category icon
Production animale

Améliorer l’efficacité alimentaire, c’est réduire les coûts

La faiblesse des prix du lait réduit la marge des exploitations laitières. Comment les agriculteurs·trices peuvent-ils améliorer l’efficacité alimentaire et, par conséquent, la rentabilité de leur exploitation ?

Améliorer l’efficacité alimentaire, c’est réduire les coûts
(Nicole Matt)

Publié le

Chef du secteur Marketing, UFA SA

Chef du ressort bovin, UFA SA

En bref

  • L’efficacité alimentaire a une grande influence sur la rentabilité de la production laitière.
  • L’ICL indique avec quelle efficience les vaches transforment la ration fournie en lait.
  • Une ration équilibrée et synchronisée, ainsi que l’utilisation de fourrages et aliments complémentaires sélectionnés, contribuent à améliorer l’efficacité alimentaire.

De nombreuses exploitations sur‑ veillent leur structure de coûts afin de compenser la baisse de la paie du lait. L’accent est souvent mis sur les aliments achetés tels que les aliments complémentaires, les spé‑ cialités ou les minéraux. Il est important de connaître les coûts d’alimentation et de savoir avec quelle efficience la vache transforme la ration en lait. Car mieux la vache valorise les aliments, plus les coûts par kg de lait sont bas. Il existe ainsi sur ce plan un fort potentiel d’amélioration de la rentabilité de la production laitière.

L’augmentation ciblée de l’efficience améliore directement la rentabilité de la production laitière.

Coût du fourrage de base de qualité

Les coûts des machines constituent la part la plus importante de la production du four‑ rage de base sur l’exploitation (env. 45 %), tandis que ceux de main‑d’œuvre en re‑ présentent un peu plus d’un tiers ; les frais restants se composent de ceux liés aux bâ‑ timents et des coûts directs de la culture fourragère. En Suisse, les fourrages conser‑ vés à base d’herbe tels que le fourrage sec et l’ensilage coûtent en moyenne 42 fr. pour 100 kg de matière sèche (MS). Quant à l’en‑ silage de maïs, il coûte 32 fr. pour 100 kg de MS. Les fourrages produits sur l’exploita‑ tion représentant une part importante des frais d’alimentation, les exploitations aug‑ mentent le potentiel de la ration de base en utilisant les nutriments de manière effi‑ ciente. Les coûts des aliments complémen‑ taires sont, en comparaison, plus élevés que ceux des fourrages de base. Cependant, pour établir une comparaison, les exploita‑ tions doivent aussi tenir compte de la quan‑ tité de nutriments fournie par un aliment de ce type. Pour un fourrage sec de bonne qualité, les frais s’élèvent à environ 8 ct. par MJ NEL et à 4,3 ct. par % de protéines brutes (PB). Pour un aliment complémentaire, les dépenses varient entre 8 et 11 ct par MJ NEL et entre 3 et 5 ct. par % de PB.

Combien les vaches mangent-elles ?

Pour calculer les coûts d’alimentation le plus précisément possible, il est essentiel de connaître la quantité de nourriture in‑ gérée par les vaches. Les exploitations équi‑ pées d’une mélangeuse peuvent facilement déterminer ce chiffre grâce à la balance in‑ tégrée. Celles qui n’utilisent pas de mélan‑ geuse peuvent estimer la consommation des vaches à l’aide d’un plan d’alimenta‑ tion ou peser les balles et les aliments en vrac. Pour l’ensilage, l’analyse du four‑ rage grossier indique la teneur en MS. Les exploitations enregistrent la consom‑ mation à la crèche ainsi que celle des ali‑ ments complémentaires à la station ou au robot de traite, sans oublier les minéraux, et déduisent les restes dans la crèche. Une consommation élevée de fourrage associée à une faible performance laitière entraîne des coûts proportionnellement plus élevés.

L’efficacité alimentaire est essentielle pour réduire les coûts d’alimentation par kg de lait.

Indicateur de comparaison

L’ICL (indice de conversion lait) décrit l’efficacité avec laquelle les vaches convertissent les aliments consommés en lait. A cet ef‑ fet, la quantité totale de MS consommée, exprimée en kg, est multipliée par 1000 puis divisée par la quantité de lait produite quotidiennement. Plus l’ICL est bas, meil‑ leure est la conversion alimentaire. L’ICL découle d’une étude de terrain, effectuée en 2010 et supervisée par Michel Dromard, chef du ressort bovin d’UFA, où l’efficacité alimentaire de 68 exploitations a été éva‑ luée. Constat : les exploitations utilisaient en moyenne 795 g de MS pour produire un kilo de lait. Pour un troupeau avec une performance laitière journalière moyenne de 33 l, cela signifie une consommation totale de MS de 26,25 kg par vache et par jour. En examinant les exploitations indi‑ viduellement, il est apparu que les meil‑ leures d’entre elles affichaient un ICL de 600. Ce résultat indique que ces exploita‑ tions utilisaient 600 g de MS pour produire un kilo de lait. Celles qui présentaient les valeurs les plus élevées ont utilisé près du double de MS pour produire la même quan‑ tité de lait. Il existe une corrélation positive entre les coûts d’alimentation et l’ICL : plus l’ICL est bas, plus ces coûts (par kg de lait) sont faibles. Les exploitations avec un ICL de 1000 avaient des frais d’alimentation de 44 ct. par kg de lait, tandis que celles avec un ICL de 800 affichaient des dépenses in‑ férieurs d’environ 10 ct.

alt_text

La qualité du fourrage grossier influence la densité nutritionnelle de la ration et donc l’efficacité alimentaire. 

(Nicole Matt)

Améliorer l’efficience

Ce n’est que lorsque la ration fermente de manière synchronisée dans la panse que les nutriments sont convertis de manière optimale en lait. Sur ce plan, un rapport optimal entre les hydrates de carbone ra‑ pidement fermentescibles et les protéines brutes rapidement fermentescibles est im‑ portant. Un fourrage grossier de meilleure qualité augmente la densité nutritionnelle de la ration, contribuant ainsi à une effi‑ cience accrue. Pour l’herbe, le moment de la fauche, le stockage et la composition botanique sont déterminants. S’agissant du maïs, les agriculteurs·trices choisissent des variétés adaptées, avec une haute den‑ sité nutritionnelle ainsi qu’une bonne di‑ gestibilité, et ils veillent à un stockage cor‑ rect. Les restes dans les crèches constituent un autre facteur influençant l’efficacité ali‑ mentaire. Les exploitations les réduisent au minimum en visant une qualité de mé‑ lange élevée : plus le mélange est homogène, moins les animaux trient, plus le fonction‑ nement de la panse est stable et moins il y a de restes dans la crèche. S’agissant des agri‑ culteurs·trices qui produisent du fourrage sec, ils améliorent la digestion des fibres et donc l’efficacité alimentaire grâce à l’utilisa‑ tion ciblée d’aliments à forte teneur en NDF, tels que les compléments de régime riches en pulpe de betterave sucrière. En plus du bon fonctionnement de la panse, la gestion du troupeau et la prévention des maladies métaboliques jouent un rôle central dans l’efficacité alimentaire.

Lisez aussi

Agri Quiz sur le désherbage mécanique
Agri Quiz sur le désherbage mécanique

Testez vos connaissances en participant à l’Agri Quiz de la Revue UFA. Les questions portent sur le désherbage mécanique et les machines spécifiques.

Vers le quiz

Articles les plus lues