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Production végétale

Le colza, une culture pour les pros des champs

La sélection variétale permet aujourd’hui d’obtenir des rendements qui, dans certains cas, se rapprochent de ceux obtenus avant l’interdiction des néonicotinoïdes. De nouvelles variétés ou pratiques agricoles permettent d’assurer des rendements malgré les défis à relever aux plans agronomique et technique.

Un sous-semis dans le colza concurrence les mauvaises herbes et détourne les ravageurs.

Un sous-semis dans le colza concurrence les mauvaises herbes et détourne les ravageurs.

(Diane François)

Publié le

Product manager maïs, Semences UFA

Tout ravageur (altise, charançon de la tige ou méligèthe) cause des dégâts. Lorsqu’ils frappent conjointement, le rendement s’en trouve sensiblement réduit. De nouvelles pratiques permettent de réduire la pression des altises et des méligèthes (p. ex. sous-semis, méthode push-pull ou insecticide Surround). Choisir une variété optimale aide à prévenir les problèmes de hernie du chou, de résistance à la verse, de tolérance aux virus et à l’égrenage.

Sous-semis: défense contre les altises

Les altises se nourrissent des plantules et des jeunes feuilles de colza en fin d’été et à l’automne. Les petites altises se nourrissent des cotylédons. Jusqu’au stade où la plante a trois à quatre feuilles, les attaques peuvent être plus fortes que la croissance des plantes, qui risquent d’être anéanties. Utiliser un sous-semis dans le colza dilue le risque de ces attaques, car les plantes compagnes détournent les coléoptères. Le sous-semis permet, dans certains cas, de se passer d’un traitement chimique.

La majeure partie des dégâts générés par l’altise survient lorsqu’elle pond ses œufs et que ses larves mangent les tiges. Elles creusent des galeries dans les pétioles des feuilles de colza, parfois jusqu’à l’apex. Les plantes peuvent être perturbées dans leur développement et chercher à compenser par des ramifications secondaires au printemps. Les mélanges UFA Colzafix original ou UFA Colzafix Sun sont recommandés en sous-semis dans les cultures.

Push-pull contre les méligèthes

Au printemps, juste avant la floraison du colza, les méligèthes viennent se nourrir des boutons encore fermés. Leur destruction limite le potentiel de rendement. Lorsque le colza est en fleur, ces insectes ne causent plus de dégâts ; au contraire, ils aident à polliniser. La technique pushpull consiste à semer avec la variété de colza classique une variété ayant une floraison plus précoce de quelques jours (p. ex. RGT Troubadour ou ES Alicia). Les fleurs ouvertes détournant ces insectes de la variété d’intérêt, les dommages y sont réduits. D’autres espèces, telles que la navette, peuvent être utilisées pour un semis en bande à côté du colza. Cette technique est bien sûr limitée aux attaques modérées et à un décalage de floraison, non garanti, car inféodé au variations météorologiques de l’année. En cas de fortes attaques son impact sera faible. Il convient d’éviter de mélanger d’autres colzas ou espèces avec le colza HOLL, car la qualité de l’huile est très fortement diminuée avec une très petite part d’autres graines.

Les fleurs ouvertes détournant ces insectes de la variété d’intérêt, les dommages y sont réduits.

Choix de variétés tolérantes au TuYV

Le virus TuYV (virus de la jaunisse du navet) est transmis par le puceron vert du pêcher Myzus Persicae. Les infections se produisent à l’automne ou au printemps. Le puceron trouve refuge sous les feuilles des colzas dont il se nourrit et sous lesquelles il passe, de plus en plus souvent, l’hiver à l’abri des intempéries et des températures négatives. Au printemps, il continue de piquer les plantes. Lorsqu’il est porteur du virus, il infecte un grand nombre de pieds de colza. Les symptômes, qui peuvent être confondus avec des carences, sont des plantes faibles, ralenties et de petite taille au printemps. Suite à l’infection, la plante peut afficher une surface foliaire moindre, une capacité à ramifier réduite, moins de graines par silique et moins d’huile par graine. En conclusion, le TuYV diminue le rendement de plusieurs quintaux par ha.

Le TuYV provoque une diminution du rendement de plusieurs quintaux par hectare.

Semences UFA a réalisé ce printemps 2022, avec le soutien de Limagrain Europe, des analyses de feuilles afin de déterminer la présence du TuYV sur le territoire suisse. Les échantillons prélevés sur plusieurs variétés provenaient de parcelles situées à Vallon (FR) et à Lyssach (BE). Les résultats ont montré une présence du virus dans les deux parcelles avec une part variable de plantes infectées par le virus en fonction de la variété. La variété tolérante LG Angelico montrait une infection minime face aux deux variétés non tolérantes, dont l’infection était de très forte à modérée. Cette étude a donc permis de valider la présence du virus sur le territoire national. Suite à cette analyse, Semences UFA recommande de choisir une variété tolérante au TuYV, cette option agronomique permettant de gagner quelques quintaux au moment de la récolte.

Les moyens agronomiques de lutte dans le colza existent et se développent encore. Ils sont une première option afin de réduire les interventions dans le colza, mais n’excluent pas un suivi rigoureux de la culture. Les comptages et l’aide de la cuvette jaune permettent de suivre l’activité des ravageurs et d’intervenir au moyen d’un traitement phytosanitaire lorsque les seuils sont atteints ou dépassés. 

Recherchés : nouveaux producteurs·trices

Jusqu’à 800 m, la culture du colza est possible dans les zones bien exposées. De nouveaux producteurs·trices sont recherchés.

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