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Production végétale

La fumure, clé de la rentabilité

Dans la pratique, on évalue en général la valeur fourragère des herbages selon la teneur en protéine et l’énergie nette de lactation. Pour la santé et la performance des animaux, il convient cependant de garder un œil aussi sur les minéraux. Les engrais de ferme et minéraux permettent d’obtenir un fourrage optimal, tant en termes de qualité que de quantité.

Le niveau de production de l'animal dépend essentiellement du fourrage produit sur l'exploitation.

Le niveau de production de l'animal dépend essentiellement du fourrage produit sur l'exploitation.

(Landor)

Publié le

Conseiller de vente, Landor

Service de conseil, Landor

Spécialiste des bovins laitiers, UFA SA

Avant d’élaborer une stratégie de fumure, il faut se poser les questions suivantes : quelle est l’intensité d’utilisation (nombre de coupes) et donc le prélèvement d’éléments nutritifs ? Que disent les analyses de sol du pH et du calcaire ? Les teneurs du lait en protéine et en matière grasse sont-elles bonnes ? Les animaux sont-ils en bonne santé ? Quelle est la teneur en éléments nutritifs du lisier et quelles quantités sont épandues sur les herbages ? La composition botanique des herbages est-elle adéquate ? Comment la modifier ? On dispose des moyens de contrôle suivants : analyse du lisier, des fourrages, du sol, des teneurs du lait, du sang des animaux et apports en éléments nutritifs.

Qualité du fourrage

On obtient des teneurs suffisantes en minéraux et en micronutriments uniquement si les plantes peuvent les absorber dans le sol. La fumure de fond, chaulage compris, influe surtout sur la composition du peuplement végétal. Un bon équilibre (40 % de trèfle et 60 % de graminées pour les prairies artificielles ; 50 % de graminées, 20 % de trèfle et 30 % d’autres plantes pour les prairies naturelles) est bénéfique à la santé des animaux. Dans nombre d’exploitations laitières, la carence en phosphore (P) est le principal problème de santé chez les vaches. Pour couvrir ses besoins, une vache hautes performances a besoin de 3,5 g de P par kilo de matière sèche (MS) dans le foin ou l’ensilage d’herbe, pour une consommation quotidienne d’environ 90 g (71 g) de P avec une performance laitière de 40 kg (30 kg) par jour. La consommation de fourrage dépend aussi de son appétibilité. Il n’est guère possible de compenser avec des compléments les erreurs commises lors de la production du fourrage.

Carence en phosphore

Un manque de P dans le fourrage de base réduit son appétibilité et donc l’ingestion. Conséquences : les vaches restent plus longtemps couchées, perdent en vitalité, trottinent, ont une forte envie de lécher, souffrent de diarrhée, sont penchées vers l’avant et se déplacent avec « prudence ». Elles ont le pelage hirsute, des difficultés à se lever et à se coucher, et encourent un risque accru de blessure. Une carence en P entraîne aussi d’autres effets : problèmes de fertilité, baisse de la production laitière ou réduction des teneurs en protéine et en matière grasse. Si la carence perdure, la stabilité et la forme du squelette des animaux en lactation en pâtissent. Parfois, des parties d’os entières sont décomposées pour rééquilibrer le taux de P. Il est donc essentiel d’apporter suffisamment de P aux surfaces fourragères, par l’apport d’engrais organiques (lisier de porc) et les engrais minéraux (tableau 1). On notera que la teneur du lisier sera inférieure si les animaux sont engraissés avec des aliments pauvres en P. Le rapport P :K sera alors encore moins équilibré. Avec un apport de potassium (K) uniquement, la teneur en K du fourrage augmente, les graminées absorbant ce minéral en grandes quantités. Il convient de limiter les apports en K à 100 kg de K 2 O maximum par hectare, ce-lui-ci concurrençant l’absorption du sodium (Na) et du magnésium (Mg). Le fourrage (MS) du bétail laitier doit contenir environ 1 % de K. Une forte disponibilité du K réduit l’absorption de magnésium, de calcium (Ca) et de sodium, surtout lorsque le pH est bas. Il s’ensuit des tétanies d’herbage, des problèmes de fertilité et des fièvres du lait (hypocalcémies). La teneur en K ne devrait pas dépasser 33 g par kilo de MS. Dans une exploitation mixte avec grandes cultures (betteraves sucrières, pommes de terre, etc.), les quantités de K absorbées sont plus élevées que dans une exploitation fourragère.

Souvent, la carence en phosphore constitue le principal problème de santé chez les vaches.

Autres carences

Jusqu’à présent, on ne tenait guère compte du soufre (S) pour les herbages, le lisier étant censé garantir un apport suffisant. Une carence en S réduit cependant l’efficacité de l’azote (N) et, partant, de la teneur en protéine, en particulier à la première coupe. Cela s’explique par le fait que la minéralisation du soufre commence plus tard que celle de l’azote. Une carence en Na entraîne une forte envie de lécher, une baisse des performances et des problèmes de fertilité. Le fourrage de base devrait contenir au moins 0,2 % de Na, celui-ci augmentant aussi l’appétibilité des aliments. 

Exemple d’exploitation Jules Dietsche

Blattenhof, Kriessern, SG

Exploitation laitière sans ensilage avec grandes cultures et cultures maraîchères en plein champ

Exemple d’approvisionnement en phosphore

Analyse du fourrage 2,8 g / kg de MS P (objectif : entre 3,0 et 4,0 g) 
Analyse du lisier 0,38 kg / m 3 de MF P 2 O 5 (pentoxyde de phosphore) 
Analyse du sol 61,4 mg / kg de phosphore (faible à moyen)

Ces chiffres illustrent bien les corrélations entre les teneurs. Le sol est moyennement approvisionné en phosphore, le lisier contient lui aussi peu de phosphore, la teneur en phosphore du fourrage de base est donc faible. Dans le cas présent, il est important de couvrir les besoins en minéraux des vaches avec un complément riche en phosphore (UFA 1113, par exemple) et de compléter les engrais de ferme avec un engrais minéral riche en phosphore (Nitrophos Rapide, par exemple).

  

A propos des engrais de ferme

Les éléments nutritifs contenus dans les engrais de ferme ne se minéralisent que partiellement et s’accumulent dans le sol. La minéralisation dépendant de la météo, elle est difficile à prévoir.

Azote : 99 % de l’azote des engrais de ferme est disponible sous forme d’ammonium ou organique. On obtient le même résultat avec 100 kg de lisier qu’avec 50 kg d’engrais minéral azoté (cœfficient d’équivalence engrais minéral : 50 %). Le reste est stocké dans les réserves du sol. Les plantes absorbent l’ammonium pendant l’année d’épandage, et la part organique les années suivantes, en fonction du taux de minéralisation. En cas d’apports réguliers de lisier, on peut compter, pour les grandes cultures, sur une valorisation de 50 % la première année, de 10 à 20 % l’année suivante et de 5 à 10 % la troisième année (selon le type de sol et le pH).

Phosphore : 60 % du P des engrais de ferme est mobilisé la première année, le solde les années suivantes. Il s’agit principalement de phosphates de phytine, dégradés par des microorganismes avant d’être assimilés par les plantes. Le P se lie très vite à l’argile et aux métaux (aluminium, zinc) et se minéralise donc peu, ce qui explique les réserves parfois très élevées dans le sol. La solubilité du P dépend notamment de la température du sol. Si la période de végétation commence tôt et que le sol est chaud, la teneur en P est plus élevée à la première coupe qu’au cours d’un printemps froid et pluvieux.

Potassium : Le potassium n’est jamais lié organiquement et est donc intégré en totalité (100 %) dans les calculs.

Magnésium : La teneur du lisier en Mg dépend fortement de la composition des fourrages. Dans les analyses de lisier, on détermine en général la teneur globale en Mg et il est par conséquent difficile de savoir quel pourcentage est hydrosoluble et disponible pour les plantes (cela dépend du type de sol et du pH).

Oligoéléments : Dans les exploitations avec bétail, l’apport en oligoéléments est généralement assuré. Selon les besoins des cultures – betteraves sucrières, colza – une complémentation par application foliaire ou au sol peut se révéler nécessaire.

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