Les pâturages extensifs font partie des surfaces de promotion de la biodiversité (SPB). En présence régulière d’au moins 6 espèces indicatrices, ils atteignent la qualité écologique II (Q2), donnant droit à des paiements directs additionnels. S’élevant à 1150 fr. /ha par an, ceux-ci sont encore plus élevés si le pâturage fait partie d’un projet de mise en réseau. Si les rendements des pâturages permanents extensifs et riches en espèces sont inférieurs à ceux des surfaces intensives, la diversité des herbes et des graminées fournit un fourrage très savoureux et de haute qualité.
Les animaux en pâture créent une structure hétérogène, faite de zones ouvertes, d’aires avec des herbes plus hautes ainsi que d’herbes ou plantes à fleurs étroitement mêlée (sauge des prés, boucage saxifrage, marguerite, centaurée, lotier corniculé campanule, etc.). Il s’agit d’un milieu de grande valeur écologique, que des buissons épineux ou groupes d’arbustes riches en espèces viennent encore renforcer. Il abrite des habitats pour les abeilles sauvages, les papillons, les sauterelles et les araignées, ainsi que des zones d’alimentation et de reproduction pour les oiseaux, les reptiles et d’autres petits animaux. Les pâturages avec de nombreuses espèces sont aujourd’hui rares ; en Suisse, il existe presque deux fois plus de prairies de fauche extensives.
Veiller à la charge de pâturage
Les pâturages Q2 sont exploités plutôt tardivement : la 1 re mise en pâture a lieu fin avril ou début mai, selon le démarrage de la végétation. Pour favoriser la diversité des espèces, mieux vaut opter pour des pâtures brèves et répétées, sans surexploitation. Sur les prairies maigres, une charge de bétail moyenne de près de 0,5 UGB / ha par saison suffit, tandis que sur les surfaces plus riches en nutriments, elle est d’environ 1,5 UGB. Après le pâturage, il doit y avoir des résidus visibles pour que les plantes herbacées et espèces indicatrices produisent des graines et se maintiennent à long terme. La fumure est assurée par les animaux, toute fertilisation additionnelle étant interdite. En revanche, une fauche de nettoyage à l’automne, judicieuse, est admise.
Mélanges pour la création de surfaces Q2
Pour l’implantation de pâturages riches en espèces, il existe des mélanges de semences adaptés composés de graminées et de fleurs indigènes (p. ex. prairies à faner riches en espèces CH‑G d’UFA). Une partie des espèces qu’ils contiennent sont considérées comme des espèces indicatrices pour la qualité Q2. Si un pâturage existant ne répond plus aux exigences sur toute sa surface, un réensemencement partiel suffit (p. ex. avec UFA pâtu‑ rage durable riche en espèces CH‑i‑G à teneur accrue en fleurs). Les es‑ pèces concernées peuvent ensuite se propager progressivement au reste de la parcelle. La réussite du réensemencement repose avant tout sur un semis effectué dans un lit de semences propre et soigneusement préparé, débarrassé au préalable de toute végétation indésirable. Ainsi, un simple sursemis est généralement peu efficace.







