100 dt/ha en 2015, de 5 à 14 dt/ ha avec 86 dt/ha en 2016 et de 4 à 6 dt/ha avec 102 dt/ha en 2017. En deuxième place, on trouve Hobbit en 2015 avec 94 dt/ha, Wootan en 2016 avec 81 dt/ha et à nouveau Hobbit en 2017 avec 98 dt/ha. Outre des effets positifs sur la densité et le rendement en grain, la fumure a aussi induit une hausse de 20% de la taille des tiges (relevé en 2017 à Liebegg).

Effet sur le rendement

En moyenne des années et des sites, les rendements divergeaient relativement peu selon les différents procédés de fumure. Par rapport à la variante témoin non fertilisée (69,5 dt/ ha), la fumure azotée a entraîné en moyenne des trois années, avec 91,5 dt/ha, un rendement supplémentaire de 22 dt/ha (voir graphique). Parmi les différents procédés de fumure, c’est la stratégie à deux apports avec fumure d’urée pour soutenir la montaison qui a obtenu les meilleurs résultats pour la variété à deux rangs California, avec en moyenne 87 dt/ha. Elle a ainsi induit un rendement supplémentaire de 3 à 5 dt/ha par rapport aux autres procédés. C’est également la stratégie à deux apports qui donne les rendements les plus élevés chez la variété hybride Hobbit, avec un rendement supplémentaire de 2 à 4 dt/ha par rapport aux autres procédés de fumure et de 25 dt/ha par rapport au témoin. C’est pour la variété à plusieurs rangs KWS Tonic que les rendements variaient le moins selon le mode de fumure; sur une moyenne de trois ans, la fumure automnale s’est imposée de peu devant les stratégies à deux et trois apports. La stratégie à deux apports s’est en outre révélée avantageuse également pour KWS Tonic en moyenne des années 2016 et 2017. La variété hybride Wootan a été incluse dans la série d’essais avec un an de retard. Elle aussi affichait de faibles écarts de rendement, et c’est la stratégie à trois apports qui l’a emporté.

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Différences notables entre les procédés lors de l’essai sur la fumure au printemps 2015 à Lindau.

On recommande pour toutes les variétés, surtout dans les régions avec une tendance à la sécheresse au début de l’été, une application initiale modérée et un apport d’urée pour soutenir la montaison. Dans la stratégie à trois apports, avancer une application à l’automne n’a eu que peu d’effets sur le rendement. Selon la variété, l’évolution de l’automne et le type de sol, ces effets étaient avantageux ou non. En principe, on déconseille l’application tardive de N avant l’hiver sous forme d’engrais à base de nitrates, notamment à cause de la résistance au froid réduite.

Recommandation pour l’orge hybride

De manière générale, tous les producteurs d’orge peuvent cultiver de l’orge hybride. Dans le cadre des essais variétaux, les variétés hybrides se sont hissées dans le haut du classement notamment en production extenso, tant du point de vue des rendements que de la qualité. Les hybrides formant souvent de nombreuses talles et réagissant différemment aux conditions météorologiques durant la phase de végétation notamment, les cultures semées tôt peuvent devenir rapidement trop denses. Il faut donc être très attentif au printemps et intervenir si nécessaire, en répartissant différemment les apports d’azote. En culture intensive, on dispose, avec les régulateurs de croissance et les fongicides, de mesures plus efficaces qu’en extenso en cas de cultures (trop) denses. L’agriculteur professionnel doit toutefois se livrer à la même réflexion pour les variétés non hybrides et utiliser les moyens de régulation à disposition.

Prochaine série d’essais

En résumé, on peut dire qu’une stratégie en matière de fumure et de protection phytosanitaire plus appropriée et spécifique à chaque culture permet d’améliorer le rendement et la rentabilité des cultures d’orge. Cette conclusion vaut tant pour les variétés lignées qu’hybrides et montre qu’une dose standard (p. ex. diviser par deux l’apport initial) n’est souvent pas l’instrument le plus approprié. En faisant preuve de professionnalisme et en disposant d’un bon savoir-faire technique, les nouvelles variétés (lignées et hybrides) permettent d’améliorer les rendements de l’orge et la rentabilité. La résistance ou la tendance à la verse est un autre thème prépondérant dans la culture de l’orge. C’est la raison pour laquelle le Forum Ackerbau entend étudier la régulation de la croissance et de la densité des cultures dans une nouvelle série d’essais. Il se penchera à cet effet sur l’impact du moment de l’application, des dosages et des combinaisons de produits avec régulateurs de croissance sur la taille de la tige et la résistance à la verse, ainsi que sur les rendements et la qualité des variétés modernes d’orge. 

Auteur   Martin Bertschi, Forum Ackerbau, Strickhof  Davantage d’informations sur le Forum Ackerbau et les divers essais culturaux sur www. forumackerbau.ch

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