Les biostimulants sont considérés prometteurs pour la production végétale moderne. Visant à améliorer la résistance au stress et l’utilisation de l’eau et des nutriments, ils sont censés stabiliser les rendements. Face à la multiplication des épisodes météo extrêmes, l’intérêt pour ces produits ne cesse de croître. Mais en pratique, quel est leur potentiel réel en Suisse ?
Les biostimulants ne sont ni des engrais classiques ni des produits phytosanitaires : ils n’apportent pas de quantités significatives de nutriments essentiels et n’agissent pas directement contre les organismes nuisibles. Leur action est plutôt de soutenir les processus naturels de la plante, notamment le développement racinaire, l’absorption de l’eau, l’utilisation des nutriments et la tolérance aux stress abiotiques (p. ex. sécheresse, chaleur, froid ou eau stagnante).
Les biostimulants occupent ainsi une position intermédiaire : ne remplaçant ni une fertilisation adaptée aux besoins, ni une protection phytosanitaire ciblée, ils sont un levier complémentaire au sein du système cultural, pour peu qu’ils soient adaptés à la culture ainsi qu’au site et apportés au moment opportun.
Grande diversité, évaluation difficile
La gamme de biostimulants est large : elle comprend notamment des extraits d’algues et de plantes, des substances humiques, des acides aminés ou des préparations microbiennes. Les mécanismes d’action sont donc tout aussi variés. Ainsi, certains produits favorisent plutôt le développement racinaire, d’autres visent la stabilité physiologique de la plante ou une meilleure utilisation des ressources disponibles.
Si cette diversité ouvre des opportunités, elle rend l’évaluation difficile dans la pratique. Même lorsque les matières premières semblent comparables, les effets observés peuvent être très différents. Le cas des extraits d’algues l’illustre bien : tous ne se valent pas. Les critères qui comptent sont l’espèce d’algue utilisée, l’origine de la matière première, le moment de la récolte, le traitement et le procédé d’extraction. En effet, une même matière première peut donner naissance à des profils de composants très différents selon le procédé d’extraction.
Pour les agriculteurs·trices, ces différences sont toutefois difficilement perceptibles au premier abord : les étiquettes comportent souvent des termes généraux, et les différences pertinentes sur le plan agronomique restent cachées. Il ne suffit donc pas d’évaluer un produit uniquement sur la base d’une liste de matières premières ou d’une promesse d’efficacité.
L’efficacité dépend des conditions
Les biostimulants sont très intéressants lorsque les plantes sont soumises à un stress (p. ex. sécheresse, chaleur, froid, stagnation d’eau, fortes variations de température ou après des traitements phytosanitaires). Dans de telles situations, le développement physiologique de la plante peut être ralenti et les biostimulants peuvent aider à mieux surmonter ces phases.
L’efficacité n’est toutefois pas la même dans toutes les situations, car elle dépend fortement du site, du type de sol, des conditions météo, de la culture, de la variété et du moment de l’application : un produit peut se révéler efficace dans des conditions sèches sur des sols légers, tandis que son effet sera moindre sur des sols lourds ou en cas d’approvisionnement en eau équilibré ; les produits microbiens réagissent également de manière sensible à l’humidité du sol, à la température et à la structure du sol.
Pour ces raisons, les résultats d’essais menés dans d’autres pays ne sont transposables en Suisse que dans une certaine mesure : de nombreux tests sont réalisés dans des conditions très différentes de celles de notre pays. Aussi, les résultats obtenus dans des régions arides ou sur des sols sableux peuvent certes être précieux, mais ils ne permettent pas automatiquement de déterminer si un produit est économiquement intéressant dans les conditions suisses.
Les essais suisses inspirent confiance
Le marché des biostimulants est en plein essor : de nouveaux produits, contenant souvent des matières premières similaires, sont régulièrement lancés avec des promesses ambitieuses. Ils ne font souvent pas l’objet d’essais agronomiques approfondis dans des conditions comparables à celles de la Suisse, ce qui présente un risque pour les exploitations : si un produit est utilisé dans des conditions inadaptées, l’effet escompté ne se produit pas et la confiance dans l’ensemble de la catégorie de produits en pâtit.
Il est donc essentiel de mener des essais dans des conditions représentatives de la pratique suisse afin de vérifier la fiabilité d’un produit. Ces tests devraient être réalisés sur plusieurs sites et, idéalement, sur plusieurs années. Ce n’est que lorsqu’un produit démontre à plusieurs reprises des effets positifs dans ces conditions qu’on peut formuler des recommandations d’utilisation fondées et fiables.
Respecter ces impératifs est très important, car les biostimulants ne sont pas des remèdes miracles : ils ne peuvent pas corriger une structure du sol fragile, un apport en nutriments déséquilibré ou des erreurs de semis, de plantation ou de protection phytosanitaire. Leur potentiel réside dans leur capacité à aider la gestion des cultures lors des phases sensibles.
Solution pour s’y retrouver parmi les biostimulants
Face à la difficulté d’identifier les biostimulants les mieux adaptés à chaque situation, Completiva a vu le jour. Marque commune de Landor et d’Agroline dédiée aux produits complémentaires en production végétale, elle regroupe des produits favorisant la croissance ou la santé des plantes, sans pour autant être des engrais ou des produits phytosanitaires. La condition est qu’ils aient été soigneusement choisis et testés dans les conditions suisses.
L’accent n’est donc pas mis sur la marque, mais sur l’usage concret du produit : identifier plus facilement les produits ayant été évalués par des spécialistes, testés et recommandés pour les conditions suisses. L’objectif est de « séparer le blé de l’ivraie » et d’orienter le choix des biostimulants à partir d’informations claires, fiables et fondées.
La gamme actuelle comprend les produits Hasorgan Profi et Yukan. Le premier, à base d’extrait d’algue brune (Ascophyllum nodosum), est principalement utilisé pour soutenir les cultures soumises à des situations de stress. Le deuxième contient un extrait de Yucca schidigera, une plante adaptée aux fortes variations de température et aux conditions arides. Pour ces deux produits, le moment d’application reste déterminant.
Complémentaires aux piliers de la production végétale que sont la fertilité du sol, la rotation, le choix variétal, la fumure, la protection phytosanitaire et l’approvisionnement en eau, les biostimulants peuvent aider à stabiliser les cultures et à préserver leur potentiel de rendement. La réussite de cette démarche passe par des produits testés, des attentes réalistes et une application adaptée à la culture et au site.







