En bref
- La conformité face au risque de PPA a deux niveaux : le niveau 1 définit la biosécurité en période sans PPA et le niveau 2 vaut en cas d’épidémie.
- Les exploitations remplissant cette conformité bénéficieront d’assouplissements pour le trafic d’animaux et la commercialisation.
- Les exploitations intéressées peuvent s’inscrire sur une liste. La certification devrait débuter en 2027.
Al’heure actuelle, la Suisse n’est pas touchée par la PPA, mais les expert·es de l’OSAV estiment néanmoins que le risque d’introduction de la maladie est élevé. Les cas en Allemagne et en Italie montrent à quel point un foyer épidémique peut restreindre l’activité des exploitations situées dans une zone d’interdiction : les transports sont retardés, les animaux restent plus longtemps dans les porcheries et la commercialisation dépend des autorisations administratives. En Suisse, les exploitations qui remplissent les mesures de biosécurité définies obtiennent le statut de conformité face au risque de PPA. Selon l’OSAV, ces exploitations réduisent le risque d’introduction de la maladie et bénéficient, en cas d’épidémie, d’assouplissements en matière de circulation des animaux et de commercialisation.
Niveau 1
Les exigences pour le niveau 1 ont été définies récemment. Le service sanitaire porcin (SSP) explique ce que cela signifie concrètement. Ce niveau 1 vaut déjà en période sans épidémie, c’est-à-dire l’absence de foyer de PPA en Suisse.
Accès et clôtures
Les sangliers excrètent le virus par la salive, le sang et les excréments, et constituent ainsi un danger pour les porcs domestiques même en l’absence de contact direct. En matière de clôture, la conformité face au risque de PPA autorise deux variantes : soit l’exploitation clôture l’ensemble de son terrain pour empêcher tout animal de passer, soit la clôture sert à sécuriser les zones sensibles, c’est-à-dire la rampe de chargement, l’entrepôt de fourrage et de litière, le tas de fumier et, le cas échéant, un enclos extérieur. Quant aux silos-tours et les silos à purin, ils ne doivent pas être clôturés.
Sas d’hygiène
Le sas d’hygiène sépare la zone extérieure de la porcherie et empêche les vêtements, chaussures ou mains contaminés d’entrer en contact avec la zone réservée aux animaux. Une ligne ou délimitation architecturale marque la séparation entre la zone potentiellement contaminée par la PPA et celle saine. Toute personne qui entre dans la porcherie passe par le sas et se lave les mains à chaque entrée. Les collaborateurs·trices portent des vêtements propres fournis par l’exploitation et des bottes réservées à un usage exclusif dans la porcherie. Les personnes extérieures à l’exploitation doivent soit porter des vêtements jetables avec des pédisacs, soit des vêtements et des bottes fournis par l’exploitation.
Contact avec les sangliers
Chaque personne ayant chassé ou été en contact avec des sangliers doit éviter tout contact avec des porcs domestiques pendant 48 heures. Les produits carnés, les accessoires de chasse et la viande de sanglier n’ont pas leur place dans la porcherie.
Lutte contre les rongeurs nuisibles et les insectes
Les rongeurs nuisibles et les insectes propagent le virus dans la nourriture, la litière et sur les surfaces. Le niveau 1 impose donc un programme documenté de lutte contre les rongeurs et les insectes nuisibles.
Documentation
En cas d’épidémie, l’exploitation doit pouvoir fournir les justificatifs concernant les personnes présentes dans la porcherie, la manière dont elle a traité les animaux et le moment où des animaux sont morts. Chaque visiteur·euse doit s’inscrire dans un journal dédié. De plus, elle doit recenser quotidiennement les cas de mortalité et les avortements et tenir à jour un journal des traitements.
Formation
La biosécurité ne peut fonctionner que si tout le monde y met du sien. L’exploitation forme donc ses collaborateurs·trices et toutes les personnes résidant à la ferme, et les sensibilise sur ce sujet.
Stockage et élimination des cadavres
L’exploitation stocke les animaux morts dans un conteneur hermétique et fermable, puis les évacue dans les meilleurs délais. Pour se rendre au centre collecteur de cadavres, la personne responsable porte des vêtements et des bottes distincts, qui n’entrent pas en contact avec les porcs. Elle transporte les carcasses dans un conteneur étanche, enfile ses propres gants jetables lors du déchargement et nettoie soigneusement le conteneur sur place, au centre collecteur.
Transport par l’exploitation
Les exploitations qui transportent ellesmêmes leurs animaux, par exemple dans le cadre de la vente directe, lavent et désinfectent leur véhicule après chaque transport d’animaux.
Niveau 2
Le niveau 2 n’est déclenché qu’en cas de foyer confirmé de PPA. En complément du niveau 1, le niveau 2 prévoit des mesures supplémentaires concernant le transport des animaux, les autorisations, les étapes diagnostiques et les procédures à suivre dans les zones de restriction. En cas d’épidémie, le niveau 2 est contrôlé par les services vétérinaires cantonaux, qui autorisent alors la circulation des animaux. L’OSAV prévoit que les exploitations conformes pourront reprendre plus rapidement leurs activités de transport et de commercialisation, puisque leur biosécurité est manifestement garantie.
Faire part de son intérêt
Les exploitations intéressées peuvent s’inscrire dès maintenant sur une liste. L’ordre des inscriptions détermine l’ordre des visites d’admission. La certification débutera en 2027. Lors de la première visite, un·e vétérinaire du service sanitaire fait une première évaluation de l’exploitation sur place. Le service sanitaire contrôle alors si les exigences définies par la Confédération sont remplies. Si cela est bien le cas, l’exploitation obtient le statut de conformité face au risque de PPA. Par la suite, les exploitations font l’objet de visites deux fois par an, à un intervalle d’au moins quatre mois et de huit mois maximum. Les vétérinaires agréé·es peuvent effectuer ces contrôles après avoir suivi une formation complémentaire appropriée. La conformité face au risque de PPA est attribuée par numéro BDTA ; en cas de sites multiples, tous doivent satisfaire aux exigences. Dès que les premières visites d’évaluation seront possibles et que les coûts liés à la conformité seront connus, les prestataires de soins de santé en informeront les exploitations.
Avantages en cas d’épidémie et situation actuelle
Les mesures définies déploient leurs effets avant une épidémie. En effet, elles réduisent le risque de contamination avec des maladies, améliorent l’hygiène de l’exploitation, établissent des procédures claires et favorisent la santé animale. Ainsi, les exploitations resteront opérationnelles en cas d’épidémie.









