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Production végétale

La commercialisation des céréales fourragères est une gageure

La commercialisation des céréales fourragères est complexe et la protection douanière existante n'est pas suffisamment flexible pour des marchés volatils. La constellation actuelle de prix indicatifs, de prix-seuils et de protection douanière entraîne un désavantage en termes de coûts pour les fabricants d'aliments composés dont les formules contiennent une part importante de céréales fourragères suisses.

En 2023, la récolte de blé fourrager s'élèvera, selon les estimations de Swiss Granum, à 49 400 tonnes (sans les semences).

En 2023, la récolte de blé fourrager s'élèvera, selon les estimations de Swiss Granum, à 49 400 tonnes (sans les semences).

(Dr. Katharina Kempf)

Publié le

fenaco Céréales, oléagineux, matières premières (GOF)

Selon swiss granum, 64 667 ha de céréales fourragères ont été cultivées en Suisse en 2022. La répartition des surfaces se répercute sur l’approvisionnement indigène : l’orge, par exemple, couvre 72 % des besoins, ce qui correspond à neuf mois, alors que le blé fourrager couvre à peine deux mois (soit 17 % des besoins). Au total, la récolte de céréales fourragères suisses 2022 couvre 40 % des besoins indigènes (voir graphique sur l’approvisionnement national). Les coûts de production ayant augmenté dans les grandes cultures, la commission « Marché-qualité céréales » de swiss granum a décidé le 12 mai 2022 d’augmenter le prix indicatif pour les céréales fourragères et les protéagineux de 3 fr. pour 100 kg. La commission n’a toutefois pas réussi à se mettre d’accord sur une modification des prix-seuils ni sur la demande ad hoc auprès de l’Office fédéral de l’agriculture (OFAG). Or, sur un marché stable, les prix indicatifs et les prix-seuils devraient évoluer en parallèle afin que la production indigène ait les mêmes chances de vente que les céréales fourragères importées.

Le mécanisme de protection à la frontière est mis à l’épreuve

Le système des prix-seuils doit protéger la production suisse de céréales fourragères et garantir ainsi un certain degré d’auto-approvisionnement. Le prix-seuil, qui correspond au prix cible des céréales fourragères importées à la frontière suisse, est calculé en additionnant le prix d’acquisition sur le marché international et les prélèvements à la frontière. Ces prix sont fixés par le Conseil fédéral.

Les prélèvements à la frontière se composent quant à eux de la contribution au fonds de garantie et du taux des droits de douane. L’OFAG les examine tous les mois et les adapte si nécessaire. Les prélèvements à la frontière entrent en vigueur le premier jour du mois suivant. La collecte de données et l’entrée en vigueur des prélèvements étant décalées, il se peut que lorsque les prix fluctuent beaucoup sur les marchés internationaux, la protection douanière ne soit plus adaptée pendant plusieurs semaines. Inversement, on peut, avec un tel décalage temporel, se retrouver avec une protection douanière élevée alors que les céréales indigènes ont déjà été commercialisées.

Le fait est que le mécanisme de protection à la frontière en vigueur n’est pas adapté aux marchés volatils et entraîne des distorsions du marché. L’interprofession swiss granum a donc demandé au groupe de travail chargé de la protection des céréales à la frontière de proposer des mesures pour améliorer la méthode de fixation des prélèvements à la frontière sur les marchés volatils.

Les prix finaux sont sous pression

Les céréales indigènes telles que le blé fourrager, dont la majorité a pu être commercialisée en août, septembre et octobre, ont bénéficié des prix élevés des importations et des prélèvements à la frontière qui en découlent. Il en a été autrement pour l’orge et le triticale, dont la production indigène couvre les besoins pendant environ neuf mois. Pour le maïs grain, la commercialisation a démarré à la mi-novembre, à une période où les prélèvements à la frontière étaient trop faibles par rapport au prix indicatif. Pour cette raison, fenaco GOF a suspendu temporairement la commercialisation de la marchandise indigène dans l’intérêt des agriculteurs·trices suisses, et pour ultérieurement mettre à profit une meilleure phase de prix.

Dans le contexte actuel, il n’est guère possible d’obtenir pour les céréales fourragères suisses des prix supérieurs au prix-seuil, à moins que les prix internationaux ne surpassent la protection douanière suisse. La configuration actuelle de prix indicatifs, de prix-seuil et de protection à la frontière entraîne un désavantage en termes de coûts pour les fabricants d’aliments composés dont les formules contiennent une part importante de céréales fourragères suisses.

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