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Production végétale

Adversaires naturels contre les teignes

Lorsque les teignes volent dans les entrepôts ou les cellules de silos, la marchandise stockée est souvent déjà contaminée par des larves, et des pertes qualitatives considérables peuvent survenir. La lutte contre les ravageurs durant le stockage et la transformation est donc un sujet important pour l’assurance qualité des produits.

Bracon hebetor 
avec une larve de teigne.

Bracon hebetor avec une larve de teigne.

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Stocks de céréales

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Juliane Preukschas

Les matières premières peuvent être contaminées par les insectes ravageurs durant le transport à destination du moulin ou durant leur stockage dans un entrepôt intermédiaire. Les produits finis peuvent l’être aussi durant la transformation, par exemple au moulin, ou pendant un entreposage de longue durée. Les principaux ravageurs sont les mites alimentaires, comme la teigne des fruits secs ( Plodia interpunctella )ou la pyrale de la farine ( Ephestia kuehniella ), ou divers coléoptères comme le charançon du blé ( Sitophilus granarius ), le charançon du riz ( Sitophilus oryzae )ou diverses espèces de la famille des cucujides ( Cryptolestes sp. ).

Durant de nombreuses années, la lutte chimique à l’aide d’insecticides était la méthode standard pour venir à bout des insectes ravageurs comme la teigne des fruits secs ou la pyrale de la farine. Mais ces dernières années, le nombre d’insecticides autorisés n’a cessé de baisser et il faut développer de nouvelles stratégies de lutte contre les ravageurs des stocks alimentaires. L’une d’entre elles consiste à recourir à divers auxiliaires qui sont les ennemis naturels surtout des teignes des fruits secs ou des pyrales de la farine. Pour que ces méthodes de lutte soient durablement couronnées de succès, les moulins et les entrepôts ont besoin d’un bon conseil technique.

Pour que la lutte contre les ravageurs fonctionne bien, l’hygiène et le nettoyage des entrepôts sont indispensables, tout comme un contrôle régulier de la réception des marchandises. Robert Baumann, chef d’exploitation de l’usine UFA SA à Herzogenbuchsee, est d’accord avec ce principe. Une bonne hygiène de l’entreprise suppose que les bâtiments du moulin soient toujours propres et bien rangés, avec l’élimination hebdomadaire des sacs d’ordures et de poussière de farine. C’est ici la condition indispensable au succès de la lutte contre les teignes, afin d’empêcher le développement rapide des populations d’insectes. Les entrepôts ou les moulins qui négligent les mesures d’hygiène comme le nettoyage ou l’aspiration sont un paradis pour les teignes et autres ravageurs des aliments, puisqu’ils peuvent s’y développer sans être dérangés. Les teignes peuvent aussi se développer relativement bien dans de petits volumes de résidus et contaminer ainsi les stocks de produits finis. Pour réduire les risques, il faut accorder plus d’attention aux aliments saisonniers et aux produits dont le volume des ventes est plus faible lors de la planification de la production, afin d’éviter des stocks excédentaires, explique Robert Baumann. En 2016, l’usine d’UFA SA située au Mühleweg 2 a été victime d’une forte contamination par des mites alimentaires, ce qui a engendré des pertes de qualité et des réclamations. R. Baumann a cherché des solutions pour maîtriser ce problème. Un système de lutte a finalement été mis en place avec Semences UFA Auxiliaires, et l’usine utilise régulièrement depuis plus de deux ans divers auxiliaires pour combattre ce ravageur.

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Teigne des fruits secs( Plodia inderpunctella ) .

Biologie des mites alimentaires

Les deux mites alimentaires les plus répandues ( pyrale de la farine et teigne des fruits secs ) ont certes un cycle de développement très semblable, mais sont visuellement distinctes. Le papillon mesure jusqu’à 15 mm et chaque femelle peut pondre jusqu’à 400 œufs. Les larves se développent dans leur source de nourriture. Pour se protéger, elles s’enveloppent dans une toile. Elles ne sont actives qu’au dernier stade de leur développement, quand elles commencent à sortir de leur source de nourriture ( larves mobiles ) pour chercher une fissure où elles s’abriteront durant leur nymphose. Les teignes se développent dans une fourchette de températures de 15° C à 33° C et commencent à pondre vers 17° C. Le développement de la teigne des fruits secs, de l’œuf à l’imago, dure environ 42 jours à 25° C, 30 jours à 30° C et 74 jours à 20° C. La pyrale de la farine a un développement un peu plus lent, soit environ deux mois à 20° C et 40 à 50 jours à 30° C.

Surveillance

La surveillance du vol des teignes est la deuxième condition au bon fonctionnement de la lutte. Le contrôle au moyen de pièges à phéromones doit commencer à temps au printemps et se poursuivre jusqu’à la fin de l’automne. Ces attractifs sexuels attirent les teignes mâles dans des pièges collants dont ils ne peuvent s’échapper. Le contrôle régulier et l’enregistrement des prises permettent la mise en place de mesures de lutte appropriées. Dans l’usine UFA SA, Robert Baumann procède à un contrôle hebdomadaire. Cela demande certes du temps, mais c’est payant, explique le chef d’exploitation. On sait ainsi à quel moment tel ravageur apparaît et on peut intervenir rapidement, avant que l’invasion soit incontrôlable. Par ailleurs, le risque d’une attaque de teignes augmente avec la hausse des températures dans l’entrepôt.

Utiliser les auxiliaires à bon escient

Deux auxiliaires sont utilisés dans la luttre contre les teignes : un insecte de l’espèce Trichogramma qui parasite les œufs et un insecte de l’espèce Bracon qui parasite les larves. Les minuscules trichogrammes de 0,4 mm ( Trichogramma evanescens )recherchent les œufs des pyrales de la farine et des teignes des fruits secs dans les entrepôts et les moulins et les parasitent en y pondant leurs propres œufs. L’œuf de teigne est tué et un nouveau trichogramme s’y développe, avant d’éclore une dizaine de jours plus tard et de parasiter à son tour les œufs de teignes. Le cycle se répète tant qu’il y a des œufs de teignes. Le développement du trichogramme dépend de la température et dure entre 10 et 14 jours. Les trichogrammes peuvent être utilisés à partir de 16° C, mais leur efficacité est au maximum à partir de 20° C dans le moulin ou l’entrepôt.

Le second auxiliaire utilisé pour lutter contre les pyrales de la farine et les teignes des fruits secs est la mi-cro-guêpe Bracon hebetor. Ces braconides sont très mobiles, détectent l’odeur des larves de teignes et les traquent. Une seule piqûre paralyse la larve, qui cesse de se nourrir et interrompt son développement. La guêpe y dépose un œuf, dont sortira une larve 10 à 12 jours plus tard. Cette larve construit un cocon de soie d’où sortira une nouvelle guêpe. Les braconides sont elles aussi sensibles à la température. Elles commencent à pondre à partir de 16° C et peuvent donc être utilisées à partir de cette température dans le moulin ou l’entrepôt. Les braconides sont lâchées lorsque ce sont de jeunes adultes fraîchement éclos.

Les trichogrammes et les braconides disparaissent quand il n’y a plus de ravageurs à parasiter pour se reproduire.

Début de la mise en place

L’utilisation d’auxiliaires est la plus efficace en application préventive. Il faudrait donc commencer à les mettre en place déjà au printemps, dès l’apparition des premières teignes et à partir d’une température de 16° C à l’intérieur du moulin ou de l’entrepôt. Les trichogrammes et les braconides doivent être lâchés sans interruption tous les 14 jours durant la saison des teignes ( du printemps à l’automne ). Le nombre d’insectes et de lâchers est déterminé au cas par cas.

Une éradication complète des ravageurs est impossible si de nouveaux produits potentiellement contaminés sont régulièrement entreposés et transformés, explique Robert Baumann. L’objectif consiste à maintenir sur toute l’année un niveau de contamination en dessous du seuil de tolérance. Robert Baumann est satisfait d’y parvenir dans l’usine UFA SA grâce aux auxiliaires.

Succès multifactoriel

En conclusion, le succès de la lutte contre les teignes dépend de plusieurs facteurs : l’hygiène, le contrôle et la surveillance continue de la marchandise à la réception et dans l’entrepôt ainsi que l’utilisation permanente d’auxiliaires. Tous ces facteurs doivent être mis en œuvre pour éliminer les teignes. Les doutes initiaux de Robert Baumann quant à l’efficacité des auxiliaires pour lutter contre les teignes dans un si grand moulin ont disparu, à tel point qu’il ne peut que recommander d’y recourir. 

AuteureDr Juliane Preukschas, Semences UFA Auxiliaires, 4147 Aesch, nuetzlinge@fenaco.com

PhotosSemences UFA Auxiliaires

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