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Production végétale

Fumure en bio : les points clés

Comme l’indique le cahier des charges de Bio Suisse, le but de la fertilisation est de favoriser la vie du sol. Quel que soit le mode de production, c’est un des principes de base fondamental de la fumure, nourrir le sol pour nourrir la plante.

Visite de culture de Gérald Cantin, conseiller Landor, et observation du soja bio de Michel Werro à Breilles (FR). 

Visite de culture de Gérald Cantin, conseiller Landor, et observation du soja bio de Michel Werro à Breilles (FR). 

(Landor)

Publié le

Chef de vente Landor, membre de la direction

La fertilisation consiste à restituer au sol les éléments nutritifs que les cultures ont prélevés. En bio comme pour les autres modes de production, une fertilisation réussie se mesure aux résultats de ses récoltes ainsi qu’à l’état structurel et de fertilité de son sol. Cependant, en agriculture biologique il est encore plus déterminant d’anticiper et de planifier afin d’atteindre ces objectifs.

En effet, les végétaux ne sont capables de se nourrir qu’à partir d’éléments nutritifs solubilisés. Or, en agriculture biologique, les apports se font principalement sous une forme organique. Toute fumure minérale doit répondre au cahier des charges et se faire avec des produits homologués par la liste des intrants FiBL.

Pour pouvoir être assimilables par les plantes, les éléments organiques apportés dans le sol doivent être transformés ; cette étape s’appelle la minéralisation. Celle-ci est réalisée par les macro-organismes et les micro-organismes présents dans le sol (comme p. ex. les vers de terre ou les bactéries). Elle varie en fonction des conditions météorologiques et des « habitudes » du sol : plus les apports organiques sont réguliers, plus le sol aura la capacité de les minéraliser rapidement. L’état du sol joue un rôle majeur : plus sa structure est bonne et son pH adéquat, plus les micro-organismes pourront se développer. En agriculture biologique comme dans les autres modes de production, la planification du chaulage a un grand rôle à jouer.

La minéralisation est réalisée par les macro-organismes et les micro-organismes présents dans le sol.

La rotation, un facteur déterminant pour le succès

La rotation des cultures est déterminante dans la fertilité biologique des sols et plusieurs techniques peuvent être combinées : implanter des prairies temporaires à base de légumineuses (trèfles, luzerne) permet de reposer le sol, de lutter contre les adventices et d’apporter une fourniture en azote sur plusieurs cycles culturaux . Introduire des légumineuses à graines dans la rotation (lupin, féverole, soja, pois) permet d’apporter une partie des besoins en azote de la culture suivante. Il faut savoir également qu’un sol pourvu suffisamment en P, K, et Ca influence positivement la fixation de l’azote issu des légumineuses.

Enfouir les résidus de récoltes améliore la teneur en matière organique du sol et restitue au sol des éléments nutritifs. Alterner, associer des cultures dans la rotation avec différents systèmes racinaires améliore l’aération et la structure du sol.

La mise en place d’engrais verts durant les périodes d’intercultures permet de fournir au sol des éléments nutritifs, de restituer de la matière organique, d’améliorer la structure et de faire pression sur les adventices. Le choix du mélange a un impact direct sur le sol et la disponibilité des éléments pour la culture à venir. Ce choix de mélange d’engrais vert doit être étudié.

Couvrir les besoins des plantes

Selon la culture, le précédent cultural et le potentiel de rendement, il est souvent difficile de couvrir l’ensemble des besoins en nutriments de la culture en place. Des engrais azotés organiques du commerce sont épandus pour fournir l’azote requis. Avec ces produits, il faut prendre en compte un délai entre l’épandage et la disponibilité des éléments nutritifs. Comme tout produit organique, ils doivent être minéralisés. Plus on souhaite une disponibilité « rapide », plus le rapport carbone azote (C / N) doit être petit. Mais dans tous les cas, un épandage précoce doit être planifié. Quant au soufre, épandu en quantité adéquate et raisonnable, il permet une meilleure valorisation de l’azote.

Le désherbage mécanique, par exemple avec une herse étrille, a un effet secondaire bénéfique en favorisant la minéralisation.

En cours de végétation, la biostimulation par voie foliaire avec des algues, acides aminés ou poudre de roche renforce la plante et permettra une meilleure utilisation des éléments nutritifs à disposition et d’augmenter la photosynthèse.

L’analyse de sol reste votre boussole

Une analyse de sol régulière permet d’adapter sa fumure sur des valeurs actuelles. Nous conseillons à tous les agriculteurs·trices d’effectuer cette analyse régulièrement afin de maintenir la fertilité du sol. Mieux vaut prévenir que guérir.

Plan de fumure – un élément crucial

Peu importe la taille de l’exploitation ou le nombre de cultures, le plan de fumure est un outil indispensable à tout mode d’agricul ture, apportant un support solide avec lequel travailler. Il permet de tenir compte de tous les éléments cités ci-dessus et d’optimiser la fumure en la planifiant consciencieusement. Complexe, la fertilisation constitue un point clé pour la réussite de la culture concernée. Il est donc important d’investir du temps pour ces réflexions et une bonne planification. A cet effet, il est possible de recourir à un service de conseil en vue de se faire aider. 

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