Une saisie totale signifie que l’ensemble de la carcasse est jugé impropre à la consommation. Dans le cas d’une saisie partielle, seuls certains organes ou certaines parties du corps sont écartés. Si ces deux situations ont des conséquences financières directes pour l’exploitation, les constats formulés à cette occasion fournissent des indications précieuses sur la santé des animaux, leur alimentation et la gestion du troupeau.
Pleurésie et péricardite
Les pneumonies, les pleurésies et les péricardites comptent parmi les motifs de contestation les plus fréquents. Dans la porcherie, on n’observe souvent que des signes légers, tels qu’une toux occasionnelle, notamment au début de l’engraissement, ou des animaux adoptant une posture de soulagement, le dos voûté, marchant sur la pointe des pieds ou présentant un comportement légèrement inhibé. Les causes fréquentes sont la maladie de Glässer (aussi appelée polysérosite du porc) ainsi que d’autres agents infectieux bactériens. Le stress, les courants d’air, les fluctuations de température ou une isolation insuffisante de l’aire de couchage favorisent l’apparition de telles maladies. Les agents pathogènes étant très répandus, il convient en priorité d’adapter la gestion et le climat de la porcherie. Il est notamment important de disposer d’une aire de couchage à l’abri des courants d’air, de logettes sèches et bien paillées, de températures aussi constantes que possible ainsi que d’une mise en porcherie calme, sans stress supplémentaire. Les animaux nouvellement installés doivent faire l’objet d’une surveillance particulièrement attentive et les premiers signes de maladie doivent être traités rapidement.
Modifications hépatiques (taches blanchâtres)
Les taches blanchâtres sur le foie sont l’un des signe fréquemment observés à l’abattoir. Derrière ces dernières se cache une infestation par les ascarides, qui ne provoque souvent que des symptômes non spécifiques dans la porcherie. Les gains journaliers peuvent être plus faibles, les animaux ne parviennent pas à prendre leur rythme, laissent pendre leur queue ou présentent un comportement agité. Si de telles altérations hépatiques se multiplient, la stratégie de vermifugation de l’exploitation doit être réexaminée en collaboration avec le vétérinaire et le fournisseur d’animaux. Une hygiène rigoureuse de la porcherie ainsi qu’un nettoyage et une désinfection minutieux après chaque changement de lot sont également essentiels. Pour une désinfection efficace au crésol, la porcherie doit être vide afin que le produit puisse être utilisé à une concentration suffisante.
Abcès
Les abcès apparaissent généralement à la suite de blessures causées par des morsures à la queue, du cannibalisme ou des équipements de porcherie. Ils entraînent souvent une saisie partielle ; en cas d’abcès multiples, un animal peut également être déclaré totalement impropre à la consommation. Pour prévenir ce problème, il est essentiel d’assurer un mode de garde respectueux des besoins des porcs, de leur fournir suffisamment de matériel d’occupation ainsi que de détecter et isoler rapidement les animaux blessés. Il est tout aussi important de contrôler régulièrement les équipements de la porcherie afin de détecter les arêtes vives ou autres sources de blessures comme de remédier rapidement aux défauts constatés.
Organes blancs
Les organes blancs indiquent généralement que le système immunitaire est activé dans l’intestin. Comme on y trouve de nombreux globules blancs, les abats présentent une couleur pâle à blanche lors de l’abattage. Ce constat peut également être le signe d’une anémie, mais il s’agit le plus souvent d’un symptôme accessoire.
Rouget
A l’abattoir, la carcasse est entièrement éliminée, bien qu’aucun signe de maladie n’ait été observé à la ferme. Les bactéries responsables du rouget (maladie aussi appelée « érysipèle du porc ») se propagent par les nerfs jusqu’à la peau. Souvent favorisé par le stress, ce processus peut se dérouler en quelques heures, par exemple pendant le transport. Lors de l’abattage, on observe alors les lésions cutanées quadrangulaires typiques. Afin de maintenir la pression infectieuse au niveau le plus bas possible, il est important de vider, nettoyer et désinfecter systématiquement les porcheries. Si ces mesures ne suffisent pas, une vaccination dans l’exploitation d’engraissement peut s’avérer utile, comme le prouve la pratique en vigueur dans les exploitations d’alpage.
Bien interpréter les résultats
Quelques contestations isolées ne sont pas inhabituelles. Il faut en revanche agir lorsque les résultats sont fréquents ou se répètent. Les procès-verbaux d’abattage doivent donc être systématiquement analysés et comparés aux observations faites dans la porcherie. L’avantage pour l’exploitation est évident : un nombre moindre de saisies signifie des recettes plus élevées, de meilleures performances d’engraissement et des frais vétérinaires réduits. Les résultats provenant de l’abattoir constituent ainsi plus qu’un simple retour d’information sur un animal en particulier, ils fournissent également un contrôle sanitaire gratuit du cheptel.
Faire appel au conseil zootechnique
Si les résultats ne sont pas clairs ou ne sont pas concluants, il est utile de consulter des spécialistes ou de demander des informations complémentaires à l’abattoir, voire de demander des photos des résultats au distributeur. Pour évaluer les résultats et mettre en œuvre des mesures ciblées, il est souvent judicieux de faire appel à des conseillers ou conseillères externes. Pour les résultats non urgents, cela peut par exemple se faire dans le cadre de la visite sanitaire annuelle.









