category icon
Production végétale

À la veille de l’ouverture des Feldtage

Avant même que les visiteurs·euses ne puissent parcourir les parcelles en juin, les Feldtage 2026 auront déjà été marqués par un printemps particulièrement intense. Dans les champs de Kirchberg, il a fallu semer, fertiliser, protéger et réagir – souvent dans l’urgence. Un regard rétrospectif montre à quel point la production végétale se forge sur le terrain.

À la veille de l’ouverture des Feldtage

Publié le

Rédactrice, Revue UFA

Depuis des années, les Feldtage (« Journées au champ ») comptent parmi les rendez-vous incontournables de la production végétale suisse. Organisées pour la première fois à Kirchberg (BE), ces journées, qui se tiendront du 10 au 12 juin 2026, placeront l’innovation, l’orientation pratique et les échanges professionnels au cœur de l’événement. Ce dernier se déploie sur 15 hectares et comprend plus de 300 essais en matière de variété, de fumure et de culture. Le programme comprendra encore des conférences spécialisées, des visites guidées et des démonstrations techniques. Ce qui frappe lors de l’événement, c’est avant tout le résultat. Or, en amont, une planification rigoureuse, une coordination étroite et un travail minutieux ont été nécessaires. Une rétrospective sur le printemps en révèle toute l’ampleur.

Février : coup d’envoi de la saison des Feldtage

Fin février, tout était encore calme dans les parcelles d’essai : si la végétation commençait timidement à pousser, peu de signes d’activité étaient perceptibles en surface. Sous terre, cependant, des processus essentiels à la croissance des cultures étaient déjà à l’œuvre.
Les personnes impliquées dans l’organisation de ces journées ont prélevé des échantillons de Nmin afin de déterminer la quantité d’azote disponible dans le sol, ces analyses étant une base importante pour les décisions de fertilisation à venir. Peu après, le colza et les céréales ont reçu leur premier apport d’engrais. Les cultures étaient en bon état.

Mars : il y a eu beaucoup à faire

Au printemps, il a fallu faire particulièrement attention à la protection phytosanitaire. Ainsi, début mars, les responsables des Feldtage ont réalisé des traitements herbicides ciblés dans les céréales d’automne, à un moment clé où de nombreuses adventices commencent déjà à germer. Ils ont complété les mesures chimiques par des interventions mécaniques, notamment en passant la herse étrille et la houe rotative. L’association de différentes approches faisait partie de leur stratégie dès le départ : l’objectif n’était pas de privilégier une seule méthode, mais de miser sur plusieurs mesures complémentaires en conditions réelles.

Fin mars, les betteraves sucrières ont étonnamment bien résisté à une vague de froid inattendue. Quelques jours plus tard, le méligèthe du colza a atteint le seuil de tolérance. Les spécialistes ont alors réalisé un traitement ciblé par drone, permettant d’agir avec précision tout en ménageant les sols, et ce, au moment opportun. Parallèlement, ils ont mis en œuvre des mesures fongicides et herbicides dans l’orge ainsi que dans les céréales de printemps, fractionné les apports d’azote et appliqué des régulateurs de croissance dans les cultures.

alt_text

Des inspections régulières des cultures de colza sont obligatoires pour déterminer le seuil de tolérance pour le méligèthe.

(Feldtage OK)

Avec la croissance de la végétation, la charge de travail des expert·es des Feldtage s’est considérablement accrue. A la mi-mars, ils ont ainsi semé les betteraves sucrières et les protéagineux ; de même, ils ont mis en terre les pommes de terre primeurs. Sur les parcelles fourragères, ils ont encore procédé à la première fauche – moins dans une optique de rendement que pour suivre le développement des plantes. L’objectif était de créer des peuplements uniformes et bien développés afin de pouvoir comparer de manière pertinente les différents mélanges lors de l’événement. Si ces interventions restent souvent invisibles pour les visiteurs·euses, elles sont décisives pour la pertinence des essais.

alt_text

A la fin avril, les spécialistes ont planté différentes variétés de pommes de terre.

(Feldtage OK)

Avril : mois des semis

Le mois d’avril a apporté un regain de dynamisme ainsi que l’introduction de nouvelles cultures. Les spécialistes concerné·es ont semé des oignons, qu’ils ont immédiatement protégé en recourant à des herbicides de pré-levée. En effet, le démarrage est crucial pour cette culture à germination lente et peu compétitive. Ensuite, ils ont planté des pommes de terre, des carottes et, pour la première fois, des tournesols. Parallèlement, la gestion de l’eau est devenue un axe de plus en plus important dans leurs essais. Ainsi, ils ont mis en place différents systèmes d’irrigation sur les parcelles de pommes de terre : aspersion, goutte-à-goutte, solutions sans irrigation ainsi qu’un essai de fertigation. L’objectif n’était pas d’éviter le stress hydrique, mais de mettre en évidence les différences dans la manière de le gérer.

alt_text

Les travaux sur les parcelles d’essai tournent à plein régime. Diverses mesures de fertilisation et de protection des plantes ont pu être réalisées.

(Christoph Brönnimann)

Le 21 avril, avec le semis du maïs, la campagne de semailles s’est achevée. Sur certaines parcelles, les responsables avaient épandu du lisier au préalable à l’aide de pendillards. Ils ont mis en place différentes variétés ainsi que diverses stratégies de fertilisation et de protection des plantes afin de pouvoir les comparer directement entre elles ultérieurement. Avec le maïs en terre, l’ensemble des cultures était désormais implanté, mais le travail n’était pas terminé pour autant.

alt_text

Les installations d’irrigation sur les parcelles d’essai de pommes de terre sont installées et prêtes à l’emploi.

(Christoph Brönnimann)
alt_text

A la fin avril, les responsable ont semé le maïsde manière homogène à l’aide d’un semoir monograine.

(Feldtage OK)

Affronter les risques en conditions réelles

Il s’agit ensuite d’observer, de documenter et de réagir en continu aux conditions météo, à la croissance des cultures et à la pression des nuisibles. C’est précisément cette phase qui fait la spécificité des Feldtage : loin d’un cadre expérimental idéalisé, cet événement reflète un cycle de végétation soumis aux aléas climatiques, à des fenêtres d’intervention souvent étroites et à des décisions prises en conditions réelles. Ainsi, en se promenant en juin dans les parcelles de Kirchberg, les visiteurs·euses découvrent non seulement les cultures en place, mais aussi les traces d’un printemps intense. Ils comprennent ainsi que la production végétale ne se limite pas au résultat final.

Agri Quiz sur le désherbage mécanique
Agri Quiz sur le désherbage mécanique

Testez vos connaissances en participant à l’Agri Quiz de la Revue UFA. Les questions portent sur le désherbage mécanique et les machines spécifiques.

Vers le quiz

Articles les plus lues