Après plusieurs décennies sans foyer présentant un impact commercial majeur, l’Allemagne est à nouveau touchée en 2026 par une série de flambées de la maladie de Newcastle (Newcastle Disease). Il en résulte une situation particulière pour la Suisse : d’une part, notre pays bénéficie d’un statut sanitaire élevé, étant considéré comme « indemne de la maladie de Newcastle sans vaccination » ; d’autre part, il est étroitement lié au marché européen de la volaille et, par conséquent, indirectement exposé à la même pression épidémiologique que ses voisins. Les principaux risques ne sont pas liés aux œufs de consommation ou aux denrées alimentaires, mais aux voies de transmission indirectes telles que véhicules, matériel d’exploitation, circulation des personnes et réseaux logistiques.
Des souches de virulence variable
Le virus de la maladie de Newcastle (MN) appartient à la famille des Paramyxoviridae, genre Orthoavulavirus. La MN est également appelé « orthoavulavirus aviaire de type 1 » (AOaV-1). Il existe différentes souches pathogènes, allant de hautement à peu infectieuses. Le virus survit plusieurs semaines à température ambiante dans les fientes, ainsi qu’à basse température (< 4° C) dans la viande de volaille, les œufs, les plumes et la poussière.
Des formes allant de symptômes inaperçus au décès
L’évolution de la maladie dépend de la souche virale et l’espèce animale touchée. Les symptômes apparaissent 5 à 6 jours après l’infection. Avec une souche hautement virulente, la maladie est très aiguë et mortelle ; bien que l’infection soit souvent asymptomatique, on peut parfois observer une forte baisse des performances de ponte ainsi que des coquilles plus claires, plus fines, voire absentes. Dans sa forme lente, la maladie se manifeste chez les animaux par de l’apathie, une respiration par le bec, un rejet de l’aliment et des paupières œdémateuses. Avec les souches les moins virulentes, les symptômes susmentionnés prennent une forme légère et il n’y a pas de pertes.
Mise en évidence du virus nécessaire
Il y a une forte suspicion de MN en présence des signes suivants : diminution de la consommation d’aliment, baisse des performances de ponte de plus de 20 % durant 3 jours d’affilée associée à des coquilles plus claires et hausse du taux de mortalité dépassant + 3 % en l’espace d’une semaine. Le diagnostic définitif ne peut être confirmé qu’au moyen d’analyses de laboratoire (test de détection du virus / analyse sanguine). En attendant les résultats des analyses, le service compétent informe l’office vétérinaire concerné et lance les mesures requises de police sanitaire pour lutter contre les épizooties.
Réduction des risques en Suisse
A court terme, la Suisse peut réduire les risques au maximum en continuant à optimiser la biosécurité, en contrôlant systématiquement les interfaces logistiques, en améliorant le diagnostic précoce et en préparant des stratégies d’urgence efficaces.
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