Un bon pâturage pour chevaux est fait en grande partie de graminées fourragères de qualité. Les plantes herbacées et les légumineuses ne posent pas de problème, mais ne doivent pas dépasser 10 % de la composition. En raison d’une superficie limitée, de nombreux pâturages pour chevaux en Suisse sont exploités de manière très intensive. Or une forte densité d’animaux, l’absence de phases de repos, un piétinement important, la sélection des plantes par les animaux et un broutage trop ras affaiblissent les graminées les plus précieuses. Ainsi, sans entretien ciblé, la qualité du pâturage diminue : des zones dégarnies apparaissent dans le peuplement et les adventices prolifèrent.
La fin de l’hiver est le moment idéal pour vérifier l’état des surfaces et prendre les mesures de remise en état requises. A cet effet, il faut évaluer la couche herbeuse et déterminer la composition botanique. Avant toute remise en état, il convient aussi d’analyser le sol, afin de vérifier le pH et l’approvisionnement en nutriments, ainsi que de remédier aux éventuelles carences. Pour cela, il est souvent judicieux d’épandre 300 à 400 kg / ha de cyanamide calcique au printemps, limitant aussi la présence de parasites. Ce faisant, il y a lieu d’attendre 2–3 semaines avant la remise au pâturage.
Sursemis sur les pâturages affaiblis
Les surfaces ayant quelques zones dégarnies et plus de 30 % de graminées de qualité peuvent être remises en état avec un sursemis. Pour ce faire, les semences peuvent être hersées ou semées à plat avec un semoir en lignes ; il est ensuite crucial de rouler la surface et de réaliser une 1 re utilisation 3 à 5 semaines plus tard afin que les jeunes plantes aient assez de lumière et d’espace. En cas de sursemis, il faut renoncer à la fumure azotée avant celui-ci et jusqu’à la 1 re utilisation, sinon la végétation existante, déjà bien enracinée, serait inutilement favorisée.
Ressemer les surfaces dégarnies
Sur les pâturages d’hiver et les surfaces avc de nombreuses zones dégarnies, un nouveau semis est souvent la meilleure option. Un travail superficiel du sol permet de niveler les irrégularités et de créer un bon lit de semence. La profondeur de semis idéale est de 1 à 2 cm. En cas de semis en lignes, on peut réduire de moitié la quantité de semences et les épandre en deux passages croisés, améliorant la répartition des semences et garantisant une couche herbeuse qui se densifie rapidement. Il faut dans tous les cas passer le rouleau après le semis. Des coupes régulières toutes les 4 semaines (env.) favorisent une couche herbeuse dense et résistante, point crucial pour que la surface puisse à nouveau être pâturée. Le trèfle blanc, qui s’installe souvent de lui-même, profite d’une pâture régulière.
Causes de la présence d’adventices
Sur les surfaces envahies par les adventices, il faut, avant la remise en état, identifier la cause de leur propagation afin de ne pas répéter les mêmes erreurs : les zones dégarnies et les dégâts dus au piétinement n’ont pas été corrigés à temps avec les graminées requises, l’apport en calcaire (ou engrais) était insuffisant, la surface a été surexploitée ou les zones surélevées n’ont pas été fauchées, la flore adventive se ressemant. Les adventices doivent être éliminées avant la remise en état, soit par arrachage ou fauchage répété, soit par un travail ciblé du sol ou encore, en dernier recours et si cela est admis, avec un herbicide. La surface peut ensuite être travaillée et réensemencée.
Gestion après la remise en état
Après la remise en état, il importe de bien gérer le pâturage et d’adopter une stratégie de chaulage et de fumure adaptée aux besoins pour assurer stabilité et productivité. Les nouvelles zones dégarnies doivent être régulièrement réensemencées avec les graminées voulues afin qu’il n’y ait aucun espace pour les adventices. Il faut aussi des périodes de repos suffisantes pour que la couche herbeuse se régénère. Les pâturages tournants, la pâture rationnée ou l’exclusion temporaire des zones très sollicitées assurent une répartition uniforme de la charge. Enfin, un pâturage ne doit si possible pas être utilisé dans des conditions humides afin d’éviter les dégâts dus au piétinement. Une bonne planification, des mesures de remise en état appropriées et une gestion durable permettent de créer des pâturages performants et résistants, au profit des chevaux et de leurs propriétaires.
Notre conseil
Sursemis : mélange pour sursemis UFA U-440 AR Graminées Highspeed ou UFA 485 Prairie à chevaux Highspeed avec une quantité de semences réduite d’environ 20 kg/ha ; les deux mélanges ne contiennent pas de trèfle.
Nouveau semis : mélange UFA 485 Prairie à chevaux Highspeed, spécialement adapté aux besoins spécifiques des chevaux et des poneys ; il se compose de sept graminées différentes.







