category icon
Gestion

Se former pour bien gérer

Beat Hofer est arrivé à l’agriculture par une 2 e voie de formation. Aujourd’hui, il a repris l’exploitation familiale à Melchnau (BE), en tant que maître agriculteur. La formation continue lui a apporté de la sécurité dans la gestion du domaine et affiné son regard sur les chiffres, les échanges et les décisions à long terme.

Les cultures spéciales exigent une vision entrepreneuriale à long terme et des équipements adaptés. Beat Hofer dans le hangar à machines, devant sa bine...

Les cultures spéciales exigent une vision entrepreneuriale à long terme et des équipements adaptés. Beat Hofer dans le hangar à machines, devant sa bineuse destinée au désherbage mécanique.

(Photo : Renate Hodel)

Publié le

Actualisé le

Rédactrice, Service d'information agricole LID

Beat Hofer n’est pas un homme de grands discours : lorsqu’il parle, c’est avec calme, de manière factuelle et avec un sens certain du concret. Il a acquis ses connaissances étape par étape : d’abord comme mécanicien en machines de chantier, puis comme agriculteur, et plus tard comme maître agriculteur. « Une formation solide est un atout foncièrement précieux, dit-il. Et disposer de plusieurs cordes à son arc permet d’envisager l’avenir avec clairvoyance. »

Les différentes cultures spéciales d’activité exigent un véritable esprit d’entreprise.

Aujourd’hui, l’exploitation couvre 20 ha de surface agricole utile, dont 12,5 ha en propriété et 7,5 ha en fermage. Il y cultive des plantes médicinales et des semences de fleurs sauvages. A cela s’ajoutent des poulets de chair, 85 ares d’asperges vertes, des génisses d’élevage, des céréales ainsi qu’une installation photovoltaïque avec batterie de stockage. Les différentes cultures spéciales et branches d’activité exigent un véritable esprit d’entreprise.

D’un premier métier à la reprise

Beat Hofer a grandi sur l’exploitation familiale. Comme il l’explique, s’il n’a jamais exclu une reprise ultérieure, son père lui avait conseillé d’apprendre d’abord un autre métier. Ainsi, après sa maturité professionnelle, il a brièvement envisagé des études en génie mécanique ou en électrotechnique. Mais après l’école de recrues et un séjour de six mois en Nouvelle-Zélande, il s’est rendu compte que le travail pratique lui manquait. Il a alors choisi en connaissance de cause de faire un apprentissage d’agriculteur.

Beat Hofer, maître agriculteur, 4917 Melchnau (BE)

« Avec le CFC seul, je ne me serais pas senti capable de reprendre une exploitation. »

Examen professionnel fédéral supérieur 2025 (Inforama) | Reprise de l’exploitation en 2026 | SAU 20 ha | Production de poulets | Plantes médicinales, asperges vertes, semences de fleurs sauvages, céréales, cultures fourragères

Une fois son certificat en poche, Beat Hofer a toutefois vite compris que cela ne suffisait pas. « Avec le CFC seul, je ne me serais pas senti capable de reprendre une exploitation », admet-il ouvertement. Notamment sur des sujets comme la comptabilité, il a pris conscience qu’il lui manquait les outils nécessaires pour diriger une entreprise. Il a donc suivi l’école de chefs d’exploitation, dont il tire un bilan mitigé : pour certains modules, l’investissement demandé ne lui paraissait pas toujours proportionnel à leur poids dans l’évaluation finale. Selon lui, la réflexion économique, la gestion du personnel et la communication sont au cœur du quotidien d’une exploitation et pourraient être davantage prises en compte.

Un nouvel élan dans le parcours

Malgré ce bilan en demi teinte, Beat Hofer a persévéré. « Durant la formation de maître agriculteur, j’y ai repris goût », ra-conte-t-il. Les premiers modules, en particulier ceux consacrés aux impôts et aux assurances, lui ont apporté des connaissances très concrètes. Le plan d’affaires a aussi été précieux pour lui : il y a étudié l’extension possible du poulailler d’engraissement. « C’était intéressant de se pencher sur ces chiffres, dit-il, de voir ce qu’il faudrait investir et ce que cela impliquerait. » Ce type d’exercice permet d’aborder des questions qui passent souvent au second plan dans le quotidien.

« Les contacts établis pendant la formation sont très précieux. »

Beat Hofer, maître agriculteur

Beat Hofer voit aussi dans les échanges l’une des plus grandes valeurs de la formation continue. « Les contacts que l’on y noue sont très précieux », précise-t-il. On développe son réseau, on découvre ce qui se fait en dehors de sa région et on gagne en vision d’ensemble. Pour son exploitation aux multiples spécialisations, c’est essentiel.

Ne pas partir de zéro

Au début de l’année 2026, Beat Hofer a repris l’exploitation comme maître agriculteur, mais il avait déjà pu en façonner l’avenir auparavant. Son père a pris des décisions importantes avec lui au cours des 3 à 4 dernières années. C’est ainsi que l’installation de séchage a été renouvelée et agrandie. « Nous ne l’aurions pas fait si je n’avais pas voulu continuer à produire des plantes médicinales pour Ricola », explique l’agriculteur. Parallèlement, la famille a réduit les cultures de semences.

Beat Hofer et sa femme sont devenus parents en novembre dernier. Si l’exploitation avait continué à fonctionner au même rythme, la famille aurait fini par en pâtir. La formation continue n’aide pas seulement à faire des calculs, mais aussi à évaluer ce qui est réalisable et compatible avec sa propre situation de vie.

Ouvert au regard extérieur

Pour Beat Hofer, l’ouverture d’esprit est cruciale. Celui ou celle qui suit une formation continue devrait chercher les points à optimiser. « Cette recherche ne signifie pas que la manière de travailler jusqu’à présent est mauvaise, souligne-t-il, mais qu’on peut peut-être encore l’améliorer. » Cela vaut aussi pour les échanges avec d’autres exploitations. Quiconque construit, investit ou développe une branche de production devrait examiner plusieurs exemples et demander ce que les autres feraient aujourd’hui différemment. Surtout lorsqu’il s’agit d’investissements importants, on ne peut pas se permettre d’ignorer l’expérience des autres.

Examen professionnel fédéral supérieur

L’ECE transmet des connaissances en économie d’entreprise et en agronomie nécessaires à la direction d’une ex ploitation agricole et mène, selon le diplôme obtenu, à l’examen professionnel ou à l’examen professionnel fédéral supérieur. Modulable, la formation se déroule en général parallèlement à l’activité professionnelle dans les centres régionaux de l’école de chefs d’exploitation, répartis dans toute la Suisse. www.agri-job.ch

L’agriculture exige plus que du travail

Pour Beat Hofer, la valeur de la formation continue se vérifie là où elle permet de regarder au-delà du quotidien : elle aide à assurer la continuité de l’exploitation et à l’orienter de manière réfléchie. Aujourd’hui, une ferme ne se gère plus uniquement à l’étable et dans les champs, mais aussi au bureau, dans les échanges avec d’autres et lors de décisions aux effets à long terme.

Série Formation professionnelle

En 2026, le LID présente une série de personnes qui ont suivi un cursus complémentaire après leur formation initiale en agriculture ou qui se sont lancés dans ce domaine après avoir suivi des études supérieures. Ressources et guide de relations publiques disponibles sur www.lid.ch / baeuerinnen-und-bauern (en allemand uniquement).

Agri Quiz sur le désherbage mécanique
Agri Quiz sur le désherbage mécanique

Testez vos connaissances en participant à l’Agri Quiz de la Revue UFA. Les questions portent sur le désherbage mécanique et les machines spécifiques.

Vers le quiz

Articles les plus lues