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Production végétale

Plantations sous litière en culture maraîchère

La litière réduit l’érosion, réprime les mauvaises herbes et favorise la vie dans le sol. En culture maraîchère, les plantations sous litière ne sont pas faciles à réaliser, mais sont néanmoins facilitées par un appareil spécialement conçu pour elles.

Une couche de mulch réduit l’érosion, diminue l’évaporation et réduit la présence des adventices. 

Une couche de mulch réduit l’érosion, diminue l’évaporation et réduit la présence des adventices. 

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Culture maraîchère  Couverture du sol

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Margareta Scheidiger

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Daniel Fröhlich

Les plantations sous litière influencent favorablement le sol. La litière protège le sol de l’érosion et de l’évaporation, ce qui permet d’économiser de l’eau. Elle réprime en outre les mauvaises herbes. Les radicules des légumes peuvent y prélever directement les substances nutritives. Le centre BBZ Arenenberg a testé un appareil spécial pour les plantations en ligne sous litière de différents légumes.

Protocole expérimental

L’essai a été effectué sur le domaine Brunegg, à Kreuzlingen (TG). La plantation sous litière a été testée sur le céleri-rave, le poireau, le chou rouge, le chou blanc et la laitue pommée. Deux variantes ont été comparées: le procédé de semis direct de litière, où un mélange de semences est directement semé sur la parcelle de légumes, et le procédé de dispersion de litière, celle-ci étant prélevée sur une autre parcelle et dispersée avant la plantation des légumes.

Dans la technique de semis direct, le mélange pour litière a été semé en septembre 2016 sur les parcelles où les légumes ont été plantés plus tard. Il se composait pour moitié de triticale d’automne, pour un quart de vesce de Pannonie et pour un quart de pois d’automne. Dans la technique de dispersion, un mélange de Landsberg (50% de ray-grass d’Italie, 20% de vesce d’hiver et 30% de trèfle incarnat) a été semé en août 2016 à l’écart de la parcelle d’essai, sur une parcelle dite donneuse.

Technique de plantation

Les plantations de légumes ont été effectuées en mai et en juin 2017. Dans la technique de semis direct, le couvert végétal a été traité au rouleau à couteaux avant la plantation. Plusieurs passages ont été nécessaires. Les légumes ont été ensuite plantés dans le sens du passage du rouleau. La litière a en partie été broyée après le passage du rouleau, afin d’éviter le redressement et la repousse des pois d’automne.

Dans la méthode de dispersion, la parcelle donneuse a été fauchée et la matière végétale répartie sur une couche d’environ 8 cm d’épaisseur dans la parcelle de légumes.

Le céleri-rave, le poireau, le chou rouge, le chou blanc et la laitue pommée ont été plantés avec un dispositif spécial qui permet, au moyen d’un couteau rotatif, de couper précisément à travers la litière dans chaque ligne de plantation et de préparer une ouverture pour les plantons. Les plantons de légumes doivent être nettement plus grands que pour une plantation sur sol découvert.

Parallèlement à la plantation, on a procédé à une fumure enfouie, et la culture a été irriguée pendant la période de végétation lorsque nécessaire.

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Il existe maintenant un engin spécial pour les plantations en ligne sous litière en culture maraîchère. 

Avantages des plantations sous litière

  • réduction de l’érosion 

  • moins d’évaporation 

  • répression des adventices annuelles 

  • moins de terre adhérant aux légumes 

  • bénéfique à la vie dans le sol et à la structure du sol

Points auxquels il faut être attentif

  • Système de dispersion: répartir la couche de litière uniformément 

  • Système de semis direct: ne pas passer la litière au rouleau avant la maturité optimale 

  • Les plantons doivent être plus grands que pour les plantations sur sol découvert 

  • Les adventices vivaces ne sont pas réprimées; elles doivent être combattues dans les cultures précédentes.

Protection des plantes et gestion des adventices

Les mesures de protection des plantes ont été réalisées conformément aux directives PER et Suisse Garantie. On a totalement renoncé aux herbicides. Sur la parcelle à litière dispersée, toutes les adventices vivaces ont été préalablement éliminés manuellement à l’aide d’un arrache-racine. Sur la parcelle à semis direct de litière, aucune adventice n’a été visible jusqu’au passage du rouleau. Dans un système comme dans l’autre, le désherbage a été effectué en partie à la main.

Des granules anti-limaces ont été épandus juste avant et quatre à cinq semaines après la plantation de légumes.

La pression des adventices diminue

Pour les cultures peu couvrantes et à développement lent (tel le poireau), un désherbage unique complet peut être nécessaire, en fonction de la pression des adventices, ou il faut rajouter de la litière.

La couche de litière n’est pas capable de réprimer les adventices vivaces. Le rumex et autres adventices vivaces doivent être intensément combattus dans les cultures précédentes.

Dans les cultures brèves d’une durée de huit à dix semaines, la germination des adventices dans la litière ne pose pas de problème.

La repousse nécessite une coupe manuelle

Dans le système de semis direct de litière, le couvert a été passé au rouleau avant la maturité optimale, ce qui a permis au pois et au triticale d’automne de repousser. Il a donc fallu couper ensuite deux fois manuellement, ce qui a impliqué une charge de travail d’environ 180 MOh/ha.

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Le poireau a été planté dans de la litière dispersée.

Moins de thrips dans les poireaux

La couche de litière a permis de réduire la pression du thrips sur le poireau. Avant le vol de masse qui se déroule à partir de la récolte de céréales, on a dénombré chaque semaine dans les parcelles expérimentales deux fois moins de thrips que dans une culture de poireau comparable sur sol découvert, dans la même région. La pression de l’aleurode du chou n’a pas pu être réduite.

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Le BBZ Arenenberg a testé la plantation sous litière pour différents  légumes. 

Résultats de l’essai et recommandations

Dans les deux techniques, la couche de litière a offert une bonne protection contre l’évaporation au vu des températures élevées et du temps sec de l’été 2017.

Dans la phase initiale, la fumure enfouie a été insuffisante dans les cultures gourmandes en azote (choux-rave, p. ex).

Dans l’essai, la décomposition de la couche de litière a été optimale. Toutefois, cette dernière peut pourrir lors de compactage de la trace de passage sur sol humide, en cas de litière trop épaisse et de mauvaise structure du sol.

Dans la technique de semis direct de litière, la culture précédente ne devrait jamais être passée au rouleau avant d’avoir atteint la maturité optimale, car dans ce cas, elle se redresse et repousse.

AuteursMargareta Scheidiger et Daniel Fröhlich, centre de formation et de vulgarisation BBZ Arenenberg

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