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Production végétale

Eviter l’acidification du sol

Les sols acides ne peuvent pas exploiter leur potentiel de rendement. Le chaulage permet d’y remédier. Une analyse de la capacité d’échange cationique permet d’évaluer précisément le statut calcaire du sol et de définir ainsi l’apport optimal de calcium.

Une analyse de sol spécifique de la capacité d’échange cationique permet de déterminer exactement les besoins du sol en chaux...

Une analyse de sol spécifique de la capacité d’échange cationique permet de déterminer exactement les besoins du sol en chaux.

Publié le

Actualisé le

Conseiller de vente, Landor

Analyse du calcium

Un bon approvisionnement du sol en chaux est important. Le calcium stabilise en effet la structure du sol et agit contre son acidification. Dans les sols acides, la disponibilité des nutriments est restreinte. La planification de la fumure devrait donc commencer par un chaulage. Il existe plusieurs méthodes de mesure de la teneur en calcium du sol. L’une d’entre elles est l’analyse de la capacité d’échange cationique (CEC). Elle fournit des indications précises sur le degré d’acidification du sol et sur les nutriments cationiques qu’il contient.

Qu’est-ce que la CEC ?

Les ions positivement chargés des nutriments, tels que K + , Mg ++ , Na + et Ca ++ , sont liés de façon réversible aux complexes argilo-humiques, aux minéraux argileux et à la substance organique. Les nutriments peuvent être libérés et absorbés par les racines des plantes. La CEC est une mesure de la capacité d’un sol à stocker et libérer des nutriments cationiques. Elle dépend de la composition chimique et mécanique du sol. Un sol riche en argile et en humus présente une CEC plus élevée qu’un sol sablonneux pauvre en humus. Plus le pH du sol est élevé et plus la CEC effective est élevée. La saturation en cations indique le pourcentage (selon la CEC) d’échange par les cations K + , Mg ++ , Na + et Ca ++ . Sachant que ces ions sont des nutriments importants dans le sol et qu’ils ont un impact sur la structure de ce dernier, la saturation en cations permet également de tirer des conclusions sur la fertilité du sol. Un sol avec une saturation en cations supérieure à 80 % est considéré comme excellent. Si cette valeur est inférieure à 60 %, le sol est moins fertile.

Comment l’échange fonctionne-t-il ?

Les échangeurs cationiques (surtout les complexes argilohumiques, les minéraux argileux et la substance organique) sont chargés négativement.

Ils peuvent ainsi se lier à tous les cations, chargés positivement. Une composition cationique idéale des complexes argilo-humiques affiche les pourcentages suivants: environ 80 % de calcium, 10 % de magnésium, 5 % de potassium et 1 à 2 % de ions hydrogène.

Pour absorber les nutriments cationiques, la plante libère des ions hydrogène. Ces derniers s’accumulent à la place des nutriments dans les échangeurs des complexes argilo-humiques.

Les sols s’acidifient

Si la nutrition des plantes est principalement cationique, les ions hydrogène s’accumulent et se substituent au calcium (voir graphique).Il s’ensuit une acidification du sol, qui entraîne une baisse de fertilité, même s’il existe un potentiel de rendement élevé. Par ailleurs, les métaux tels que le fer, le manganèse et le zinc sont mieux dissous et absorbés par les plantes dans les sols acides, ce qui nuit parfois à la croissance de ces dernières.

Le dioxyde de carbone participe aussi à l’acidification du sol s’il ne peut pas s’en échapper. Le calcium joue également un rôle décisif dans ce domaine, en reliant les particules d’argile et de silt, contribuant ainsi à la stabilité structurelle du sol. S’il manque des ions calcium ou si ces derniers sont lessivés, le sol devient sujet à la battance. Une croûte se forme à la surface, empêchant le dioxyde de carbone de s’échapper. En se liant à l’eau, il se transforme en acide carbonique et acidifie le sol.

Compenser les pertes

Dans la fumure, il faut tenir compte de l’effet d’acidification des engrais, qui diffère d’un produit à l’autre (voir tableau). Un chaulage permet de remplacer les ions H + dans les échangeurs et de neutraliser le sol. Les pertes de calcium s’élèvent annuellement entre 200 et 500 kg CaO par hectare.

A lui seul, le pH du sol n’est pas suffisant pour déterminer la teneur en calcium du sol. Il se peut donc que le pH du sol se situe dans la zone idéale mais que le sol souffre d’un manque de calcium. Une analyse CEC fournit en revanche des chiffres précis. Grâce à elle, on peut savoir exactement si le sol contient suffisamment de calcium ou s’il y a un excédent de H + . On peut donc calculer le besoin de calcium et procéder à un chaulage en conséquence. 

Auteur   Heinz Mathys, Landor, 4127 Birsfelden  Hotline gratuite  0800 80 99 60

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