Production végétale

Montalbano, le nouveau blé de la classe Top

Il est temps de tirer les enseignements d’une moisson très précoce, caractérisée par des rendements moyens à bons, et d’établir la base de la récolte 2019. La question du choix variétal est une fois de plus cruciale. Va-t-on continuer comme jusqu’ici ou changer quelque chose à la variété ?

Cette année, la variété de blé Spontan a dépassé les attentes de rendement.

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Semences UFA

Semences de céréales

Durant l’automne 2017, les céréales ont été semées dans des conditions idéales. Janvier 2018 a été plutôt trop chaud, si bien que le blé était déjà légèrement en sève à certains endroits quand le gel a de nouveau frappé, d’où l’apparition de dégâts d’hivernage. Alors que les sols sont sortis de l’hiver bien saturés d’eau, des températures élevées ont succédé à un printemps très court. Les orges ont pour la plupart bénéficié de suffisamment d’eau alors que les blés ont beaucoup plus souffert de la sécheresse qui s’est installée progressivement. Cette année, c’est dans des sols de bonne qualité, profonds et plutôt lourds que les meilleurs rendements de blé ont été réalisés. L’augmentation de la charge en mycotoxines dans certaines régions est imputable au temps chaud et humide durant la floraison. Indépendamment de la protection antifongique, le travail du sol et le choix variétal ont aussi joué un rôle dans cette affaire.

Les producteurs de semences d’orge hybride ont également connu une année très difficile. Leurs rendements ont été bien inférieurs à la normale, car la pollinisation ne s’est pas déroulée dans des conditions optimales. Les autres producteurs de semences ont réalisé une récolte normale à bonne.

Higgins, prometteur en rendement et en qualité

La variété d’orge à six rangs KWS Higgins figure désormais sur la liste des variétés recommandées (LVR) de swiss granum. Elle possède un très gros potentiel de rendement, combiné à un poids à l’hectolitre élevé. Elle allie ainsi le rendement de KWS Tonic et la qualité de KWS Meridian. Elle sort en tête des essais d’Agroscope dans les conditions de culture PER (83,1 dt/ha). Elle peut également être recommandée en culture extenso, où elle est arrivée au second rang. La variété Azrah a aussi produit de bons rendements, mais ses poids à l’hectolitre auraient souvent pu être plus élevés. Les principales variétés sont toujours KWS Tonic et KWS Meridian pour l’orge à six rangs et KWS Cassia pour l’orge à deux rangs. On s’attend à ce que KWS Higgins débarque en force sur le marché. Chez les hybrides, Hobbit est disponible en quantités restreintes. En plus de Wootan, Baracooda est une troisième variété hybride. On ne dispose toutefois que d’un nombre restreint de résultats concernant cette dernière variété.

Montalbano, une alternative à CH Nara

L’année dernière, beaucoup de producteurs de céréales avaient misé sur CH Nara. Ils n’ont toutefois pas tous été récompensés, car CH Nara produit nettement moins de paille tout en étant sensible à la fusariose de l’épi. La nouvelle variété tardive Montalbano arrive donc juste au bon moment pour offrir une alternative valable chez les blés de la classe Top, car un retour à la variété CH Claro aurait peu de sens. Lors des essais, Montalbano s’est distingué par d’excellents rendements, et peu de variétés sont aussi résistantes aux maladies. Il est par ailleurs barbu, ce représente un avantage pour les producteurs touchés par les dégâts liés aux sangliers. Seul son poids à l’hectolitre ne peut concurrencer les meilleures variétés. Dans la classe Top, les acheteurs continuent également de demander des variétés qualitatives comme Molinera, Runal et Lorenzo.

Chez les producteurs bio, la variété Wiwa a figuré aux premiers rangs durant des années. Cette année, Baretta est une alternative très intéressante du fait de son rendement. Pizza attire par ailleurs de plus en plus d’agriculteurs.

Dans la classe I, les principales variétés sont Forel, Arina et de plus en plus Hanswin. En culture extenso, Hanswin offre des avantages que les deux autres variétés n’ont pas. Chaumont a surtout fait ses preuves sur les terrains secs, mais ses résultats en termes de rendements et de temps de chute sont souvent restés inférieurs aux attentes.

Dans la classe II, Spontan, inscrit l’an dernier dans la LVR, a satisfait, voire dépassé les attentes. Cette variété convainc par son rendement et sa résistance aux maladies. Ludwig, Montalto et Bernstein restent aussi dans la course.

Pour les blés fourragers, Sailor et Mulan ont convaincu par leurs rendements. Papageno est entré dans la LVR l’année passée, mais il est sensible à la rouille jaune et à la rouille brune.

Larossa possède une belle longueur d’avance dans les triticales. Il est suivi de Trialdo, surtout apprécié en culture extenso car il est plus court. Cosinus a fait son entrée dans la LVR l’année passée.

Concernant les épeautres, Oberkulmer et Ostro sont toujours commercialisés.

Interdiction de certains produits de traitement des semences

A partir du 31 décembre 2018, la vente et la mise en place de semences traitées contre le ver fil-defer ou ayant fait l’objet d’un traitement combiné seront interdites. Les molécules actives concernées sont la clothianidine et le thiaméthoxame. Aucun délai transitoire n’étant accordé, il faudra veiller lors de l’achat à ce qu’il n’y ait pas ou le moins possible de restes. Les semences en question sont reconnaissables à leur étiquette blanche barrée de rouge. Cette interdiction signifie qu’à l’avenir, il faudra faire encore plus attention au virus de la jaunisse nanisante de l’orge, qui se manifeste par des surfaces jaunes dans le peuplement. Le vecteur principal est le puceron des céréales. De nombreuses espèces végétales (céréales, maïs, graminées, vulpin des champs, chiendent) peuvent servir de plante hôte au virus. Les semis précoces en automne et les températures douces favorisent l’infestation. Le danger de transmission augmente s’il existe des sources d’infection potentielles à proximité immédiate de la parcelle de céréales semées, comme du maïs tardif ou des repousses de céréales. Il faudrait donc semer l’orge plus tardivement.

C’est surtout le ver fil-de-fer qui fait des dégâts dans les peuplements de blé. Le danger est particulièrement marqué sur les prairies de longue durée. En pareil cas, il est préférable de préparer un lit de semence à granulation fine et d’augmenter légèrement la densité du semis. Plus la température est basse, moins le vert fil-de-fer est actif, si bien qu’il vaut mieux ne pas semer le blé trop tôt.

AuteurMike Bauert, Semences UFA, 3421 Lyssach

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