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Vie quotidienne

Les autruches, ces coureuses captivantes

D’habitude, dans la ferme de la famille Schwager, à Ifwil (TG), le mois d’avril est rythmé par les naissances des autruchons. Mais cette année, grippe aviaire oblige, tout est différent.

Ces poussins d'autruche sont âgés de trois semaines.

Ces poussins d'autruche sont âgés de trois semaines.

(Ruth Bossert)

Publié le

journaliste indépendante

En ce mois d’avril, l’humeur n’est pas au beau fixe chez Claudia et Jakob Schwager… et chez leurs autruches non plus : celles-ci sont enfermées dans leur poulailler depuis près de cinq mois déjà, en raison de la grippe aviaire. « C’est à en devenir fou », explique Jakob Schwager. S’il accepte les mesures de protection édictées par l’Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OSAV) et comprend que le service vétérinaire du canton effectue des contrôles, sa femme et lui voient leurs autruches perdre petit à petit goût à la vie. Même si le poulailler leur offre suffisamment d’espace, elles s’ennuient et commencent à se disputer. Pour Claudia Schwager, son groupe d’animaux confinés ressemble à des enfants qui ne pourraient pas aller jouer dehors : « Elles sont irritées, se piquent et se disputent. Elles cherchent aussi leur place au sein du groupe. Tout ça dans un espace restreint et non dans les deux hectares de prairies qu’elles avaient à disposition depuis cinq bonnes années. » Jakob ajoute : « Quand on pense que ces animaux peuvent atteindre une vitesse de pointe de 70 km / h… Et on les condamne depuis maintenant cinq mois à l’oisiveté. Il y a de quoi devenir fou, même pour un animal. »

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Jakob et Claudia Schwager souhaitent nourrir leurs animaux avec leur propre fourrage.

(Ruth Bossert)

« Quand on pense que ces animaux peuvent atteindre une vitesse de pointe de 70 km / h. »

Jakob Schwager

Une source de revenus supplémentaire

Claudia et Jakob Schwager ont repris l’exploitation laitière des parents de celui-ci en 2010. Le couple nous raconte qu’il y a quelques années, alors que le prix du lait ne cessait de baisser, ils ont réfléchi à une source de revenus supplémentaire. Ils se sont alors tournés vers les autruches. Les travaux préliminaires ont été longs et la procédure d’autorisation laborieuse. Jakob a effectué une formation continue en Allemagne et en Suisse afin d’être paré pour garder ces animaux sauvages conformément à leurs besoins. Selon eux, la collaboration avec le service vétérinaire compétent est plutôt compliquée : nombreux changements parmi les responsables, peu d’expérience avec les animaux sauvages, et maintenant viennent s’ajouter les mesures de restriction strictes liées à la grippe aviaire. Même si les Schwager aiment leurs autruches et qu’ils ne souhaitent en aucun cas les abandonner, ils ne sont aujourd’hui plus si sûrs qu’ils se relanceraient dans l’aventure.

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Enzo est un vrai coq en pâte !

(Ruth Bossert)
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Ces autruchons n’ont éclos que quelques heures auparavant.

(Ruth Bossert)

Beaucoup de doigté et de chance

La couvaison naturelle étant un processus très difficile chez les autruches et les jeunes animaux vivants se faisant rares, les Schwager ont tenté pour la première fois il y a trois ans de couver les œufs dans un incubateur. Ceux-ci doivent être choyés pendant 42 jours. Le nombre de jeunes qui ont éclos avec succès chez eux est impressionnant. « J’ai toujours la chair de poule lorsque, à la fin de la période de couvaison, la coquille de l’œuf d’environ 1800 grammes commence à se fendre », explique Claudia Schwager. Et de poursuivre : « Un peu plus tard, on entend les coups que donne le poussin avec la partie arrière de son cou pour essayer de casser la coquille. Il faut beaucoup de doigté et de chance avant que l’autruchon aux plumes mouillées et tout ébouriffé – qui n’est pas sans rappeler une serpillière à frange – n’atterrisse sur le linge éponge moelleux. » Cette année, en raison de la grippe aviaire, les Schwager ont renoncé à incuber des œufs. Ils précisent qu’actuellement, cinq femelles et le mâle, Enzo, s’essaient à la couvaison naturelle. Auront-ils la joie de rencontrer leur descendance ? Si le couple est sceptique, il n’en exclut pas la possibilité.

Peu de masse musculaire

A l’âge de 14 mois, les autruches pèsent environ 120 kilos et sont menées à l’abattoir. Ce processus doit se dérouler dans le calme et sans stress afin que les animaux ne produisent pas d’adrénaline et que la viande ne subisse donc pas de déduction. Ils étaient ainsi jusqu’à présent heureux de pouvoir abattre les animaux chez un boucher du village voisin. Malheureusement, le propriétaire de la boucherie partira bientôt à la retraite et l’avenir de la boucherie est incertain. La viande est ensuite conditionnée et vendue dans le magasin de leur ferme. « La demande est énorme », explique Claudia, qui ajoute : « Les client·es adorent cette viande saine ainsi que pauvre en cholestérol et en matière grasse. Son aspect ressemble à la viande de bœuf, mais son goût se situe entre la viande de bœuf et celle de cheval. Son prix est comparable à celui de la viande de veau. Les abats sont quant à eux transformés en nourriture pour chien. » Le confinement des autruches et le manque de sorties dans les pâturages influenceront-ils la qualité de la viande ? Il est encore trop tôt pour le savoir. Une chose est sûre cependant : les autruches n’atteindront de loin pas le poids mort habituel à 14 mois. Le manque de sorties induit une perte de masse musculaire que même un bon affouragement au poulailler ne peut pas compenser.

Les animaux reçoivent du foin haché de la ferme, un peu de concentrés minéralisés et vitaminés ainsi que du gravier, dont les oiseaux exotiques ont besoin pour valoriser le fourrage. En effet, les autruches ne produisant que peu de sucs gastriques, elles ont besoin des graviers pour moudre le fourrage et l’absorber. 

Un oiseau qui ne vole pas mais qui s’enfuit

L’autruche est un oiseau herbivore originaire d’Asie. En cas de danger, elle ne cache pas sa tête dans le sable mais prend la fuite. C’est donc une très bonne coureuse qui peut atteindre une vitesse de pointe de 70 km / h.

En captivité, les œufs sont couvés dans un incubateur à 36,5 degrés durant 42 jours. Alors que l’œuf atteint le beau poids de 1500 grammes, l’autruchon pèse quant à lui entre 600 et 700 grammes. En Suisse, on compte une dizaine d’élevages d’autruches. A 14 mois, les autruches d’élevage atteignent un poids mort de 120 kilos.

Plus d’informations : www.schwager-strauss.ch (en allemand seulement)

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